Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach.
A l’occasion d’un discours tenu à Ramallah le 11 janvier 2014, le président de l’Autorité palestinienne a reposé les conditions « intenables » dans lesquelles un accord de paix pourrait être signé avec Israël :
Jérusalem-Est doit devenir la capitale de l’Etat palestinien (à place de Ramallah), les descendants des palestiniens ayant quitté la Palestine en 1948 (curieusement devenus des millions), doivent pouvoir s’établir en Israël, l’armée israélienne doit évacuer la vallée du Jourdain et enfin, Israël ne sera définitivement pas reconnu comme Etat juif. Ces exigences insensées emporteraient, en cas d’admission, l’éradication pacifique d’Israël que les palestiniens n’ont jamais réussi à défaire par la guerre. Quatre causes principales expliquent le refus palestinien de s’engager sur le chemin de la paix avec Israël.
La première cause est géopolitique. Les palestiniens affirment constituer un peuple et invoquent à ce titre, l’application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, alors qu’ils ont parfaitement conscience qu’il n’en est rien.
L’article 1er de la constitution palestinienne révisée le 13 août 2005, rappelle en temps que de besoin : « la Palestine fait partie du monde arabe et le peuple palestinien fait partie de la nation arabe. L’unité arabe est un objectif que le peuple palestinien s’efforce de réaliser ». Les palestiniens n’entendent donc pas se dissocier de la nation arabe ni de son devenir, et, partant, ne constituent pas un peuple spécifique. La conséquence est immédiate pour ce qu’il en est des prérogatives de Mahmud Abbas : il ne peut entreprendre qui n’aurait pas reçu l’aval des représentants du monde arabe (eux-mêmes divisés sur la question). A défaut, la situation serait tout à fait ubuesque puisque les palestiniens s’engageraient dans des négociations de paix avec Israël, le reconnaîtrait en tant qu’entité étatique, alors la quasi-totalité des pays arabes ne s’est pas positionné sur la question. Mahmoud Abbas violerait ainsi le principe du lien entre les palestiniens et la nation arabe et ne peut donc s’engager dans un processus auquel l’ensemble du monde arabe n’est pas associé.

La seconde cause est institutionnelle. La Constitution palestinienne rappelle dans son article 2, que le peuple est la source du pouvoir (exercé dans un cadre de séparation des pouvoirs). Comme l’article 34 limite la durée du mandat du président de l’Autorité palestinienne à 4 ans, Mahmud Abbas ne dispose plus de légitimité depuis janvier 2009. La constitution palestinienne impose alors, en cas de vacance, de confier la présidence de l’autorité au chef du Conseil législatif (article 37), qui ouvre une période de 60 jours pendant lequel, le Conseil organise des élections au suffrage universel pour désigner un nouveau président de l’Autorité. En l’espèce, Mahmud Abbas n’a plus qualité pour représenter les palestiniens et les engager sur une voie qu’ils n’auraient pas choisie.
Bien évidemment, la Constitution palestinienne a été mise en place pour rassurer la communauté internationale mais n’a jamais été respectée, a fortiori lorsque dès que son application a gêné les responsables politiques. L’article 5 prévoit la désignation des députés du Conseil législatif au suffrage universel mais comme les élections législatives du 26 janvier 2006 ont donné la majorité au Hamas (56 % des suffrages soit 74 sièges sur 132), le Fatah ne l’a pas admis. Résultat, l’organisation islamiste a pris le contrôle de la bande de Gaza le 15 juin 2007. Notons d’ailleurs que la constitution palestinienne est inapplicable, soit parce que les principes énoncés sont absurdes (article 3 : Jérusalem est la capitale de la Palestine) soit parce qu’ils ont insensés. Selon l’article 6, la Palestine est un état de droit, qui applique les libertés fondamentales (sic) et qui doit adhérer aux conventions sur les droits de l’homme (article 10), alors que la Charia constitue la source du Droit (article 4)…
Il est également une cause technique au refus palestinien d’entamer des accords de paix avec Israël. Les palestiniens affiliés au Hamas ne veulent pas entendre parler d’une reconnaissance d’Israël ni de conditions de paix avec l’entité sioniste. Or, le Hamas est majoritaire dans la bande de Gaza et très bien représenté en Cisjordanie. Pour le mouvement islamiste, cette position n’est d’ailleurs pas le résultat d’un sentiment mais constitue véritablement sa raison d’être. Les jeunes palestiniens sont élevés de génération en génération, dans la haine des juifs et la culture du martyr, jusqu’à la chute de l’entité sioniste. Mahmud Abbas en a tout à fait conscience et ne peut prendre une décision qui n’est pas partagée par la population, et qui ne serait d’ailleurs jamais respectée par les islamistes palestiniens.
