Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, principal allié du régime syrien de Bachar al-Assad qui fait face à une révolte populaire, a appelé mercredi le gouvernement et le peuple de Syrie au dialogue pour parvenir à une « entente », « loin de la violence ».

« Le peuple et le gouvernement en Syrie doivent se mettre ensemble pour parvenir à une entente », a affirmé le président iranien dans une interview avec la chaîne Al-Manar du mouvement islamiste chiite Hezbollah, allié de Téhéran au Liban, selon des propos traduits en arabe par un interprète.

« Quand il y a un problème entre les peuples et les responsables, ils doivent s’asseoir ensemble pour parvenir à une solution, loin de la violence », a-t-il affirmé en réponse à une question sur la Syrie, où la répression a fait plus de 2.200 morts depuis mars, selon l’ONU.

« L’un ne doit pas tuer l’autre car le fait de tuer, qu’il soit commis par les uns ou les autres, sert les intérêts des sionistes », a ajouté le président iranien, bête noire d’Israël.

Tout en accusant les Occidentaux d’attiser et d’exploiter ces troubles, Téhéran a appelé à plusieurs reprises le régime du président Assad à faire les réformes nécessaires pour éviter d’être renversé comme cela s’est produit lors des révoltes en Egypte et en Tunisie.

La Syrie est l’allié traditionnel de l’Iran dans la région depuis la révolution islamique de 1979.

« Nous avons besoin de liberté, de justice et d’élections libres », a poursuivi M. Ahmadinejad. Mais, a-t-il précisé, « les peuples qui recherchent la liberté et la justice (…) doivent renforcer la résistance contre l’entité sioniste ».

En Iran, les manifestations qui avaient suivi la réélection de M. Ahmadinejad en 2009 ont fait des dizaines de morts et des milliers d’arrestations.

Interrogé par ailleurs sur une proposition russe pour une reprise des négociations sur le dossier nucléaire controversé de Téhéran, M. Ahmadinejad a « salué » les efforts de Moscou espérant qu’ils aboutiront, respectant les « droits fondamentaux et l’indépendance » de l’Iran, une ligne rouge à ne pas franchir, a-t-il prévenu.

« Si les Occidentaux veulent coopérer, nous sommes prêts ».

L’Iran est soumis à de sévères sanctions occidentales pour sa politique d’enrichissement d’uranium.

BEYROUTH, 24 août 2011 (AFP)

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