Contacté par Le Post, le FN explique que « la presse israélienne est plus intéressée par le travail du parti que les médias français. »
Après l’émission avortée sur Radio J, une radio communautaire juive, Marine Le Pen retente sa chance sur 90′ FM, une radio israélienne. L’émission sera diffusée en français de 21h à 22h mercredi.
Difficile d’en savoir plus sur cette radio peu connue, créée par d’anciens journalistes de la chaîne de télévision Guysen. Une chaîne d’information en langue française et réputée neutre.
Début mars, l’invitation de la présidente du FN sur Radio J avait suscité l’indignation de la communauté juive et de certains responsables politiques. Résultat : La radio avait donc décidé de déprogrammer l’émission.
« Le fait que Marine Le Pen soit reçue par une radio communautaire juive,
c’est un symbole qui est inacceptable », expliquait ainsi Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, (CRIF).
Les associations vont-elle maintenir la même pression pour le passage de Marine Le Pen sur 90′ FM ? Son intervention va-t-elle être annulée au dernier moment ?
Pour un proche de Marine Le Pen, la problématique est différente de celle avec Radio J. En effet, il s’agit dans le cas présent d’une radio localisée en Israël. « La presse israélienne est plus intéressée par notre travail. Bien plus qu’en France. Marine Le Pen ne suscite pas autant d’indignation », assure-t-il au Post.
Mais, du côté de la communauté juive en France, la venue de Marine Le Pen sur une radio israélienne fait grincer des dents.
« Je trouve que ça ne se justifie toujours pas. La communauté juive a besoin de preuves plus évidentes du FN. Le noyau dur du parti reste pétainiste, négationniste, antisioniste… Pour montrer un nouveau visage, mieux vaut aller à Drancy ou à Auschwitz », commente Sammy Ghozlan, du Bureau national de vigilence contre l’antisémitisme (BNVCA).
Ce dernier souligne une volonté forte de Marine Le Pen de « montrer un nouveau visage ». La nouvelle patronne du FN tente, en effet, d’améliorer l’image du parti pour le rendre plus fréquentable.
Cette « dédiabolisation » du FN passe par l’enterrement de l’antisémitisme et du négationnisme, qui collait à la peau de son père avec ses propos sur les chambres à gaz, qualifiées de « détail de l’histoire », en 1987.
Le mois dernier, sa phrase sur la Shoah (« Les camps ont été le summum de la barbarie »), prononcée lors d’une interview au Point en est l’illustration.
« Marine Le Pen cherche à obtenir un certificat de bonne républicaine. Mais il y a encore beaucoup à faire avant que le FN ne rejette complétement ce qu’en a fait son chef – et actuel président d’honneur – pendant près de 30 ans », déplore sur Le Post, le président du CRIF interrogé mardi.
« Je trouve dommage qu’une radio israélienne vienne lui accorder ce genre de certificat de bonne républicaine. Car après son intervention à la radio israélienne, elle va pouvoir s’en prévaloir en France pour sa campagne », ajoute-t-il.
De fait, « Marine Le Pen accepte énormément de demande d’interview venant de médias divers », explique au Post le porte-parole du parti.
Au point qu’elle se retrouve mardi sur Radio Orient, une radio communautaire musulmane, pour participer à un débat sur l’islam et la laïcité.
JPost.fr
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