Enfin, la dernière cause tient à la position de la communauté internationale qui recourt à des notions juridiquement fausses. Le 17 janvier 2014, le comité de l’Onu pour « l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien » a lancé « l’année internationale de la solidarité avec le peuple palestinien ». Or, pour Ban Ki Moon, « Il s’agira d’une année cruciale pour la réalisation de la solution à deux Etats qui doit mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967, et qui doit garantir l’avènement d’un Etat palestinien indépendant, viable et souverain, vivant en paix et en sécurité avec l’Etat israélien, où chacun reconnaît les droits légitimes de l’autre ». En exhortant une « prise de conscience internationale, des obstacles au processus de paix en cours y compris les colonies, Jérusalem, le blocus de Gaza et la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés », le secrétaire général des nations Unies impute à Israël, la culpabilité dans la situation contemporaine.
La communauté internationale, rongée par la mauvaise conscience résultant du partage (colonial) décidé en 1947, transfère en réalité la responsabilité de la situation à l’Etat juif, en cultivant l’idée selon laquelle la Palestine a été occupée en 1967 (alors qu’elle n’existait pas) et que les juifs sont des colons. Naturellement, les palestiniens finissent par le croire et se croient légitimement fondés à refuser tout accord de paix qui ne s’accompagnerait pas d’un départ des juifs.
Mahmud Abbas entretient allègrement cette thèse de l’Onu en poussant encore plus loin la supposée responsabilité d’israël. En appelant, lors de la vingtième session du Comité Al Qods au Maroc (tenue le 18 janvier 2014), à «s’élever contre les atrocités sionistes et les violations des droits de l’homme en Palestine occupée », et en affirmant qu’ « Il ne peut y avoir de paix sans stabilité, ni d’accord sans Jérusalem-est occupée comme capitale de l’Etat palestinien », il enterre définitivement toute perspective d’accord pacifique.
Il est dommage que l’Unesco ait renoncé, le 17 janvier 2014, à l’inauguration de l’exposition retraçant 3500 ans de liens de liens historiques entre les juifs et la terre d’Israël de peur de froisser le monde arabe, alors que cette exposition eut été très instructive pour le président de l’Autorité palestinienne. En maintenant sa thèse selon laquelle l’occupant doit quitter les lieux, il se serait souvenu que les arabes ont occupé la Palestine en 638 et construit la mosquée Al Aqsa sur le site du temple des juifs. En sa qualité de descendant d’occupants, il aurait alors pu envisager un démontage de la mosquée Al Asa et un départ massif des palestiniens vers l’Arabie saoudite, ce à quoi Israël ne se serait nullement opposé.
Dans le cas contraire, il aurait réalisé que la souveraineté d’un pays est exercée, non en vertu d’u fantasme, mais par le pouvoir politique qui le contrôle. Il aurait compris pourquoi la terre sainte a été dominée par les juifs, puis les grecs, les romains, les arabes, les mameluks, les turcs la Grande Bretagne, et de nouveau par Israël.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
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C’est aussi leurs soutient des pires antisémites, de l’hypocrisie et de la lâcheté du monde arabe et de l’Europe qui finiront par se bouffer le bec qui le veuillent ou pas, hégémonie et complexe antiaméricain oblige.
Les causes du refus palestinien de s’engager sur le chemin de la paix ,C’EST LES DOLLARS,QUI TOMBENT DU CIEL