Il n’y aura pas d’accord tant que tous les prisonniers ne sont pas libérés, affirme Abbas.Israël a libéré dans la nuit de lundi à mardi 26 détenus palestiniens, conformément aux engagements pris pour relancer les négociations de paix sous l’égide des Etats-Unis. Dix-huit prisonniers sont arrivés au quartier général de l’Autorité palestinienne à Ramallah en Cisjordanie où les attendaient le président palestinien Mahmoud Abbas et leurs proches.
Trois autres détenus sont arrivés dans la bande de Gaza. Cinq prisonniers ont de leur côté été libérés à Jérusalem-est.
Lors de la célébration à Ramallah, Mahmoud Abbas a promis « qu’il n’y aura pas d’accord final (avec Israël, ndlr) tant que tous les prisonniers ne seront pas rentrés chez eux ».
Au total 104 prisonniers doivent être relâchés. Plus de 30 prisonniers sont encore appelés à être libérés lors de la quatrième et dernière vague prévue en avril. Une polémique est en train de naitre sur leur identité car parmi eux pourraient figurer 6 arabes israéliens.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou aurait refusé dès le début des négociations de libérer des citoyens arabes israéliens mais le secrétaire d’État américain John Kerry, qui parraine les négociations en cours, lui aurait forcé la main en s’étant engagé auprès des Palestiniens à ce que certains d’entre eux soient relâchés. Un reportage de la chaîne israélienne 2 diffusé lundi soir cite un haut responsable israélien expliquant que M. Netanyahou avait clairement indiqué qu’il n’était pas question de libérer ces détenus mais par la suite M. Kerry l’aurait « trompé » en laissant croire à Abbas que ces détenus seraient libérés.
La question devrait être soulevée ce week-end lorsque M. Kerry va s’entretenir avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.
Le chef de la diplomatie américaine a par la suite cherché à convaincre M. Netanyahou d’accepter la libération des arabes israéliens. La question d’une éventuelle libération de l’espion américano-israélien Jonathan Pollard a été abordée et M. Netanyahou a indiqué, qu’il pourrait éventuellement changer sa position sur les prisonniers arabes israéliens, si les Etats-Unis revoyaient leur position sur Pollard, citoyen israélo-américain incarcéré depuis près de 30 ans aux Etats-Unis pour espionnage au profit d’Israël.
M. Netanyahou qui est vivement critiqué pour sa décision de relâcher des prisonniers alors que les incidents terroristes se multiplient, va devoir faire face à une fronde encore plus importante s’il accepte de relâcher des prisonniers arabes israéliens sous la pression des Américains.

Lundi soir quelque 200 manifestants israéliens ont scandé « honte sur toi Bibi (Netanyahou) », dénonçant notamment la libération des cinq Palestiniens originaires de Jérusalem-est alors que M. Netanyahou avait promis de ne pas libérer de Palestiniens détenteurs d’une carte de résident délivrée par les autorités israéliennes. La Cour suprême a toutefois rejeté lundi un recours présenté sur cette question.
Parmi les recours déposés lundi auprès de la Cour suprême, un portait spécifiquement sur la libération de 5 résidents de Jérusalem-est, dont la libération constitue selon Almagor (association des familles de victimes d’attaques terroristes, ndlr) une violation de l’engagement du Premier ministre Benyamin Netanyahou de ne pas libérer de détenus titulaires d’une carte de résident de Jérusalem, qui leur donne notamment accès aux services sociaux israéliens.
Des sources juridiques ont toutefois expliqué lundi qu’il y a une différence fondamentale entre les résidents de Jérusalem-est et le reste des prisonniers. « Dès leur libération, les prisonniers de Jérusalem-est vont être soumis à une série de restrictions sévères, y compris des restrictions de déplacement« , selon le site d’informations israélien Walla ! « Toute violation de ces restrictions sera punie », ont ajouté les mêmes sources, indiquant que les prisonniers pouvaient être arrêtés de nouveau si ces conditions n’étaient pas respectées.
Ces libérations résultent d’un engagement pris fin juillet par Israël auprès des Etats-Unis et des Palestiniens en vue de relancer les négociations de paix.
Il s’agit de la troisième phase de libération de détenus après celles intervenues les 13 août et 30 octobre.
Ces libérations sont intervenues peu avant que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ne débute jeudi sa 10e tournée dans la région depuis mars pour tenter de faire avancer ces négociations.

M. Netanyahou a justifié ces libérations: « Une direction politique est jugée sur sa capacité à prendre des décisions difficiles », a-t-il affirmé selon des propos diffusés par la radio publique. « Les négociations (avec les Palestiniens, ndlr) servent les intérêts stratégiques d’Israël », a-t-il insisté.
Parallèlement à la libération mardi des 26 prisonniers, le gouvernement israélien va annoncer des programmes de construction dans les Territoires et à Jérusalem-Est .
D’après la presse, cette annonce portera sur 1.400 nouveaux logements.
M. Netanyahou a souligné la semaine dernière qu’il comptait ignorer les appels de la communauté internationale exhortant Israël à ne pas annoncer les constructions : « Nous ne cesserons pas un instant de bâtir notre pays, de nous renforcer, de développer (…) les implantations », avait-il assuré.
Les prisonniers libérés dans la nuit de lundi ont été reconnus coupables de meurtre ou tentative de meurtre. Ils ont tous purgé entre 19 et 28 années de prison et ont, pour la grande majorité, été arrêtés pendant la période de la première intifada pour des meurtres commis avant les accords d’Oslo.
31-12-2013/ i 24 NEWS Article original


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