
Au-delà des victoires symboliques qu’il célèbre, le Hezbollah continue de se battre en Syrie et dans ses propres fiefs libanais, avec la promesse illusoire d’en finir avec les rebelles « très bientôt ». En réalité, il accumule enlisement, revers et pertes humaines…
Comme toute guerre de harcèlement prélève son quota de morts dans les forces armées, petites ou grandes, la guerre en Syrie fait payer un lourd tribut au Hezbollah. A la grande différence de Bachar al Assad ou d’Ali Khamenei, qui peuvent rapidement réduire leurs dissidents au silence, la capacité du Hezbollah de maintenir sa puissance repose sur le soutien populaire des Chi’ites du Liban.
Il est ironique de constater que le « parti dit de la résistance » a dû, ces derniers mois, construire sa propre « zone de sécurité » à l’intérieur des frontières libanaises :
Le Hezbollah considère le centre de la frontière avec la Syrie comme particulièrement problématique. L’organisation a compris que cette zone devait être fermée et sécurisée, et que des patrouilles aléatoires ou une surveillance à distance ne suffiraient pas.
Elle a pris conscience qu’il fallait contrôler ce secteur 24 heures par jour, 7 jours par semaine. C’est pourquoi elle a décidé de construire des bases permanentes surplombant l’ensemble du secteur, sur le modèle de la zone de sécurité israélienne au Sud-Liban jusqu’en 2000.
Selon diverses estimations, 1 000 combattants du Hezbollah sont stationnés dans les postes. Ajoutez à ce chiffre les 4 500 à 5 000 membres qui luttent contre les forces de l’opposition en Syrie. Les patrouilles autour du secteur central partent de ces avant-postes. Le Hezbollah essaie aussi d’enrôler des collaborateurs locaux susceptibles de fournir des renseignements en temps réel.
Durant la même période, les campagnes du Hezbollah aux côtés de l’armée syrienne pour reprendre les régions de Deraa et Nawa dans le sud-ouest de la Syrie, non loin de la frontière israélienne, se sont soldées sur une défaite. A Kalmon, repris par le Hezbollah il y a quelques mois, des combats sanglants font rage entre ses combattants et ceux du Front al-Nosra.
Il n’existe pas d’études statistiques disponibles qui prenne le pouls exact du ressentiment des Chi’ites, face à de tels revers jamais avoués, mais qui finissent par transpirer. Le Hezbollah maintient hermétique le couvercle sur le nombre exact de ses combattants et de ses pertes (estimées à plus de 1.000 morts). Pourtant, on relève des preuves anecdotiques qui suggèrent que la population chi’ite du Liban est en train de s’amenuiser à vue d’œil. Des familles cherchent une vie meilleure pour se libérer de la « société de la résistance » et de sa guerre perpétuelle. Au sein de la famille chi’ite étendue à laquelle j’appartiens, il ne subsiste plus qu’un homme sur 11 et 5 femmes sur 16, entre l’âge de 18 à 50 ans, qui acceptent encore de vivre dans le Liban d’aujourd’hui.
Les Hezbollah’Jugends, ou « Scouts du Mahdi », enrôlés dès le plus jeune âge pour perpétuer la haine des Juifs et se faire exploser contre leurs voisins sunnites.
Le Hezbollah est une force militaire, a priori, formidable. Ses institutions sociales, financières, ses médias sont impressionnants. Pourtant, le Parti réalise que pour conserver l’avantage, il doit nourrir ses ouailles et tenir compte de leurs besoins. Après la guerre de juillet 2006 contre Israël, le cercle dirigeant du Parti était à ce point dans l’embarras, à cause de l’étendue des destructions qui frappaient les secteurs de résidence de ses partisans, qu’il a dû déminer la colère chi’ite. Il l’a détournée contre les Sunnites et les Druzes du Liban, en les accusant de conspiration contre les Chi’ites, qui viserait à « les renvoyer aux temps où ils ne pouvaient travailler que comme cireurs de chaussures ».
La ruse du Parti a fonctionné. En 2008, il a pu mener à bien la conquête militaire de l’Ouest de Beyrouth, en créant un fait accompli, qui a retourné à son profit la décision du cabinet du Premier Ministre Sunnite Fouad Siniora, qui menaçait l’espionnage électronique du Parti dans les salles de côntrôle de l’aéroport de la cpaitale, tout en le forçant à mettre un terme au blocage politique. Cela s’est soldé par la création d’un gouvernement d’unité nationale.
