Jérusalem: l’impasse de la violence

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La construction de parapets en béton à proximité des stations de transport public, comme cela avait été le cas à l’époque de la première Intifada pour protéger les points de ramassage de soldats et d’écoliers, ne peut en aucun cas représenter une réplique appropriée. La seule réaction possible est l’action en amont, auprès des initiateurs de ces actions, à savoir les cellules terroristes, généralement dirigées par d’anciens prisonniers palestiniens, libérés dans le cadre des accords d’échange de Gilad Shalit ou d’autres otages israéliens.

Il est clair qu’il ne s’agit pas, comme le prétend l’Autorité palestinienne, d’actes spontanés ou de l’expression d’une colère suite à telle ou telle mesure israélienne. Israël doit faire face à une campagne entièrement orchestrée qui consiste à déstabiliser son pouvoir à Jérusalem, tout en délégitimant sa présence dans la ville auprès des chancelleries occidentales. Nulle politique n’est irréprochable, et celle du gouvernement israélien dans la réalité complexe de Jérusalem ne fait pas exception à la règle. Les minorités vivant dans la capitale ont acquis des droits et sont en mesure de revendiquer de meilleurs services ou prestations de la part de la municipalité dans certains domaines.

Cependant ce n’est pas de cela qu’il s’agit aujourd’hui et encore moins d’exigences dans le respect du culte musulman dans les mosquées. Cette vague de terrorisme a deux objectifs, le premier est d’embraser la violence à Jérusalem afin d’obtenir une intervention internationale en raison du statut particulier de cette ville dans les esprits, à travers le monde chrétien et musulman. Le second est de forcer Abou Mazen à durcir ses positions dans les tractations avec Israël, afin d’aboutir à une rupture des relations entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement de Netanyahou.

Les milieux proches du Hamas et du djihad islamique essaient de retrouver un nouvel élan depuis quelques semaines en Judée Samarie et à Jérusalem, puisqu’à Gaza l’Egypte et Israël continuent à exercer de fortes pressions au lendemain des attentats sanglants contre l’armée du Caire dans le Sinaï.

On comprend par la nature des attentats commis à Jérusalem que les cellules terroristes ne disposent pas d’importantes réserves d’armes ou d’explosifs et on peut imaginer ce qui se passerait si Israël ne contrôlait pas les frontières avec la Jordanie et la Syrie. Si demain se créait un Etat palestinien non démilitarisé, nous nous trouverions dans une situation comparable à celle de la seconde Intifada des années 2000, non seulement à Jérusalem mais dans d’autres zones où existent des points de passage.

Cette douloureuse expérience passée a montré qu’il ne fallait pas tergiverser trop longtemps avant de traiter le problème en éradiquant ses racines.

Michaël Bar-Zvi

Chronique du 6 novembre 2014

Yod Gimel Hechvan 5775

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