Les PDG de ces sociétés opérant au-delà de la “Ligne Verte” ne constatent aucune perte liée aux menaces de boycott et de label sur les produits fabriqués, mais plutôt des hausses de revenus.
Parmi les 200.000 bouteilles de vin que Ya’acov Burg a produit l’an dernier, 16.000 ont été exportées vers l’Europe.
L’éventualité d’un boycott et les grondements répétés affirmant que l’Europe planifie de labelliser les biens produits dans les implantations pourraient provoquer une baisse de ces chiffres, mais Burg n’est pas inquiet.
Le PDG de l’entreprise viticole de Psagot, située dans une implantation portant le même nom, sur les collines de Judée centrale, Burg se dit fier de diriger une société détenue par un Juif, dans cette partie disputée des territoires, et qu’il accueille même des groupes de Chrétiens Sionistes qui se portent volontaires pour les vendanges.
La localisation de son entreprise, cependant, en fait une des premières cibles des boycotts visant les produits des implantations.
“Il y a pas mal d’endroits qui n’achèteront pas ce vin, donc, évidemment, qu’il y a un dommage certain”, confie Burg au JTA. « Mais cela ne me fait pas peur. Nous devons lutter contre le boycott, et pas faire exactement ce qu’ils veulent que nous fassions »>Article original.
L’effort pour boycotter les produits de Judée-Samarie/Cisjordanie, qui est un objectif de long terme des militants anti-israéliens et de certains critiques Juifs de “l’occupation” israélienne, a obtenu quelques victoires notables, au cours de ces dernières semaines.
Le mois dernier, PGGM, le fonds de pension le plus important des Pays-Bas, a annoncé qu’il se désinvestissait de cinq banques israéliennes, à cause de leur implication dans le financement des implantations israéliennes. Ceci a été suivi par l’annonce que la Danske Bank danoise mettait en liste noire la Banque Hapoalim, à casue de ses activités dans la Bande Occidentale de Judée-Samarie. La Banque suédois Nordea a exigé plus d’information, de la part de deux autres banques israéliennes, concernant leurs activités dans les territoires disputés.
Aux Etats-Unis, les produits des implantations ont fait la Une, récemment, après les voles de bois vert contre l’actrice Scarlett Johansson, parce qu’elle représente SodaStream, une entreprise israélienne qui produit des machines à Soda fait maison, dans une usine présente au-delà de la Ligne Verte.
Et, en Europe, le Royaume-Uni et les Pays-Bas estampillent déjà les produits fabriqués dans les implantations, alors que l’Union Européenne menace, de manière répétée, qu’elle va étendre cette stigmatisation commerciale à tous les pays du Continent. C’est encore sans compter avec le Secrétaire d’Etat John Kerry qui ne s’est pas gêné pour menacer, à mots couverts, bien sûr, Israël d’être confronté à d’autant plus de pressions par le boycott économique, si la nation juive ne s’agenouillait pas immédiatement, devant les exigences palestiniennes, menant, à force de chantages, à l’effondrement du Processus de paix.
Mais, sur le terrain, si plusieurs PDG des entreprises, dont les usines se situent dans les implantations, reconnaissent que ces boycotts pourraient affecter les ventes, ils ne représentent pas, actuellement, une menace sérieuse pour leurs affaires.
Yehuda Cohen, PDG de l’entreprise Lipski, qui fabrique des emballages plastiques et dispose d’une usine dans le parc industriel de Barkan, en Judée-Samarie, déclaré que ses ventes ont chuté de 17% en 2010, lorsque les Palestiniens locaux ont commencé à boycotter ses produits. Son entreprise, par la suite, s’en est parfaitement remise, avec une croissance de 18%, l’an dernier.
Bien qu’une partie seulement des produits de Lipski soient expédiée à l’étranger – 18% du total des ventes sont prévus à l’exportation, dont la majorité est envoyée en Europe – Cohen reconnaît que le geste de l’UE visant à labelliser les marchandises des implantations représente une menace bien palpable. Stigmatiser les produits des implantations, dit Cohen, pourrait entrever les relations avec les détaillants.
