Parachath Nasso – Un prince par jour

La dernière partie de la parachath Nasso s’étend longuement sur les cérémonies de l’inauguration du Tabernacle, trop longuement font observer certains fidèles, habitués à plus de brièveté dans les phrases de la Tora.

On peut effectivement s’étonner de la répétition, à douze reprises, dans des termes presque identiques, de la liste des offrandes de chacun des chefs de tribus, alors que la Tora aurait pu mettre ces offrandes « en facteur », et alors qu’elle récapitule à la fin l’ensemble de ces offrandes et les totalise.

Plusieurs explications ont été proposées afin de justifier cette verbosité apparemment inutile :
Pour le Midrach (Bamidbar rabba 14, 1), la série des offrandes a commencé le premier jour de la semaine, c’est-à-dire un dimanche. Aussi le septième jour, celui du prince de la tribu d’Efrayim (Bamidbar 7, 48), était un Chabbath. Or, on n’offrait pas de sacrifices individuels le Chabbath.

Hachem a dit alors à Moïse : « Etant donné que vous vous faites honneur les uns aux autres, Moi aussi Je vous ferai honneur en vous sacrifiant Mon Chabbath, afin qu’il n’y ait pas d’interruption dans vos sacrifices. »
Selon Rachi, Moïse ne savait pas encore comment les princes devaient présenter leurs offrandes : par ordre d’âge ou selon la place occupée lors des marches. C’est le Saint béni soit-Il qui l’a instruit d’avoir à les leur faire présenter selon la place occupée lors des marches, à raison d’un par jour.

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Haftarath parachath Nasso – Samson, un « Juge » indéchiffrable

Samson, dont notre haftara rappelle les circonstances de la naissance, est le plus indéchiffrable de tous les « Juges ». Doué d’une force physique jamais atteinte par aucun homme, il combattit les Philistins toute sa vie durant, et sauva les enfants d’Israël de leur domination.

Mais en même temps, il se montra d’une faiblesse extrême avec les femmes, dont l’une le trahira après qu’il lui aura livré le secret de sa vigueur exceptionnelle. Et, retrouvant un bref instant ses forces colossales, il se suicidera plus tard en entraînant dans la mort plus de Philistins qu’il en avait tués de son vivant (Choftim 16, 30).

Notre tradition porte sur Samson un jugement contrasté. « Samson a suivi ses yeux en s’attachant à des femmes étrangères »>Article original, raison pour laquelle les Philistins les lui ont crevés » (Michna Sota 1, 8). Mais elle le tient en même temps en haute estime en affirmant que « son Beith din, comme ceux de Gédéon et de Jephté, valait ceux de Moïse, d’Aaron et de Samuel » (Yerouchalmi Roch hachana 14a).
Et cependant, peut-on remarquer, si Samson « a “commencé” de sauver Israël de la main des Philistins (Choftim 13, 5), c’est David qui a achevé sa tâche (II Samuel 5, 16 et suivants).

Il n’en demeure pas moins que Samson est couvert d’éloges par le Midrach (Wayiqra rabba 8, 2), comme capable de juger le peuple comme l’aurait fait Hachem, et comme n’ayant besoin d’aucune aide dans l’exécution de sa mission.
Et lorsqu’il mourut en emportant dans sa mort des milliers de Philistins, son corps demeura miraculeusement intact, de sorte que sa famille l’identifia sans peine et put l’enterrer dans le tombeau familial.

Jacques KOHN.

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