L’une des principales ONG israéliennes de défense des droits de l’Homme, l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), a dénoncé dimanche la mise en oeuvre de lois ou de projets de loi « anti-démocratiques » par le gouvernement Netanyahu.
« Depuis deux ans se dessine en Israël une tendance de plus en plus forte en vue de promulguer des lois anti-démocratiques », écrit l’ACRI dans son rapport annuel.
Selon l’association, une série de lois votées par la Knesset (Parlement) ou en préparation avec l’appui du gouvernement de droite de M. Netanyahu, en place depuis avril 2009, menace la « liberté d’expression, la liberté d’association et même la liberté de pensée ».
L’ACRI fustige ainsi la loi du 23 mars 2011 autorisant le ministère des Finances à couper les aides à des organismes qui commémorent la « Nakba » (« catastrophe » en arabe), l’exode des Palestiniens ayant accompagné la création d’Israël le 15 mai 1948 et la guerre israélo-arabe qui a suivi.
L’ACRI a présenté un recours contre cette loi devant la Cour suprême en mai dernier, qui est encore en cours d’examen.
L’association stigmatise également la loi du 11 juillet qui sanctionne tout appel au boycottage des implantations juives dans les Territoires, en estimant qu’elle porte atteinte à « une forme de protestation non violente et légitime ».
Elle s’élève contre toute une série de projets de loi, dont celui, déjà voté en première lecture en novembre par la Knesset, visant à aggraver de façon draconienne la législation sur la diffamation, qui a suscité une levée de boucliers des journalistes.
L’ACRI proteste contre le feu vert donné en novembre par le gouvernement à un projet de loi ciblant le financement d’ONG israéliennes hostiles aux implantations juives.
Par ailleurs, elle condamne la « répression systématique de manifestations » en Judée-Samarie même si les protestataires n’ont pas recours à la violence.
L’ACRI dénonce également les pressions exercées par le service de la sécurité intérieure, le Shin Beth, sur des militants palestiniens ou Arabes israéliens, sous forme de convocations pour interrogatoire ou autres moyens.
Enfin, elle critique les mesures policières –infiltration, démantèlement de tentes d' »indignés »– visant à contenir la vague de contestation sociale qui a déferlé l’été dernier en Israël, saluant un mouvement qui « a prouvé que des individus tout comme des groupes sont décidés à prendre leur destin entre leurs mains et à défendre leurs droits ».
L’ACRI semble occulter l’existence du terrorisme palestinien et arabe et de la guerre que l’Etat hébreu se voit obliger de mener contre pour protéger ses populations civiles notamment.
JERUSALEM, 4 déc 2011 (AFP)
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