Dans la même période, le Président américain George Bush et son homologue français Jacquers Chirac, tous deux ennemis jurés du Hezbollah et d’Assad, ont quitté leurs fonctions. Cette même année, Ankara a commencé à parrainer des négociations indirectes entre Damas et Jérusalem, ouvrant ainsi la porte à Assad pour lui permettre de sortir de son isolement international.
Le prétendu « Axe de la Résistance » du Hezbollah et d’Assad a laissé passer sa chance, à cause du déclenchement de la révolution syrienne de 2011. Au cours des premiers mois du conflit, le Hezbollah se contentait de son rôle de propagateur du narratif d’Assad. Celui-ci disait qu’il n’y avait pas de guerre en Syrie et que, si c’était le cas, les rebelles syriens étaient parrainés par l’ancien Premier Ministre libanais Saad Hariri, un cas si êu crédible que, pourtant, Hezbollah et Chi’ites locaux s’appliquaient à vouloir croire, par convenance.
Comme d’autres minorités au Levant, les Alaouites de Syrie essaient d’éviter les guerres longues. Les minorités emploient la force brutale très tôt au début des conflits, dans l’espoir de répandre la peur dans le cœur et l’esprit de l’ennemi et de mettre rapidement un terme aux combats, avant que ce ne soit le poids démographique qui décide qui sera le vainqueur.
On aurait dû s’attendre à ce que le régime Assad agisse selon ce schéma et évite de s’engager dans une guerre prolongée contre les Sunnites syriens, qui surpassent les Alaouites à 6 contre 1.
L’Iran, cependant, avait un autre plan. Si on en croit la littérature de cette époque, comme le portrait tracé dans le [ New Yorker de Qassem SouleimaniArticle original et le compte-rendu du diplomate syrien déserteur à Washington, Bassam Barabandi, c’est bien Téhéran qui a promis à Assad que, grâce à son appui, il pourrait aisément et rapidement remporter cette bataille.
L’Iran a, alors, ordonné au Hezbollah d’entrer en Syrie (la fameuse bataille d’Al Qusayr) et de sauver la tête d’Assad. Il est vrai que la milice chi’ite a fait un travail impressionnant, en reconquérant des zones que les forces d’élite mécanisées d’Assad échouaient à conserver, de manière répétée.
Mais, avant de pouvoir triompher en Syrie, le mouvement de guérilla devait présenter un récit crédible à ses partisans. Il a dit et répété que sa campagne en Syrie allait rester de courte durée et qu’elle vaincrait vite les extrémistes sunnites ou « Takfiris ». Il s’est ainsi, exposé à un retour de flammes et les Jihadistes ont ramené la guerre au cœur de Beyrouth, que la milice de Nasrallah a partiellement stoppé, sur le moyen terme. Pourtant, en dépit de ses « victoires » territoriales qu’il célèbre à grand renfort de publicité, le Hezbollah a dû continuer de se battre en Syrie, sur la promesse illusoire d’en terminer rapidement avec les rebelles et Jihadistes.
Dans le même temps, les ressources du Hezbollah, autant sur le plan militaire que civil et politique, ont commencé de se restreindre. Ainsi, le Hezbollah a dû enrôler l’armée libanaise équipée par les Américains, pour combattre les Sunnites tout autour du Liban. L’armée et son Commandant présidentiable étaient ravis de reprendre du service, mais ne faisaient pas le poids, pour tenir les limites territoriales tracées par les milices, contraignant ainsi le Hezbollah à demeurer engagé dans ce conflit frontal.
A ce jour, on trouve rarement un village chi’ite qui n’a pas perdu une douzaine, voire bien plus, de ses hommes dans les règlements de compte du Hezbollah. Tôt ou tard, le Hezbollah se retrouvera à court de ressources humaines à recruter, ce qui ne manquera pas de poser un sérieux problème à la milice.
Peut-être qu’en Iran, où les Chi’ites représentent presque 70 millions d’habitants, les rapports de nombre n’ont aucune importance. Mais il en va tout autrement au Liban, où, avec un million de membres, les Chi’ites constituent un quart de la population totale. En Syrie, les Alaouites, qui ne sont pas exactement des Chi’ites, sont deux millions sur un total de 16 millions de Syriens. Le nombre de Chi’ites en Syrie est statistiquement insignifiant.
