Photo Yaakov Naumi / Flash 90

Disparition du Admour de Kaliv: les épreuves n’ont jamais entamé sa foi

Barouch Dayan Haemet ! Le Admour de Kaliv ZAL, 96 ans grande figure du monde orthodoxe d’Israël,  rescapé de la Shoah vient de nous quitter.

Il a traversé de terribles épreuves durant sa vie avant d’être miraculeusement sauvé de l’enfer.

Lors de son internement dans le camp de la mort nazi d’Auschwitz, il a été la proie, comme bien d’autres Juifs, du sinistre docteur Mengele. Les expériences qu’il a subies l’ont rendu stérile et imberbe.

Marié juste avant la guerre, il a été séparé de son épouse pendant la Shoah mais il l’a miraculeusement retrouvée après la tourmente.

Le couple est monté en Israël en 1962. Depuis,  le Rav voyage dans le monde entier pour donner des conférences et raconter son histoire.

A l’occasion du Yom Hashoah, le Admour de Kaliv a accordé une longue interview au magazine du site israélien Behadrei Haredim.

Evoquant les années terribles de l’occupation nazie, il a rappelé notamment comment il avait maintes fois échappé de justesse à la mort alors que toute sa famille était massacrée.

« Vers la fin de la guerre, a-t-il relaté, alors que nous étions détenus à Auschwitz, les Allemands nous ont transférés un jour dans le ghetto de Varsovie qui avait été totalement détruit. Nous avons travaillé sur place durement dans une usine allemande où se trouvait également le Admour de Klausenburg ».

« Un jour, a-t-il poursuivi, les Allemands ont demandé des volontaires pour aller dans un autre endroit. Je savais d’expérience que lorsqu’ils posaient une telle question, cela signifiait que ceux qui restaient étaient condamnés. Mais j’hésitais et la nuit suivante, mon père m’est apparu en rêve pour me dire : « Si on te demande de partir, ne t’en vas pas ». J’ai obéi et j’ai été sauvé. Un grand nombre de personnes sont parties et ont été assassinées ».

C’étaient les derniers jours de la guerre, alors que les Russes approchaient de Varsovie. Les Polonais, encouragés par les nouvelles, se sont révoltés contre les nazis. Mais ces derniers poursuivaient leurs atrocités : « Nous étions enfermés dans un camp, alors que le feu brûlait autour de nous. Les nazis ne nous ont pas exterminés par le gaz, ils ont choisi cette fois les flammes et j’ai été choisi, dans un groupe de quatre personnes, pour y être jeté ».

Et de continuer : « J’ai voulu d’abord réciter le Shema Israël. Je me suis alors adressé au Tout Puissant pour formuler un vœu. Je lui ai dit : « A quoi Te servira mon Shema avant ma mort ? Si jamais je sors vivant, je consacrerai ma vie à convaincre le maximum de Juifs de lire le Shema tous les jours ».

Et le miracle est arrivé: les Allemands ont ouvert la porte pour rechercher des travailleurs. J’ai dit à mes compagnons : « fuyons ! Et ils m’ont rétorqué : ils vont nous tirer dessus. J’ai répondu : et si nous ne fuyons pas, ils ne vont pas tirer sur nous ? » Nous avons alors décidé de nous enfuir et grâce à D. nous avons été sauvés ».

Pour conclure ce récit bouleversant, le Admour de Kaliv a rappelé la coutume instituée avec l’approbation des grands rabbanim d’Israël consistant à réciter tout le verset du Shema Israël à la fin de l’office, après Aleinou, en souvenir des six millions de Juifs massacrés par les Nazis.

Et d’affirmer, avec une foi absolue et inébranlable : « Personne ne peut comprendre ce qui s’est passé et nous ne mettons pas en doute les décisions divines ».

chiourim.com

Décès d’un rabbin rescapé d’Auschwitz, témoin inlassable de la Shoah

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a exprimé sa « tristesse » à l’annonce de sa mort.

« Survivant des horreurs de la Shoah, il avait dédié sa vie à reconstruire un monde juif dans l’Etat d’Israël et parmi les juifs de diaspora », a déclaré M. Netanyahou, selon un communiqué de son bureau.

« Il était la voix de l’héroïsme spirituel des juifs durant la Shoah et avait fait le maximum pour honorer les victimes », a de son côté déclaré le président israélien Reuven Rivlin.

« Son oeuvre a une résonance particulière au moment où nous devons redoubler d’efforts pour se souvenir et ne jamais oublier », a ajouté M. Rivlin.

i24news

Biographie:

Le Rav Menahem-Mendel Taub zatsal était né en Transylvanie en 1923 fils du Rav Eizik de Kalib. Après la mort prématurée de son père, la famille de sept enfants ainsi que la communauté de Kalib restèrent sans chef.

Après l’invasion de la Hongrie par les nazis en 1944, Menahem-Mendel est ses frères et sœurs furent déportés à Auschwitz, d’où il fut le seul rescapé mais subit de terribles tortures.

Après la Shoah, il émigra en Suède. Il quitta la Scandinavie avec sa famille pour les Etats-Unis. En 1963, il créa le Centre Kalib à Rishon Letzion et vint s’installer à Bené Berak en 1980, où il créa un second centre Kalib.

Plus tard, il s’installa à Jérusalem, près d’un Beit Midrash qu’il avait ouvert. Il avait l’habitude de réciter la phrase « Shema Israël », en souvenir des martyrs de la Shoah, après chaque rassemblement en souvenir de la Shoah.

Dans son combat pour la mémoire, il reprochait au musée Yad Vashem de ne pas assez mettre en valeur la résistance spirituelle des juifs dans les ghettos et les camps.

L’Admor de Kalib était aussi compositeur et aimait chanter lors de soirées de mariages où il était invité.

A l’âge de 89 ans, après le décès de sa première épouse Shifra, il épousait en secondes noces en 1989, Sheindel Melnick, originaire d’Ukraine.

La ‘Hassidout Kalib est apparue en Hongrie, dans la ville de Kalib (Nagykálló en hongrois ) dans le dernier tiers du 18e siècle.

 

Shraga Blum

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