Le texte, qui a été accepté par 35 voix contre 15, donne aux juges la possibilité d’assortir les condamnations pour meurtres de «circonstances extraordinairement graves», qui empêcheront le gouvernement de libérer les meurtriers. Cette loi n’a pas d’effet rétroactif pour les prisonniers qui purgent actuellement leur peine.

D’après ses défenseurs, il s’agit d’empêcher la libération de «terroristes» dans le cadre d’échanges de prisonniers ou d’accords politiques. Le texte contient toutefois une clause permettant au chef de l’Etat de procéder à des amnisties, y compris pour de futurs prisonniers.

Il a été introduit après la libération de 78 prisonniers lors du dernier cycle de négociations de paix, entamé par le secrétaire d’Etat américain John Kerry en 2013.

«Mourir en prison»

Ces libérations avaient indigné l’extrême droite israélienne et le gouvernement avait alors refusé de libérer comme prévu un quatrième et dernier contingent de 26 prisonniers palestiniens. La nouvelle initiative de paix avait échoué en avril.

«La libération massive de terroristes dans le cadre d’accords diplomatiques est une moquerie à l’égard des Israéliens, tout comme le sont les remises de peine en faveur des meurtriers», selon la députée Ayelet Shaked, du parti nationaliste religieux Foyer juif, à l’origine de cette nouvelle loi approuvée en juin par l’exécutif.

«Cette loi permet de restaurer la morale dans la politique menée par Israël envers les terroristes, qui doivent mourir en prison, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent», a fait valoir le ministre de l’Economie Naftali Bennett, chef du Foyer juif.

Composante de tout accord

Pour Nitzan Horowitz, député du Meretz (parti d’opposition de gauche), «tout accord politique implique un échange de prisonniers qui ont pris part au conflit. Si cette loi avait été appliquée dans le passé, Gilad Shalit n’aurait pas été libéré».

En 2011, le gouvernement israélien avait consenti à libérer un millier de prisonniers palestiniens contre le soldat Gilad Shalit, enlevé par un commando palestinien à la lisière de la bande de Gaza en 2006. Cet échange avait été critiqué par une partie de la droite et l’extrême droite.

Pour Zehava Galon, à la tête de Meretz, le Foyer juif cherche à empêcher tout accord de paix avec les Palestiniens.

[20 Minutes
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