Quelque 700 médecins internes des hôpitaux publics israéliens menaçaient lundi de démissionner et de provoquer une crise majeure dans la santé publique en raison d’un conflit prolongé avec le Trésor sur leurs salaires et leurs conditions de travail.
Près de 300 internes ne se sont pas présentés dans la matinée dans leurs établissements hospitaliers et 400 autres ont l’intention de les imiter à partir de lundi minuit après avoir remis leurs lettres de démission, selon les médias.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, les représentants des internes ont annoncé que les lettres personnelles de démission devaient prendre effet dans la soirée, faute de compromis.

Dans un ultime effort de conciliation, les internes ont exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui détient aussi le portefeuille de la Santé, à trouver une solution.

Les internes réclament d’importantes augmentations salariales et la réduction du nombre de leurs permanences.

« Le Trésor a mis les internes au pied du mur. Les gens ne comprennent pas la gravité du problème », a déclaré le docteur Doron Norman, de l’hôpital public Rambam de Haïfa (nord), avertissant qu’il y aurait « des décès » en raison de cette crise.

Selon les internes, ces revendications sont encore plus nécessaires dans les agglomérations pauvres du sud et du nord d’Israël afin d’y attirer les jeunes médecins.

Cette crise s’inscrit dans un climat de contestation sociale et de protestation contre la vie chère qui affecte Israël depuis plusieurs mois.

Les directeurs des trois principaux hôpitaux gouvernementaux ont rencontré dans la nuit de dimanche à lundi des représentants du ministère des Finances pour défendre les revendications des internes.

« Nous avons demandé une rallonge de 400 millions de shekels (80 millions d’euros) pour satisfaire aux demandes des internes (…) Ce n’est pas énorme, puisque chaque hôpital public gère entre un et deux milliards de shekels », a déclaré à la radio le professeur Rafy Biar, directeur de l’hôpital Rambam de Haïfa.

Interrogé à la radio publique, un responsable du ministère des Finances, Yigal Hershkowicz, s’est  déclaré prêt à procéder à des « ajustements » répondant à certaines exigences des internes « dans le cadre d’une convention collective » récemment signée avec le syndicat des médecins et la centrale syndicale Histadrout.

Les internes, qui ne sont pas représentés par un syndicat catégoriel, s’estiment lésés par cette convention collective et ont engagé il y a deux mois une épreuve de force avec le Trésor, jugée illégale par les prud’hommes.

A la suite de cette décision de justice, les internes ont déjà accepté à deux reprises de reporter d’un mois l’échéance de leur démission collective, avant que M. Netanyahu ne promette d’intervenir il y a une semaine.

Dans un communiqué de son bureau, ce dernier a demandé lundi matin aux internes de reporter à nouveau de deux semaines leur menace de démission « pour lui permettre de trouver une solution à la crise, conformément à ses engagements ».

JERUSALEM, 10 oct 2011 (AFP)

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