Le journaliste algérien de France Culture, Khaled Sid Mohand, détenu pendant une vingtaine jours en Syrie, a raconté mardi au cours d’une conférence de presse à Alger sa mésaventure dans ce pays où il dit ne pas avoir été « torturé » mais « tabassé ».
Khaled Sid Mohand a affirmé avoir été arrêté par les Moukhabarat (services de renseignements) après être tombé dans un piège.
« Une femme prétendant être une activiste et ayant des informations à me donner, m’a fixé rendez-vous dans un café. Tout de suite, j’ai compris qu’elle n’était pas une activiste car elle me posait des questions bizarres concernant mon travail », a-t-il déclaré. « Elle était une des prostituées irakiennes que les Moukhabarat ont recruté. Et avant même que je termine ma tasse de café, je fus encerclé par sept membres des Moukhabarat ».
Arrêté le 9 avril à Damas, ce journaliste indépendant âgé de de 40 ans, qui travaille également pour le quotidien Français Le Monde, avait été remis le 3 mai à l’ambassade d’Algérie en Syrie.
« J’ai été tabassé mais je n’ai pas été torturé. Cependant, j’entendais les cris d’autres détenus. J’ai entendu des hommes crier comme des femmes et des enfants une demi heure après avoir commencé à subir la torture », a-t-il expliqué.
Khaled Sid Mohand a précisé être sorti indemne de ses 24 jours de détention car, a-t-il dit, « je connaissais très bien les risques que j’encourais et la nature du régime » en Syrie, où il vécu pendant trois ans.
Le journaliste a remercié les autorités algériennes algériennes qui ont obtenu sa libération. « Je ne sais pas qui a négocié avec qui. J’ignore encore les motifs officiels de mon arrestation. Je n’ai été ni jugé, ni inculpé, ni expulsé officiellement du territoire syrien », a-t-il dit.
Le régime de Bachar al-Assad est confronté depuis près de six mois à un mouvement de contestation sans précédent réprimé dans le sang.
ALGER, 27 sept 2011 (AFP)
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