Barack Obama et Mitt Romney se sont disputé lundi soir le titre de plus ardent soutien d’Israël mais sont tombés d’accord pour affirmer qu’une frappe militaire visant le complexe nucléaire de l’Iran devait rester une option de « dernier ressort ».Le programme nucléaire iranien, soupçonné par l’Occident de servir des visées militaires et que les sanctions économiques ne semblent pas avoir interrompu, sera sans doute l’un des principaux dossiers de politique étrangère auxquels devra s’attaquer le vainqueur du scrutin présidentiel du 6 novembre.

Mais lors de leur troisième et dernier débat lundi soir, les deux prétendants à la Maison blanche n’ont pas montré de divergences claires sur ce dossier, soulignant l’un comme l’autre la nécessité des pressions économiques et réaffirmant le soutien des Etats-Unis à Israël.

« Si Israël est attaqué, nous serons derrière lui, pas seulement diplomatiquement, pas seulement culturellement, mais aussi militairement », a dit Mitt Romney.

« Je serai aux côtés d’Israël s’il est attaqué », a promis de son côté Barack Obama.

Un recours éventuel d’Israël à des frappes militaires contre des sites nucléaires en Iran placerait les Etats-Unis dans une situation délicate en menaçant de les impliquer directement dans un conflit armé au Proche-Orient.

L’actuel locataire de la Maison blanche a souvent déclaré que toutes les options étaient envisagées dans ce dossier, tout en soulignant qu’il fallait laisser leur chance à la diplomatie et aux sanctions.

« FOLIE NUCLÉAIRE »

Lundi, ni lui ni Mitt Romney n’ont précisé quelle serait leur attitude si Israël attaquait unilatéralement l’Iran. Le candidat républicain a même ignoré une question sur ce qu’il ferait dans le cas où le Premier ministre israélien lui annonçait par téléphone que des bombardiers de Tsahal s’apprêtent à prendre pour cible des installations nucléaires en Iran.

« Le désaccord que j’ai avec le gouverneur Romney, c’est que pendant cette campagne, il a souvent parlé comme si nous devions prendre des initiatives militaires prématurées », a dit le président sortant. « Je crois que ce serait une erreur parce que quand j’ai envoyé de jeunes hommes et femmes sur le chemin de la guerre, j’ai toujours su que c’était le dernier recours, pas le premier recours. »

Les deux hommes ont toutefois souligné l’importance d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

« Nous devons augmenter encore et encore la pression sur l’Iran car il n’y pas d’autre issue (…) qu’une solution à cela (…) à leur folie nucléaire, qui est inacceptable pour l’Amérique », a déclaré Mitt Romney.

« Et bien sûr, une action militaire est un dernier recours. »

Mitt Romney a repris lundi un argument souvent utilisé dans sa campagne en reprochant au président sortant d’avoir manqué à ses devoirs d’ami d’Israël, soulignant entre autres que Barack Obama ne s’était pas rendu une seule fois dans l’Etat hébreu depuis son entrée en fonctions en janvier 2009.

SYNCHRONES

A l’évidence embarrassé par ce rappel, Barack Obama a rappelé que lors de sa campagne de 2008, il était allé à Sderot, une ville israélienne régulièrement prise pour cible par des missiles tirés par le Hamas depuis la bande de Gaza. Et il a ajouté que son administration avait financièrement soutenu le développement du « Dôme de fer », le système de défense anti-missile israélien.

Pour Rick Nelson, expert en sécurité internationale au Center for Strategic and International Studies, le débat de lundi soir sur la politique étrangère a été globalement « décevant ».

« Je trouve qu’ils ont dit tous les deux la même chose sur l’Iran. Leurs politiques ne sont pas très différentes », explique-t-il. « Je n’ai vu aucune différence de politique concernant l’Iran, ni concernant Israël. Ils sont synchrones sur le sujet. »

Concernant la Syrie, Mitt Romney a tenté de pousser son adversaire dans ses retranchements en lui reprochant de n’avoir joué qu’un rôle de second plan depuis le début de la crise.

« Ce dont j’ai peur, c’est du fait que depuis un an environ, nous voyons le président dire ‘eh bien, laissons l’Onu s’en occuper », a-t-il dit. « Nous devrions jouer un rôle de leader dans ce dossier. »

Pour l’ex-gouverneur du Massachusetts, les Etats-Unis devraient s’employer avec leurs alliés à organiser l’opposition syrienne et « s’assurer qu’ils disposent des armes nécessaires pour se défendre ».

Barack Obama, lui, s’est une nouvelle fois dit confiant dans le fait que « les jours d’Assad sont comptés ».

« Mais nous ne pouvons pas simplement suggérer, comme l’a fait plusieurs fois le gouverneur Romney, que donner par exemple des armes lourdes à l’opposition syrienne est une proposition qui nous permettrait d’être plus en sécurité à l’avenir ».

Marc Angrand pour le service français, édité par Henri-Pierre André

par Tabassum Zakaria

WASHINGTON (Reuters) Article original

« L’Iran est un bon exemple de la différence de ton mais de la convergence de vues des deux candidats. Les sanctions incapacitantes (crippling) sont la première solution retenue par les deux hommes, la guerre restant en revanche une solution de dernier ressort. En ce qui concerne Israël, ils ont tous les deux fait surenchère d’assurances de fidélité et de soutien indéfectible. On peut voir ici aussi un effet « recentrage » de Mitt Romney, qui avait dans le passé accusé Obama de vouloir « jeter Israel sous le bus », mais n’a pas réitéré cette fois-ci de telles attaques. Il a également décrit la nécessité d’une politique d’engagement par rapport au monde arabe, ce qui est une position peu conforme à celle des républicains les plus durs. »

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