L’Iran peut bien envoyer tous les conseillers qu’il voudra, en Syrie et en Irak pour augmenter les rangs des Chi’ites-Alaouites, mais Téhéran est dans l’incapacité d’envoyer des troupes, au-delà de ses réseaux des Brigades al Qods. A cause de la barrière de la langue et de différences culturelles marquées, les Iraniens impliqués dans les combats sont aisément repérables et rapidement pris pour cibles. Ils seraient dans la quasi-incapacité de communiquer avec les villages d’accueil qu’ils seraient censés défendre.
La disparité des chiffres, clairement en faveur des Sunnites, à termes, au Levant, commence progressivement à rattraper le Hezbollah et la stratégie suivie aveuglément, en dépit de sa puissance militaire bien supérieure. Le Hezbollah se retrouve exténué et meurtri, et il semble qu’il n’y a aucun terme envisageable au piège iranien en Syrie, dans lequel il est tombé les yeux ouverts.
Le Hezbollah est, peu à peu, en train de perdre son aura d’invincibilité relative et de ténacité face à l’ennemi.
Les tactiques que lui-même utilisait contre les soldats israéliens sont employés pour lui infliger des pertes, que ce soit par l’Etat Islamique ou le Front Jabhat al-Nusra, qui se sont créés des avant-postes pour s’infiltrer au Liban tout le long de la frontière poreuse avec la Syrie.
Le nombre croissant d’attentats et de kidnappings menés par les Jihadistes constitue l’ouverture d’un nouveau front militaire contre les arrières du Hezbollah. Il a déjà des milliers d’hommes de troupe engagés pour renforcer Assad, alors qu’il tente d’en maintenir autant pour faire front contre Israël, au Sud-Liban.
« Le Hezbollah est en train de disperser ses forces. Il mène tellement de batailles et positionne ses milices sur tant de fronts à la fois », prévient Imad Salamey, professeur associé de science politique à l’Université Américaine de Beyrouth.
La demande d’enrôlement de nouvelles troupes fraîches, du fait des pertes nombreuses, a contraint le groupe à baisser drastiquement l’âge du recrutement. On assiste à des funérailles de jeunes de 16 ans, qui se déroulent dans les villages chi’ites de la plaine de la Beqa’a, au Nord du Liban.
Le Hezbollah voudrait s’extirper du bourbier syrien, selon Lina Khatib, directrice du Centre Carnegie pour l’étude du Moyen-Orient, mais il sait pertinemment qu’il doit y demeurer « jusqu’à ce qu’il y ait un accord politique acceptable pour l’Iran ».
Les Jihadistes sunnites ont commencé à mener des attentats à la voiture piégée et des attaques dévastatrices contre tous les bastions du Hezbollah à travers le pays, y compris dans les banlieues sud de Beyrouth.
En août, les Jihadistes se sont attaqués à la ville libanaise d’Ersal et ont capturé plus de 20 policiers et soldats avant de se retirer. Les analystes sont persuadés que ces extrémistes sunnites détiennent aussi un certain nombre de combattants du Hezbollah non-répertoriés. Les islamistes sunnites ont décapité au moins deux soldats libanais en exigeant le retrait du Hezbollah de Syrie.
Puis, le 5 octobre, le Jabhat al Nusra a conduit une série d’agressions contre des positions du Hezbollah dans la vallée de la Beqa’a. Les Sunnites ont tué au moins huit combattants du Hezbollah, en publiant des séquences vidéos sur ces sinistres démêlées. Embarrassé, le Hezbollah a tenté de [faire pression sur les sites internetArticle original, afin qu’ils suppriment ces vidéos.
« Cette attaque a réellement été stupéfiante. Elle a porté un coup sévère à la réputation du Hezbollah, en tant que force militaire compétente », selon David Schenker, directeur d’étude des politiques arabes à l’Institut de Washington sur la politique au Moyen-Orient (WIFNEP), ancien responsable au Pentagone.
La réplique du Hezbollah a été prompte, si ce n’est inattendue. En effet, deux jours après, il a monté une attaque à la bombe à la frontière sud, qui était, jusque-là, relativement tranquille, en blessant deux soldats israéliens. Il a menacé, dans la foulée, en prévenant qu’il était toujours en capacité de faire face à l’armée israélienne, en dépit de ses engagements en Syrie.
