TEL AVIV —Israël montre ses muscles à sa frontière des hauteurs du Golan, avec les dernières technologies de pointe pour le recueil de renseignements et une nouvelle division de première ligne, se consacrant à combattre les menaces qui ne cessent de se multiplier, engendrées par la guerre qui fait rage en Syrie.


Des soldats Israéliens préparent leur véhicule blindé transport de troupes dans les hauteurs du Golan. Israël a créé une nouvelle division de première ligne pour combattre les menaces à la frontière avec la Syrie. (Jack Guez / Getty Images)

Inaugurée le mois dernier par le Lieutenant-Général Beny Gantz, le Chef d’Etat-Major de Tsahal, la nouvelle Division Bashan est une ancienne division de réserve reconfigurée pour la ligne de front, avec des forces d’active, chargée de défendre et de vaincre toutes menaces dans les secteurs des hauteurs du Golan et du Mont Hermon.

La division territoriale dédiée à cette tâche, faisant partie du Commandement Nord de Tsahal, comprend un nouveau bataillon de recueil d’information et de combat, soutenu par le système de renseignement global à capteurs multiples MARS et les dernières versions du réseau numérique Tzayad C4ISR, tous deux conçus par Elbit systèmes.


Programme de numérisation des Forces terrestres (acronyme hébreu ZAYAD)


Multipurpose Aiming Reflex Sight -MARS

“Nous avons mis cette division sur pied dans les hauteurs du Golan, dotée de forces qualitatives mieux préparées que jamais auparavant. Elle est taillée et concentrée pour gérer toutes les menaces changeantes » a déclaré le Général-Major Yaïr Golan, chef du Commandement Nord de Tsahal.


Capteurs portables

Jusqu’aux soulèvements des Printemps Arabes de 2011, qui ont déclenché le conflit interminable en Syrie, les 62 kms de la frontière du Plateau du Golan constituaient la frontière la plus calme de tout Israël. Depuis près de 40 ans, les incidents transfrontaliers étaient rares et rapidement contenus par les dictateurs syriens Hafez al-Assad et son fils Bachar, dont, aujourd’hui, le régime occupe à peine le territoire de la frontière, par quelques points de contrôle laissés à l’abandon ou isolés.

En réponse à deux incidents transfrontaliers en 2011 – où des centaines de manifestants civils se sont infiltrés sur le territoire annexé par Israël – Tsahal a fortifié la frontière, par des tranchées plus profondes, de nouvelles mines terrestres, des postes d’observation supplémentaires, des barbelés à boudin très résistants et des barrières plus hautes.

La nouvelle Division Bashan, disent les officiers d’ici, est le fruit de nouvelles évaluations, affirmant que Tsahal pourrait avoir à affronter des menaces bien plus importantes que des infiltrés civils, dans les mois et les années à venir.

Des forces soutenues par l’Iran.

Excepté trois ou quatre villages à la frontière encore contrôlés par les forces combattant pour le régime Assad, la frontière d’Israël sur le Plateau du Golan est largement entre les mains des rebelles. La plupart des zones contrôlées par les rebelles répondent des groupes du Jihad Global plus ou moins liés à Al Qaïda, disent ces officiers.

“Aujourd’hui, les rebelles contrôlent l’essentiel de la zone du sud des hauteurs du Golan”, affirme un officier de Tsahal. « Parmi les forces rebelles, les modérés sont de plus en plus exténués, alors que les radicaux deviennent toujours plus forts. Les modérés manquent d’un appui extérieur suffisant, et ils perdent le soutien de la population locale, tout cela bénéficiant aux radicaux ».

Le Général-Major Aviv Kochavi, le chef des renseignements militaires, a estimé qu’environ 30.000 membres du Jihad Global opèrent en Syrie.
“Il n’existe pas de Salafistes modérés. La Syrie est devenue un aimant pour ces terroristes venus d’Europe, d’Asie, d’Australie et même d’Amérique… et »>Article original leurs activités pourraient bien se traduire par des attaques d’une brutalité extraordinaire à nos frontières », a déclaré Kochavi, le 29 janvier à l’Institut israélien des Etudes de Sécurité Nationale ».


Aviv Kochavi

Dans une interview du 10 février, le Commandant en chef de Tsahal a caractérisé la menace de Jihad Global, liée à al Qaïda aux frontières d’Israël avec la Syrie et le Liban, comme un sous-produit des changements tectoniques qui balaient la région.

“Pour le moment, ils ne nous combattent pas, mais nous connaissons leur idéologie… Il se pourrait que, dans les mois à venir, nous nous trouvions entraînés dans une conflagration directe avec eux », a-t-il dit.

Même plus embarrassants que la menace rebelle radicale, on estime à 4.000 à 5.000 membres des forces du Hezbollah et un renfort de 2.000 volontaires irakiens combattant en Syrie, au nom du régime Assad. De plus, des centaines de conseillers, superviseurs et commandants des Forces al Qods des Gardiens de la Révolution islamique iranienne fournissent des procédures de commandement et de contrôle tactiques dans les combats contre les rebelles.

“Ce nouveau phénomène de la présence du Jihad Global à nos frontières est préoccupant, mais on ne doit pas faire de confusion. Notre ennemi mortel demeure l’axe du mal toujours puissant, que forment le Hezbollah, la Syrie et le régime iranien », déclarait le Commandant en chef de Tsahal.

Le Commandement Nord évalue qu’il y a peu d’intérêt, aussi bien de la part du régime que des forces rebelles, à provoquer des attaques directes contre Israël, pour l’année à venir, alors que les deux camps sont focalisés sur cette guerre qui a fait plus de 140.000 morts et déplacé plus de six millions d’autres, au cours des trois dernières années.

“Notre évaluation, c’est qu’Assad sera moins impliqué dans les secteurs à nos frontières tout au long de 2014… Il préférera se concentrer sur les zones sous son contrôle et intensifier sa stratégie de siège, de famine et de punition des centres de population rebelle », estime l’officier supérieur de Tsahal.

Quoi qu’il en soit, Israël est prêt à faire face à tout débordement de violence entre des groupes en guerre ou toute tentative des Jihadistes globaux de provoquer Israël pour que Tsahal entre en action contre le Hezbollah combattant aux côtés des Syriens.

Le Commandement Nord évalue la probabilité comme très élevée que les combats éclatent entre le régime et les forces rebelles à Dera’a, cette ville proche de la frontière partagée entre Israël, la Syrie et la Jordanie, où le soulèvement a débuté en 2011.

“Le seul endroit qui intéressera le régime, en 2014, le long de notre frontière, c’est le secteur de Dera’a, où Assad tentera de verrouiller le réapprovisionnement des rebelles depuis la Jordanie », dit cet officier supérieur.

La Division Bashan aura pour mission de lancer les représailles par une réplique instantanée à toute attaque et débordement de violence à l’intérieur de son territoire. « Rester passif n’est pas une option, si vous cherchez à préserver une bonne dissuasion », souligne le Général Major Gershon Ha’cohen, commandant du Corps de Tsahal dans le Nord.

16 février 2014 – 02:47PM |
Par BARBARA OPALL-ROME

Email: bopallrome@defensenews.com Article original.

defensenews.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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