François Fillon a jugé vendredi « choquant » le veto opposé au Conseil de sécurité des Nations unies par la Russie et la Chine à un projet de résolution des pays occidentaux menaçant le régime syrien de « mesures ciblées » en réponse à la répression sanglante des manifestations.
Les printemps arabes « doivent être une leçon pour tous les régimes qui nient les droits les plus élémentaires de leurs citoyens et nous pensons tous à la fuite en avant meurtrière du régime syrien », a déclaré le Premier ministre lors du séminaire d’ouverture des sessions de l’Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) et de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).

« Le fait que plusieurs Etats aient décidé d’une manière incompréhensible et, pour tout dire, d’une manière choquante, d’empêcher le Conseil de sécurité des Nations unies de faire pression sur le régime syrien ne doit pas nous faire renoncer », a estimé M. Fillon.

Le chef du gouvernement a « salué la création du Conseil national syrien : c’est en formant une opposition unie et une structure représentative que le peuple syrien progressera vers la démocratie ».

Selon lui, « nous devons poursuivre nos efforts avec nos partenaires européens et avec ceux de la région que la dérive syrienne inquiète pour que la communauté internationale aide le peuple syrien à réaliser ses aspirations démocratiques ».

« Les temps ont changé » depuis les printemps arabes, au sujet desquels « nous avons été victimes d’une myopie collective », a ajouté M. Fillon.

« Nous nous étions résignés à ce que certains peuples ne puissent accéder au respect des droits de l’Homme les plus élémentaires », a-t-il reconnu. Mais désormais les dirigeants « ont intérêt à être les pères de réformes plutôt que d’être traduits devant un tribunal », a mis en garde M. Fillon.

M. Fillon a également déploré que la crise économique fasse « renaître des tentations protectionnistes et nationalistes ».

« Certains se sont remis à penser qu’on pouvait stopper la mondialisation », a relevé M. Fillon, en allusion au candidat à la primaire socialiste Arnaud Montebourg, chantre de la « démondialisation ».

« Espérer freiner les pays émergents et se soustraire aux effets de leur rattrapage, c’est une illusion et c’est aussi immoral et contre nos intérêts », a mis en garde M. Fillon.

« Je récuse ceux qui murmurent que le scénario d’une sortie en douceur de l’euro est une option », a également lancé M. Fillon, pour qui le retour du franc, prôné par la candidate du Front national, Marine Le Pen, « nous condamnerait pour longtemps à la récession et à la ruine ».

« Enfin je récuse ceux qui rêvent de rétablir des frontières partout: on ne protégera pas notre pays en dressant de nouvelles lignes Maginot qui n’auraient d’autres conséquences que d’augmenter les prix à la consommation et de condamner nos exportations », a conclu M. Fillon.

PARIS, 7 oct 2011 (AFP)

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