François Bayrou, le président du MoDem, a appelé aujourd’hui à « la prudence et la réflexion » au sujet du projet de livraisons d’armes de la France et de la Grande-Bretagne aux rebelles syriens.
Sur Europe 1, l’ex-candidat centriste à la présidentielle s’est dit « très interrogatif » sur cette perspective, annoncée par Paris hier. « La France est prête à prendre ses responsabilités » et à livrer des armes à l’opposition syrienne, si elle ne parvient pas à convaincre ses partenaires européens, a affirmé hier le président François Hollande.
Bayrou a admis être « minoritaire » dans ses réserves « puisque UMP et PS sont sur la même position ». « Je trouve qu’il y a là un très grand risque pris ».
« Ca veut dire qu’on va se lancer dans la surenchère des livraisons d’armes » avec en face l’Iran, la Russie. « On va les justifier dans leurs livraisons, on va avoir une escalade ».
Ensuite » à qui livre-t-on des armes ? », a demandé Bayrou. « Il y a des gens très biens dans la résistance syrienne et puis il y a des fondamentalistes ».
« On a vu en Libye ce que faisaient les livraisons d’armes et le fait que ça se répandait dans toute la région et que nous ayons ensuite à les affronter' ».
Enfin, a t-il relevé, « il ne s’agit pas dans ce pays seulement d’une guerre d’un dictateur contre un peuple », mais « il y a surtout » une « guerre intracommunautaire », des communautés ethniques liées à une origine, à la religion.
« Le fait que la France s’engage ainsi et que les autres pays européens, en dehors de la Grande-Bretagne, disent attention, il y a là un risque très important (qui) doit nous amener à réfléchir beaucoup plus », a-t-il dit.
15-03-2013/AFP
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