Schenker affirme que le Hezbollah a pris Israël pour cible « pour démontrer à quiconque qu’il était encore capable de coller aux problèmes fondamentaux comme la guerre contre Israël ».
Certains analystes pensent que l’incident est le signe que le Hezbollah peut devenir d’autant plus impitoyable, du fait de sa crainte d’être perçu comme affaibli. Les conséquences de ce comportement peuvent être dramatiques, puisque la capture de deux soldats israéliens, en 2006, a déclenché une guerre dévastatrice pour le Liban.
« Si Israël avait voulu en profiter pour déclencher une guerre contre le Hezbollah, selon aurait constitué un prétexte parfait, et en cette période [de conflits multiples »>Article original, les pertes du Hezbollah auraient été énormes », affirme Hanin Ghaddar, rédactrice en chef sur le site internet Now News, dans un [éditorial : la réalité est en train de tuer le discours « résistant » du Hezbollah->https://now.mmedia.me/lb/en/commentaryanalysis/564207-reality-is-killing-hezbollahs-narrative »>Article original.
Une semaine après le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah a fait une rare apparition publique de démonstration, dans la plaine de la Beqa’a, pour remercier les familles des combattants tombés.
Cette visite était, en partie, destinée à calmer la colère au sein des familles chi’ites qui ont perdu leurs proches, selon les analystes.
Peu à peu, le tabou qui consiste à ne jamais parler en public de l’aventurisme militaire du Hezbollah dans des termes critiques et négatifs, laisse transparaître des failles, mais la crainte de représailles reste, jusqu’à présent, la plus forte, chez beaucoup de Chi’ites.
« J’ai eu de graves problèmes quand j’ai exprimé ma colère à la suite de la mort de mon frère », déclare une femme chi’ite, sous couvert de l’anonymat.
Selon un autre analyste, cette visite consistait, en second lieu, à éviter que les clans chi’ites n’exercent des représailles contre les communautés sunnites, à la suite d’attaques et de kidnappings. Les tensions inter-religieuses, déclenchées par la présence des Palestiniens, ont été à l’origine d’une guerre civile entre 1975 et 1990.
Le Hezbollah tente d’empêcher une détérioration de la situation sécuritaire dans le secteur, en augmentant la formation, l’entraînement et l’armement d’un certain nombre de villages composés de résidents chi’ites et chrétiens.
Mais, certains habitants ont pris les devants et commencé à organiser leurs propres milices d’autodéfense, par crainte de heurts avec les militants pro-Sunnites, qui s’infiltrent de plus en plus sur leur propre territoire. Jad Rizk, par exemple, un Chrétien de 39 ans, vient de se joindre à des patrouilles de quartier improvisées, à la suite de la prise d’Ersal par les Jihadistes, au cours de l’été.
Les résidents espèrent en la protection du Hezbollah, mais puisque le mouvement est répandu aux quatre vents et sur tous les fronts, ils savent, implicitement, qu’ils n’ont, pratiquement, aucune chance.
« En tant que civils vivant dans un village chrétien, nous avons dû nous armer, afin de nous protéger nous-mêmes », déclare fataliste Rizk, avocat et père de deux jeunes enfants. « Chaque famille a dû faire de même ».
Hussain Abdul-Hussain est le chef du Bureau à Washington du journal koweitien Al Rai Il tweete [@hahussain->@hahussain »>Article original
[now.mmedia.me->https://now.mmedia.me/lb/en/commentaryanalysis/564300-hezbollah-is-bruised »>Article original
Hugh Naylor, avec la contribution de Suzan Haidamous, 28 octobre 2014 – [washingtonpost.comArticle original


Pages extraites de « Mahdi’Magazine », un journal du Hezbollah destiné aux futurs martyrs des maternelles chi’ites.

Apprendre au petit lapin à traverser un champ de mines antipersonnelles mises au point par les grands frères…


Trouver son chemin vers le martyre…
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NON vous êtes pas de la chair a canon , vous êtes tous des héros et j’approuve votre engagement dans le conflit syrien + je souhaite aussi que tout les arabes israelien fassent comme vous , allez tous vous faire tuer en syrie du premier au dernier comme cela nous tous ( les normaux ) ont aura la paix