« Je suis médecin chercheur sur le cancer, et il y a une seule boisson que je vous supplie d’arrêter »

Dans les dossiers de cancérologie, une même boisson revient, des apéros entre amis aux repas de famille. Classée cancérogène certain, l’alcool pèse pourtant lourd dans le risque de cancer.

Dans les services de cancérologie, une même habitude de vie revient dans les dossiers, qu’il s’agisse d’un cancer de la bouche ou du foie. Habitude banale, associée aux fêtes de famille et aux apéros entre amis. Cette boisson ne sent pas le poison, mais les chiffres racontent une autre histoire.

En France, l’alcool est la deuxième cause de cancers évitables, avec environ 28 000 cas par an et près de 16 000 décès par cancer liés à ces boissons, selon l’Institut national du cancer. Pourtant il reste perçu comme un simple plaisir. Ce que fait réellement ce verre dans l’organisme surprend souvent.

Alcool et cancer : la boisson à éviter

L’éthanol contenu dans toutes les boissons alcoolisées a été classé cancérogène avéré, groupe 1, par le Centre international de recherche sur le cancer. Pour le Dr Bubu Banini, hépatologue et gastro-entérologue au Yale Cancer Center, « L’alcool multiplie par sept le risque de divers types de cancer », rapporte Top Santé.

Le risque tient surtout à la dose totale d’éthanol, pas au choix entre vin, bière ou champagne : un verre apporte environ 10 g d’alcool pur. L’OMS Europe juge qu’aucun niveau de consommation n’est sûr. « Les personnes présentant d’autres facteurs de risque de cancer devraient respecter un seuil de consommation d’alcool plus bas », explique encore le Dr Banini, qui insiste : « Globalement, il ne semble pas exister de niveau de consommation d’alcool sans danger ».

Alcool et cellules : ce qui se passe

Une fois absorbé, l’éthanol est transformé par le foie en acétaldéhyde, une substance cancérogène qui endommage l’ADN des cellules. Quand cet ADN est abîmé, la cellule peut se multiplier de façon incontrôlée et former une tumeur. Ce processus touche surtout les tissus en contact direct avec l’alcool, de la bouche à l’œsophage.

Selon les services de santé américains, la consommation d’alcool peut « faciliter l’absorption par les cellules de notre bouche de substances cancérigènes ». « Lorsque vous consommez à la fois de l’alcool et du tabac, l’alcool augmente l’absorption des substances cancérigènes du tabac« , décrit le CDC. L’association alcool tabac augmente fortement le risque de cancers de la bouche, du pharynx ou du larynx par rapport à chaque produit pris seul.

Les données montrent que plusieurs organes sont très concernés par l’alcool : chaque année, il est impliqué dans des milliers de cancers de la bouche, du foie ou du côlon. Les régions ORL, le tube digestif et le sein chez la femme figurent au premier plan.

Pour limiter ce risque, les spécialistes rappellent que le niveau le plus protecteur pour le cancer est l’absence d’alcool. Chaque verre en moins compte, surtout en cas de tabagisme, de surpoids ou d’antécédents familiaux. Viser moins de 10 verres par semaine, éviter de boire tous les jours et supprimer le verre automatique du soir sont des objectifs réalistes. Si réduire seul reste difficile, un échange avec le médecin traitant, un addictologue ou un centre de soins en addictologie permet d’être accompagné.

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