Avec l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les factions palestiniennes et leurs souteneurs régionaux se battent pour imposer leur influence à Gaza, menaçant ainsi le fragile gouvernement d’unité. 
De profondes divisions pour savoir qui dirigera le processus de reconstruction de Gaza font surface entre le Hamas et l’Autorité Palestinienne, menaçant le gouvernement d’unité de s’effondrer, alors qu’il s’est, à peine, formé un peu plus tôt, en juin, cette année.
Il ne semble pas y avoir de solution en vue, la question étant de savoir si oui ou non ces divisions auront un effet et lequel sur les relations du Hezbollah envers le Hamas, qui se sont crispées depuis la crise syrienne, mais qu’on a cru, en quelque sorte, se réchauffer, au cours de la guerre à Gaza. Les analystes pensent que les relations entre le Hezbollah et le Hamas ne retourneront pas à la normale qu’elles ont connue avant le conflit (syrien), mais plutôt que le Hezbollah – et, par conséquent, l’Iran – cherchera à accroître son influence sur la Bande de Gaza en renforçant ses alliés directs (Jihad Islamique, Comités populaires…).
Des relations crispées.
La parole officielle du Hamas, par l’entremise de son communicant Raafat Moura, consiste à dire qu’en dépit de différences politiques, au sujet de la crise syrienne, les deux parties continuent de se coordonner et de coopérer.
Les sources de l’OLP tiennent, cependant un langage différent, et expliquent que la controverse, au niveau des cercles dirigeants des deux groupes, a de nombreuses conséquences en Syrie et que, jusqu’à un certain point, au Liban et que s’il existe une certaine coopération, comme le suggère Moura, elle se limite à l’entente entre certains individus au sein de la branche armée du Hamas.

Salut nazi de la police palestinienne (Fatah)
“En Syrie, le Hezbollah et le Hamas continuent de se battre l’un contre l’autre. Au Liban, ils ne tiennent plus aucune rencontre de politique générale, mais se concertent sur des sujets de sécurité locale. A Gaza, le Hezbollah a de faibles rapports avec le bureau politique du Hamas, mais il continue à soutenir les Brigades Ezz-e-Din Al Qassam, même si c’est seulement de façon verbale ».
Au cours de la guerre à Gaza, des responsables majeurs en Iran ont diffuse des communiqués qui exprimaient leur solide soutien aux combattants de Gaza. Hassan Nasrallah a personnellement téléphoné à Khaled Meshaal et au chef du Jihad Islamique, Ramadan Shallah, pour exprimer la solidarité de son parti et le fait qu’il était prêt à les aider. Les observateurs ont cru voir dans ces évènements le signe d’une possible renaissance de l’alliance entre ces trois partis. Les experts locaux, cela dit, sont d’un avis différent.
Selon le commentateur d’Al-Balad, Ali al-Amine, la guerre de Gaza a été l’occasion d’un sursaut de la popularité du Hamas, ce que le Hezbollah n’est pas ne mesure de réfuter –et qui ne peut pas en dire autant, à cause de sa présence en Syrie – et l’Iran ne peut négliger cet aspect. Le rôle mineur joué par l’Iran, comparé à celui du Qatar, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte, dans la recherche d’un cessez-le-feu, indique que les relations avec le Hamas demeurent faibles. Amin souligne la conférence donnée à Doha, par Khaled Meshaal, où celui-ci a déclaré la « victoire du Hamas », sans même mentionner le soutien de l’Iran.
Une trêve temporaire
L’accord de cessez-le-feu stipule que c’est l’Autorité Palestinienne qui doit diriger les efforts de reconstruction, une condition nécessaire exigée par les donateurs. Ce n’est qu’après la reprise des pourparlers que l’AP commencera à réparer les dégâts.
Mais les divisions ont déjà refait surface entre les diverses factions palestiniennes, concernant ce rôle de maître d’œuvre de l’effort de reconstruction. L’absence presque complète des travaux, conséquence directe de ces divergences, sont le signe patent d’un revers majeur pour le présumé « gouvernement d’unité » et représentent un risque accru que les hostilités envers Israël reprennent.
Dès le début de ce processus d’halte au feu, des rapports ont fait surface pour pointer les divisions qui s’élargissent, entre les différentes parties palestiniennes, au point de signaler un probable effondrement du gouvernement d’unité nationale. Selon Al-Hayat, Abbas accuse le Hamas de ne pas adhérer à ce projet de gouvernement unitaire, en stipulant qu’il formerait un gouvernement de l’ombre à Gaza, s’appuyant sur ses forces terroristes et ses responsables ministériels. Le Hamas, de l’autre côté, a déclaré vouloir former une plus haute commission nationale de son propre cru, dans le but de travailler plus étroitement avec ce gouvernement d’unité, devant superviser la reconstruction. Mais l’AP considère cette requête comme une tentative du Hamas pour mettre un pied dans ce processus, sachant que c’est quelque chose que les donateurs ne devraient pas tolérer, quand le Hamas perçoit ce refus de l’AP comme une tentative de marginaliser son rôle, statut et pouvoir, dont il jouit depuis la fin de cette guerre.
