Les relations entre Tsahal et le Shin Bet ont connu des hauts et des bas, au fil du temps, fondamentalement depuis que le Service de Sécurité Générale a commencé à opérer conjointement avec l’armée dans les territoires.
Actuellement, le fossé qui les sépare est entré dans le domaine public, ce qui altère l’atmosphère et exige une décision cliare de la part du Premier Ministre.
Dans une lettre envoyé à Binyamin Netanyahu, le Chef d’Etat-Major Benny Gantz réclame essentiellement du Premier Ministre, qui est le personnage politique chargé du Shin Bet et qui commande son directeur, Yoram Cohen, de le réprimander pour avoir enfreint les règles de confidentialité à l’intérieur de l’appareil de la défense et d’avoir rendu public des secrets relatifs à la sécurité.
Le fait que le responsable du Shin Bet ait permis à des membres de l’organisation en activité , y compris l’un de ses principaux responsables, le chef de la zone Sud, d’accorder une interview, représente une violation grave des règles et, même, cela porte préjudice à la sécurité de l’information.

Gantz exige principalement que Netanyahu réprimande Cohen pour avoir laisser fuiter des secrets relatifs à la sécurité de l’Etat (Photo: Amit Shabi)
Tsahal et le Shin Bet ont connu de sérieuses divergences d’opinion, principalement, à propos des zones de responsabilités, au sein du Directoire des Renseignements Militaires. Parfois, le Shin Bet pourrait demander d’opérer et pourrait même opérer dans les mêmes champs de compétence professionnelle, en matière de renseignements (que l’AMAN) ou dans les mêmes zones géographiques.
Dans un cas, on a connu une controverse pour savoir qui était responsable des renseignements à Gaza, après les accords d’Oslo et après le retrait de Tsahal de la plupart des centres de population palestinienne, à l’intérieur de la Bande. Le Premier Ministre a, finalement, décidé qu’’elle tombait sous la responsabilité du Shin Bet.
On a connu des divergences d’opinion concernant, également, l’activité au Liban. Un désaccord de premier ordre concernait le fait de savoir si le Shin Bet devait posséder un service de renseignements électroniques équivalant à l’Unité 8200, sous le commandement du Directoire des Renseignements Militaires.
Ces âpres discussions ont souvent conduit à des luttes qui ont fait du bruit, mais les rivaux les plus radicaux, au sein de Tsahal et du Shin Bet n’ont jamais laissé leurs querelles sortir de la maison, et la censure nous a strictement empêché, nous les journalistes d’en faire mention.
Quoi qu’il en soit, tout au long des décennies où cette controverse s’est poursuivie, je ne parviens pas à me rappeler d’un seul évènement ou incident, au cours duquel le Chef d’Etat-Major, le Premier Ministre et le chef du Shin Bet ont dû s’impliquer dans un débat bruyant, en s’envoyant des accusations aussi graves à la figure.
Le Shin Bet argue, essentiellement que Tsahal et le Premier Ministre aussi, probablement, ont ignoré les avertissements du Shin Bet d’une guerre imminente, autant que l’exigence du Service de sécurité générale, qu’ils prennent des mesures contre cette offensive du Hamas par les tunnels, que le Shin Bet affirme avoir découvert.
Des responsables au sein du Directoire des Renseignements Militaires prétendent, cependant que c’est une équipe conjointe des divers services, qui a découvert les tunnels.

Un combattant du Hamas dans un Gaza tunnel. Le Shin Bet a-t-il alerté du danger des tunnels, dès janvier? (Photo: Reuters)
Au cours de toutes ces années de controverses, la sécurité d’Israël n’a jamais été affectée, mais ces désaccords ont conduit à des duplications dans la couverture des zones à sécuriser et ils ont altéré la qualité de cette coopération.
Pour tenter de surmonter ces divergences, on a fait des tentatives, au cours des mandats des précédents chefs d’Etat-Major et, durant le mandat de l’ancien chef des Renseignements Militaires Amos Malka, dans les années 1990, on a rédigé un document qui définit les zones de compétence exactes de chaque organisation, autant sur le plan géographique qu’en termes de compétences professionnelles.
Ce document, appelé « Magna Carta », à l’instar de la charte signée par le Roi d’Angleterre et son peuple, qui a conduit à l’instauration de la démocratie parlementaire dans le royaume, a déclaré que l’Unité 8200 livrerait des services de renseignements électroniques au Shin Bet et c’est effectivement le cas à présent.
Cette « Carte Maîtresse » (Magna Carta) au sein des Renseignements a réduit la hauteur des flammes de cette controverse, mais elle n’a pas éteint complètement le feu. Au cours de ces toutes dernières années, en particulier, à la suite de la Seconde Intifada et de l’Opération Rempart (bouclier défensif), ces désaccords ont pratiquement disparu. Le Mossad, le Shin Bet et le Directoire des Renseignements Militaires (AMAN) ont travaillé ensemble dans un esprit remarquable de coopération.
Cette coopération a permis à l’organisation de résoudre rapidement les problèmes relatifs aux renseignements et de mener des éliminations ciblées dans une atmosphère inhabituelle de collaboration, que quelqu’un a défini, à l’époque, comme le mariage d’amour entre le Shin Bet et le Directoire des Renseignements Militaires.
Cette période, apparemment, s’est terminée en bagarre générale, qui a éclaté au grand jour, mercredi, pour savoir si oui ou non, le Shin Bet avait averti d’une escalade prévisible à Gaza au cours de l’été.
Gantz en avril : il faut se préparer à un conflit en juillet.
En avril 2014, à la suite d’une évaluation de la situation, de la part de de l’Etat-Major général, le Lieutenant-Général Gantz a ordonné aux chefs du commandement de Tsahal et aux chefs des branches de l’armée, afin de se préparer à un conflit dans la Bande de Gaza, comme la conséquence d’une possible escalade à l’été.
Le chef d’Etat-Major a déclaré que l’armée devait être prête à une bataille majeure à Gaza, y compris à une invasion terrestre, au début de juillet.
Le Chef d’Etat-Major expliquait que le Hamas subissait un état de détresse économique et un isolement politique, du fait de ses relations tendues avec l’Iran, de la destruction des tunnels de contrebande sous la route Philadelphi, par le régime du Président égyptien Abdel Fattah al Sissi et de la fermeture du passage de Rafah par l’Egypte.

