“Flexigidité”, le nouveau livre de Gidi Grinstein affirme que les attitudes, dans l’Israël d’aujourd’hui, sont trop strictes, alors qu’elles sont trop laxistes en Amérique du Nord. Mais, il n’est pas trop tard pour changer.

PALO ALTO, Californie – A la mi-décembre, Gidi Grinstein s’est rendu au cœur de la Silicon Valley, où les entrepreneurs sont en quête de la « recette miracle » du succès, en matière de high-tech, afin d’y lancer son nouveau livre, consacré à la formule secrète de la survie, de la sécurité, de la prospérité et de l’aptitude juive à diriger.

Grinstein appelle cette formule juive, la “flexigidité” Article original, un mot—valise composé de flexibilité et de rigidité. Il définit ce terme hybride comme la capacité à optimiser le rythme de l’adaptation collective, en trouvant le point d’équilibre entre le nouveau et l’ancien, l’innovation et la tradition, la flexibilité et la rigidité. Grinstein pense que cet équilibre antique s’est détraqué au cours des dernières décennies, et que le défi est de le remettre d’aplomb avant qu’il ne soit trop tard, particulièrement, dans l’Etat d’Israël.

Paradoxalement, les Juifs n’ont jamais été aussi puissants, économiquement, politiquement et militairement qu’ils ne le sont aujourd’hui, alors que, d’un autre côté, ils n’ont jamais été plus vulnérables, du fait de leur concentration dans deux centres principaux : Israël et l’Amérique du Nord.

Grinstein, 43 ans, argue qu’Israël est devenu trop rigide, et que les Juifs l’Amérique du Nord sont devenus trop laxistes. Dans “Flexigidité : Le Secret de l’Adaptabilité Juive,”, Grinstein, fondateur et Président du Reut Institute Article original, un Think-Tank non-partisan basé à Tel Aviv, s’adresse aux dirigeants d’Israël et des communautés juives de Diaspora, et fait des recommandations sur la façon dont ils peuvent faire face aux menaces et opportunités , en revenant à l’équilibre « flexigide » qui a été d’un si grand secours pour le peuple juif, au cours des millénaires.

“Il y a tant de ce dont nous avons besoin dans notre passé”, a dit Grinstein au Times of Israël, lors d’une interview dans un café de Palo Alto, avant l’évènement de lancement de ce livre, au Centre, voisin, de la Famille Oshman de la Communauté Juive Article original.

‘La crise fondamentale se situe en Israël’

“Cette approche me trottait essentiellement dans la tête, et se dispersait à travers des dizaines et des dizaines d’emails et de documents », explique t-il, à propos de l’origine de son livre : « Le 4 juillet 2010, j’ai ouvert mon premier document internet, pour rédiger ce livre et j’y ai couché toutes mes notes existantes ». Il a travaillé trois ans, y compris une période sababatique de 8 mois, pour compléter son traité de 280 pages.

Selon l’auteur, qui a occupé le poste de secrétaire et de coordinateur pour la délégation israélienne au cours des négociations avec l’OLP, entre 1999 et 2001, sous l’égide du Premier Ministre Ehud Barak, son intention initiale était de bâtir un mémoire institutionnel et de prospective pour Reut.

“Le lectorat-cible, à l’origine, était les parties prenantes de Reut”, dit-il. Mais au cours de la rédaction du livre, il a réalisé qu’il fournissait un cadre pour un lectorat qui le préoccupait bien plus : les dirigeants du Sionisme et de la société israélienne. « La crise fondamentale se déroule en Israël », a-t-il remarqué. Un lectorat secondaire est constitué de toutes sortes de dirigeants de la Diaspora juive.

Quelques 60 personnes se sont rassemblées dans une salle du JCC pour écouter Grinstein, vêtu en costume sombre et cravate, disserter sur le pourquoi, en dépit du fait que le monde juif soit un « balagan permanent », il dispose d’un mécanisme sophistiqué pour survivre. Après avoir fait sa présentation initiale sur les points forts du cadre de la flexigidité, il s’est engagé dans une discussion animée avec l’auditoire, principalement autour des besoins d’une croissance intelligente, durable et inclusive en Israël.


Le traité de Gidi Grinstein sur l’adaptabilité du peuple juif. (Courtesy of Gidi Grinstein)

Comme il l’a expliqué, l’adaptabilité en réseau des premières communautés pionnières du Sionisme a ouvert la voie à une sur- nationalisation et au centralisme de l’après-1948.

“Les instincts favorables à la participation se sont peu à peu estompés. Puis, de 1983 à 1985, le gouvernement s’est retiré de la société, sur le plan économique et a imposé un système économique non-juif », dit-il.

“L’Etat d’Israël s’est éloigné de son unité fondamentale, en tant que société juive fondée sur la communauté, et l’a remplacée par l’idée américaine du ménage comme unité de base », explique Grinstein, plus en détail. « L’incitation à soutenir les institutions communautaires a disparu ».