“Je ne pense pas qu’on en soit arrivé au niveau d’un boycott, mais cette stigmatisation, c’est déjà la moitié du chemin vers le boycott effectif », évalue Cohen. « Le détaillant se dira : « Je ne veux pas de problèmes. Israël n’agit pas bien ».
Un boycott européen pourrait avoir un impact plus important sur SodaStream, qui, selon les informations sur 2012, par Bloomberg, vise une extension de ses activités vers l’Europe pour y réaliser la majorité de ses ventes. Le PDG de la Société, Daniel Birnbaum, a, par conséquent, affirmé au journal Forward, récemment, que d’avoir une usine dans une implantation constitue une « épine dans le pied ».
L’impact d’un boycott, bien qu’il ne soit guère pertinent, serait plus limité sur Psagot et Lipski, dont aucune d’entre elles n’est vraiment liée aux affaires commerciales avec l’Europe.
Mais, pas plus Burg que Cohen ne partagent le sentiment de Birnbaum, au sujet des vertus de maintenir des affaires en Judée-Samarie. Pas plus que Rami Levy, le patron de la chaîne de supermarchés à bas prix Rami Lévy Hashikma Market, qui dispose de trois sites en Judée-Samarie/Cisjordanie.
Pour Burg, la localisation de son entreprise viticole repose sur une pétition de principe d’opposition à un Etat palestinien. Cohen affirme, de son côté, soutenir les négociations de paix et l’objectif d’une solution à deux Etats. Comme bien d’autres PDG d’entreprises menant des actions en Judée-Samarie, il pense fermement que son entreprise contribue à la cause de la paix en offrant du travail aux Palestiniens.
“Non seulement cela ne porte pas préjudice (aux négociations), mais cela apporte un exemple concret de la façon de vivre ensemble et comment on peut développer les affaires ensemble”, affirme Lévy. « Quand vous ouvrez des entreprises, vous créez des emplois supplémentaires. Cela correspond justement au fait de ne discriminer personne, qu’elle que soit sa religion, sa race ou sa nationalité ».
Levy, dont la chaîne emploie environ 2000 Palestiniens, a fait partire d’une délégation de 100 hommes d’affaires israéliens, au Forum Economique Mondial de Davos, en Suisse, le mois dernier, qui vise à encourager un accord de paix. Plus de la moitié des employés de l’usine Lipski en Judée-Samarie sont des Palestiniens. Cohen emploie quatre Palestiniens, pour un total de 20 employés.
Hilik Bar, qui siège à la Commission de la Knesset pour les relations entre Israël et l’Europe, dit que les arguments, même justes de Lévy, ne convaincront pas les Européens, en l’absence d’un accord de paix formel. Bar s’oppose fermement aux boycotts, mais ce Député du Parti Travailliste reste persuadé quer le gouvernement doit poursuivre l’objectif de la paix avec obstination.
“Il ne s’agit pas seulement des deux banques scandinaves ; ce mouvement essaime ailleurs”, déclare Bar, qui préside aussi un autre Caucus pour la Promotion d’une Solution au Conflit Arabo-israélien. Comme une bonne partie de la Gauche et du Centre-Gauche, il prend des accents de Cassandre pour dresser un tableau en gris et noir des risques attenants à ce problème.
Mais Lévy affirme clairement ne pas s’en effrayer outré-mesure. Les Européens, selon lui, ont pas mal de bagout, dès qu’il s’agit des implantations (alias « colonies ») , mais, au bout du compte, ils restent focalisés sur les résultats financiers.
“Si on leur permet de faire de bons profits, à la fin, ils investiront”, dit-il. « Les Européens savent pertinemment une chose essentielle : Israël les traite bien et plutôt à leur avantage ».
D’autre part, une analyse économique du Dr. Adam Reuter, Président de
PAR JTA 5 Février 2014, 6:37 am 1
Source : For some West Bank CEOs, no lost sleep over boycott threat | The Times of Israel Article original
Adaptation : Marc Brzustowski
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