Le Président égyptien Abdel Fattah al-Sisi. (Photo: AP)
Gantz remarquait, en outre, que les travailleurs pour le Gouvernement du Hamas et les membres de l’organisation sécuritaire n’avaient pas reçu leurs salaires et qu’Israël, ainsi que l’Autorité Palestinienne empêchaient ses versements de salaires.
En conséquence, disait le chef d’Etat-Major, le Hamas était susceptible d’ouvrir le feu au début de l’été, bien qu’il se soit abstenu de tirer des missiles contre Israël depuis l’Opération Pilier/Nuée de défense, et qu’il avait empêché les organisations palestiniennes rebelles de le faire.
Gantz ne mentionnait aucun avertissement lancé par le Shin Bet en janvier.
Les responsables de l’Etat-Major disent, cependant, que le Shin Bet a bien lancé une alerte au début de l’année 2014, au sujet des tunnels d’attaque débouchant en Israël, et qu’une équipe conjointe du Shin Bet et du Directoire du Renseignement Militaire établissait la topographie de plus de 30 tunnels localisés, au cours de leur processus de percement.
IDF officials add that the Shin Bet provided valuable information during the fighting which saved fighters’ lives and significantly improved the results of the battle.
Certaines personnes ont intérêt à générer cette controverse.
Des sources associées au Shin Bet ont déclaré, en réponse à la lettre du Chef d’Etat-Major au Premier Ministre qu’aucun des membres du Service de Sécurité Générale n’a affirmé à l’émission « Uvda » de la 2ème Chaîne, ni dans aucune autre arène, que le Shin Bet avait averti d’une guerre probable dès janvier.
Selon ces sources, ces responsables ont simplement dit que l’organisation avait reçu des informations initiales sur l’entraînement du Hamas et sa préparation au combat, mais que la valeur de l’information restait faible et ne justifiait pas une alerte d’état de guerre.
Ces mêmes sources ajoutent que l’organisation a diffusé une alerte d’une méga-attaqueque le Hamas planifiait d’exécuter, à travers les tunnels, qui comprenait l’attaque des communautés frontalières et des kidnappings.
Ces sources insistaient, en outre, sur le fait qu’aucun des responsables du Shin Bet interviewés dans le cadre de cette émission n’a critiqué Tsahal, tout au contraire. Selon ces sources, les responsables ont salué la performance de Tsahal avant et pendant l’Opération Roc Inébranlable, mais ces louanges ont été supprimées, lors de la diffusion de l’émission.
Les sources sécuritaires disent que leur seule et unique intention était d’insister sur les réalisations du Shin Bet avant et pendant l’Opération, et qu’ils n’avaient aucune intention de minimiser la part jouée par le Directoire des Renseignements Militaires et Tsahal.
En outre, affirment ces sources des Services de la Sécurité Générale, l’émission ne dit pas un mot sur l’élimination du Commandant en chef de Hamas, Mohammed Deif.
« Ce problème est alimenté inutilement. Il est possible qu’il y ait des gens au sein de Tsahal, et peut-être des médias, qui ont intérêt à générer ce conflit », nous a fait savoir une de ces sources.
Une source reconnue, qui se trouvait présente, lors de la Cabinet, déclare que l’échange d’accusations entre le chef muté du Directoire des Renseignements Militaires, Aviv Kochavi et le Chef du Shin Bet Yoram Cohen, ressemblait plus à une guerre des Egos qu’à une réelle controverse sur les faits sur le terrain.
En tout cas, ces sources démentent les affirmations de la 2ème chaîne, disant que le Shin Bet avait lancé une alerte de guerre à Gaza dès janvier.
Ron Ben-Yishai
Publié le : 13. 11.14, 12:47 / Israel Opinion
[ynetnews.comArticle original
Adaptation : Marc Brzustowski.
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