Le remède, selon Grinstein consiste, pour Israël à rebâtir sa flexigidité de fond en comble en renforçant, à la fois, les institutions de la communauté et la gouvernance civique – une combinaison qui a, historiquement, été d’un très grand secours pour les communautés juives, tout au long de l’histoire. Il souhaite voir un meilleur investissement dans le capital humain et l’adaptation d’une troisième option qui se trouve quelque part entre l’Etat et le secteur privé.

Comme exemples généraux, il suggère une implication croissante des parents dans l’administration des écoles locales et l’abandon du modèle des honoraires payés à l’acte dans les centres communautaires, autant que rendre les directeurs de ces centres responsables du fonctionnement des communautés locales, plutôt que de compter sur la gestion centrale des organismes nationaux.

En particulier, Grinstein a mentionné un projet-pilote à Sfat (Safed), la ville historique et pauvre du nord d’Israël, conçu par la ville, Reut et la Fédération UJA de New York, afin d’améliorer la qualité de vie dans la ville par le soutien d’un haut niveau croissance intégrative. Une intervention a consisté à relier délibérément la nouvelle école de médecine Article original qui s’y trouve (une annexe de l’Univeristé Bar-Ilan) à la communauté, à travers un grand nombre de programmes de formation aux premiers soins d’urgence pour la jeunesse, qui leur fournit des compétences professionnelles en lien avec le monde médical, qui puissent leur servir à l’avenir.

‘Vous devez donner aux gens l’opportunité de prendre part à la vie de leur communauté’

“On est d’accord qu’il faut standardiser les choses, mais vous devez permettre l’expression locale au sein des institutions, dans le but de pouvoir puiser dans les atouts locaux qui sont uniques. Vous devez donner aux gens l’occasion de prendre part à la vie de leur communauté ».

Il est vrai qu’en 2011, il y avait d’énormes manifestations de rue qui exigeaient le changement, mais Grinstein perçoit qu’il en a découlé peu de choses jusqu’à présent.

“Si les milliers de gens qui se sont répandus dans les rues pouvaient prendre un eu de responsabilitéau sein de leurs organisations communautaires, alors oui, nous aurions vu qu’il se produisait vraiment quelque chose ! »

En réponse à une question provenant de l’auditoire, à propos des nouvelles optimistes qui circulent à l’extérieur d’Israël, concernant ses prouesses en matière de High-Tech, Grinstein a exprimé des inquiétudes concernant ce qu’il perçoit comme des retombées économiques assez anémiques, qui sont issues du phénomène de la Start-Up Nation.

En outre, il a répondu au commentaire d’un membre de l’assistance exposant le mécanisme, propre à Tsahal, d’égalité et d’intégration et l’a contré, en lui disant, qu’en fait, Tsahal tel qu’elle est actuellement, peut être un outil qui crée aussi de l’inégalité.

“Quand il y a des divergences énormes dans les perspectives d’après- service entre un soldat de l’unité d’élite des renseignements, l’Unité 8200 Article original et un qui est issu de la brigade Golani, alors il y a un manque d’investissement dans le capital humain ».

Grinstein n’ignore rien des défis auxquels sont confrontées les communautés de Diaspora, en termes de rupture de l’équilibre vers la flexibilité et l’érosion qui s’ensuit des piliers du Judaïsme, tels que le langage et la loi (l’éducation et l’étude). Mais, en même temps, il pense qu’Israël a besoin de tirer des enseignements de la Diaspora, où il existe un réseau fort de communautés juives, plutôt qu’un organisme central de gouvernement.

Gidi Grinstein parle à un membre de l’assistance à Palo Alto JCC. (photo credit: Renee Ghert-Zand)

“Les structures lourdement concentrées sont vulnérables, alors qu’un réseau de petites communautés est plus apte à la résilience . Il peut y avoir unité sans uniformité », déclare Grinstein.

Il est confiant dans le fait que d’ici 200 ans , les Juifs continueront d’allumer les bougies de Shabbat le vendredi soir. Il est moins sûr qu’il existera encore un Etat d’Israël.

“Il reste beaucoup de travail à faire pour assurer la survie et la prospérité de l’Etat d’Israël » affirme Grinstein au Times of Israël.

L’auteur croit que sa théorie de la Flexigidité détient des réponses et que si les dirigeants les emploient en tant que schéma directeur, Israël et les Juifs continueront de prospérer. Comme le disaient les Sages, la journée est courte, et la tâche est immense. Cependant, Grinstein constate que les gens se lancent généreusement dans l’action et veulent déployer leur capacité d’influence.

“Il nous suffit juste de penser que, quelque part, quelqu’un travaille pour résoudre ces problèmes”.

PAR RENEE GHERT-ZAND 30 Décembre 2013, 12:18 pm 3

http://www.timesofisrael.com/rethinking-the-secret-sauce-behind-jewish-survival/

Adatation : Marc Brzustowski.

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