Lockman Slim directeur de l’ONG [Hayya Bina->https://www.facebook.com/pages/Hayya-Bina/208626812514828], située dans les banlieues du Sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, a déclaré à Now Lebanon que ces divisions palestiniennes son tune reproduction des divisions libanaises, à la suite de la guerre de juillet 2006. « Le Hamas veut disposer d’un Etat qui luiappartienne, aux dépends de l’entité qui existe déjà, l’AP, et de l’autorité législative déjà existante », dit-il. « La différence fondamentale, c’est que le Hamas forme déjà un « mini-Etat » géographiquement indépendant » et que l’AP a bien du mal à y mettre un pied. Si on s’appuie sur l’expérience libanaise, Slim pense qu’il y a très peu d’espoir que l’une de ces parties s’accordent avec les termes exigés par l’autre. La question des relations Hamas-Hezbollah, par-dessus le marché dépend totalement de qui aura le dernier mot à Gaza.
Prendre le contrôle de Gaza
Les analystes de Now pensent ainsi que Gaza, à l’heure actuelle, est tiraillée entre plusieurs acteurs, chacun ayant fait allégeance à une ou des puissances régionales, ayant chacun des intérêts géopolitiques divergents. Le Hamas ne représente, à présent, plus la totalité de Gaza et Gaza, en soi, ne peut plus être uniquement représentée par le Hamas seul. Les forces terroristes sont subdivisées en au moins 4 groupes principaux : le Hamas, le Jihad Islamique, le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et le Fatah.
Le Hamas insiste pour mettre en place un cadre grâce auquel le Qatar pourrait contribuer au processus de reconstruction. Mais, redoutant une mainmise croissante du Qatar, l’Egypte a vivement encouragé l’Arabie Saoudite à entrer dans la partie. Le Roi Abdallah a, déjà, promis d’investir 500 millions de $ dans cette reconstruction. Al-Masry Al-Youm, un organe de presse égyptien a publié un reportage, le mois dernier, disant, selon des sources israéliennes, que l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe avaient sauvé les négociations de trêve, en exprimant leur volonté de contribuer financièrement à la reconstruction de Gaza. L’Arabie Saoudite a stipulé que l’aide serait employée pour améliorer le niveau de vie des Palestiniens, sans pour autant, contribuer à renforcer le Hamas ni sa reconstruction des tunnels et de ses capacités militaires. Ce geste a été largement perçu comme visant à affaiblir l’influence du Hamas, mais sur ce point, le Hamas lui-même est divisé.
Selon une source palestinienne, l’Iran n’a plus d’influence directe sur toutes les forces combattantes à Gaza, mais cette influence varie d’un groupe à l’autre. Au sein même du Hamas, il existe des groupes qui visent à préserver cette alliance centrale avec l’Iran et le Hezbollah – parmi eux, les Brigades Ez-e-Din al Qassam – et d’autres plus enclins à favoriser les intérêts du Qatar et de la Turquie, de manière à garantir leur soutien sur le très long terme. Il subsiste bien des relations entre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, mais l’idée même qu’ils font partie du même axe est devenue obsolète », selon cette source.
Le Jihad Islamique est un allié plus proche de l’Iran que le Hamas, et si jamais l’Iran et le Hezbollah essaient de renforcer leur influence à Gaza, cela se fera aux dépends du Hamas. « L’Iran pariera sur plusieurs pions, plutôt qu’un seul et ne mettra pas tous ses œufs dans le panier du Hamas ».
Même si le Jihad Islamique ne parvient pas à avoir une influence aussi grande, le groupe terroriste pro-iranien a tout-à-fait le pouvoir de bousculer le cours des négociations. En gardant à l’esprit qu’il n’existe pas de « trêve finale » entre Gaza, Israël et l’Iran, qui peut toujours manifester ses intentions à travers les actes de sa filiale du Jihad Islamique, celui-ci peut rompre les discussions et approfondir les divisions déjà manifestes, entre le Hamas et l’AP.
NADINE ELALI
Publié le : 16/09/2014 04:57 PM
[now.mmedia.me/lb->https://now.mmedia.me/lb/en/reportsfeatures/563914-factionalism-in-post-war-gaza ]
Adaptation : Marc Brzustowski.
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