C’est au cours de son mandat présidentiel que Peres avait conquis le coeur du public israélien

Shimon Peres, l’une des plus illustres figures de la vie politique israélienne s’est éteint ce mardi à l’âge de 93 ans, laissant tout un peuple en deuil.

Après avoir passé plus de 50 ans à occuper des fonctions officielles, il s’était retiré à la fin de son mandat présidentiel en juillet 2014 et s’était depuis consacré au Centre Peres pour la Paix, qu’il avait fondé en 1996.

Si Peres a occupé les plus hautes fonctions publiques comme celles de Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, ministre de la Défense, et encore d’autres postes prestigieux, il n’a pourtant pas toujours été la personnalité politique favorite du pays. C’est d’ailleurs au cours de son mandat présidentiel qu’il a véritablement conquis le coeur du public israélien et est devenu « le grand-père d’Israël ».

Né le 2 août 1923 à Wieniawa en Pologne (aujourd’hui Vishniev en Biélorussie), Peres a immigré dans la Palestine mandataire avec sa famille à l’âge de 11 ans.

Il a grandi à Tel Aviv avant de passer plusieurs années dans le kibboutz Geva et celui d’Alumot, dont il a été l’un des fondateurs. En 1943, il est élu secrétaire du mouvement de jeunesse sioniste travailliste.

En 1947, Peres rejoint la Haganah, l’ancêtre de l’armée israélienne: débute alors sa participation à l’établissement de l’appareil de défense, une partie de sa carrière qui a été ensuite éclipsée par son image davantage pacifiste.

Après la guerre d’Indépendance de 1948, Peres est nommé à la tête de la marine israélienne. Il a ensuite occupé le poste de directeur de la délégation du ministère de la Défense aux États-Unis.

En 1952, il rejoint le Ministère de la Défense qu’il dirigera dès l’année suivante jusqu’en 1959. Il contribue alors à l’établissement de la relation spéciale entre Israël et la France, qui aboutit à la coopération stratégique entre les deux pays en 1956 lors de la campagne du Sinaï.

PATRICK KOVARIK (AFP/Archives)

PATRICK KOVARIK (AFP/Archives) « Shimon Peres reçu à l’Elysée par l’ancien président Jacques Chirac, le 18 avril 2005 »

Entre 1974 et 1977, il renforce l’armée israélienne et joue un rôle majeur dans les négociations qui conduisent à l’accord intérimaire avec l’Egypte en 1975.

Peres a été Premier ministre à deux reprises, de 1984 à1986 dans le cadre d’un accord de rotation avec le chef du Likoud, Yitzhak Shamir, après avoir accepté de former un gouvernement d’union nationale, puis en 1995 durant les 7 mois qui ont suivi l’assassinat de Yitzhak Rabin, le 5 novembre.

L’une des plus belles récompenses reçues par Peres est le Prix Nobel de la Paix, qui lui a été décerné en 1994 pour son rôle dans les négociations qui ont mené à la signature de la Déclaration de principes avec l’OLP en septembre 1993.

Fort de son implication et de son expérience dans le processus de paix, il a fondé le Centre Peres pour la paix, qui vise à construire une infrastructure pour la paix au Moyen-Orient par la promotion du développement socio-économique et par la compréhension mutuelle.

Marwan NAAMANI (AFP/Archives)

Marwan NAAMANI (AFP/Archives)
« L’ancien leader de l’autorité palestinienne, Yasser Arafat, serre la main de Shimon Peres, au Caire le 15 juillet 2001 »

En mars 2001, il a été nommé ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre dans le gouvernement d’union nationale dirigé par Ariel Sharon.

Peres est le premier homme politique à avoir été à la fois Premier ministre et président d’Israël.

Au cours de sa présidence, il a su restaurer la foi des Israéliens dans cette fonction et regagner la confiance du peuple.

Shimon Peres laisse dans le deuil ses trois enfants – Tsvia, Yoni et Chemi. Sa femme Sonya est décédée en 2011.

i24news.tv

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