En Judée-Samarie/Cisjordanie, les foyers de mécontentement bouillonnent, sous le contrôle affaibli de l’Autorité Palestinienne, pouvant mener à d’autres attentats comme celui de Bat Yam.


Un manifestant palestinien brûlant un pneu au cours de heurts avec les forces israéliennes, dans le camp de Qalandia (photo credit: Issam Rimawi/Flash90)

L’explosion de dimanche, dans un bus à Bat Yam Article original n’est pas survenu comme une surprise, loin de là.

Les territoires montent, généralement, en pression, avec le sentiment que le processus politique ne mène nulle part, du fait de l’opposition à l’extension des constructions et un nombre relativement élevé de pertes, du côté palestinien – trois la semaine dernière, en Judée-Samarie-Cisjordanie et Gaza et 28, depuis le début de l’année, lors d’incursions sécuritaires de Tsahal en vue d’arrestations – tout cela tend à amplifier les troubles contre Israël.

Chaque semaine qui passe, on assiste à des tentatives d’attentats supplémentaires, la plupart étant déjouées par Tsahal, parfois par les forces de sécurité palestiniennes. Mais, certaines d’entre elles parviennent à passer entre les mailles du filet, malgré l’effort significatif des appareils de sécurité, des deux côtés. La semaine dernière, le Haaretz a mentionné que le Hamas avait planifié 80 attaques différentes depuis la libération de Gilad Shalit, en octobre 2011, la plupart dirigées par ces anciens prisonniers libérés, grâce à cet accord, qui vivent à Gaza ou dans des endroits comme la Turquie.

Erdogan finance, désormais, le Hamas à hauteur de 250 millions de $ par an, selon les services de renseignements israéliens, devenant, ainsi, le principal soutien du régime islamique à Gaza. Ces fonds parviennent, essentiellement par des sources privées, mais en parfaite coordination avec Erdogan et ses aides de camps, comme Hakan Fidan, l’homme de Téhéran, au sein des services turcs. La Turquie travaillait de concert avec le Qatar, ayant promis 400 millions de $, mais qui se trouve en crise durable avec le Caire et s’abstient de trop se faire remarquer. Ankara héberge ainsi une présence du Hamas, dans la capitale turque, Salah Al Arouri , qui facilite ces transferts de fonds, essentiellement en direction de la Judée-Samarie-Cisjordanie, pour y fomenter des coups porteurs. La Turquie fournirait aussi un entraînement paramilitaire aux membres du Hamas. Israël a demandé aux membres de l’OTAN, en particulier aux Etats-Unis de contribuer à mettre un terme à cette coopération active d’Erdogan avec le terrorisme. Jérusalem affirme que cela affaiblit également l’Autorité Palestinienne, à l’heure de négociations d’autant plus épineuses. Une telle configuration ne fait qu’aggraver le nombre et le style d’attaques, par ce groupe ou d’autres, voire des Palestiniens censés agir en « loups solitaires », jusqu’à preuve du contraire.

Mais, au contraire de la série d’attaques isolées qui ont tué cinq Israéliens depuis le début de 2013, l’explosion d’hier à Bat Yam ne semble pas relever d’une initiative individuelle de la part de Palestiniens décidés à tuer, coûte que coûte, des Israéliens. Cette fois, Israël est confronté au fruit d’une infrastructure organisée, même si elle ne semble pas particulièrement sophistiquée – au moins, sur la base des informations qu’on a pu glaner, sur la taille et la qualité de l’engin explosif, employé dans l’attentat.

On ne sait pas si l’attaque était directement liée au Hamas, en tant qu’exécutant ou donneur d’ordre, mais ce groupe terroriste, qui a fait l’éloge de cette tentative, heureusement avortée, a un intérêt tout particulier à une escalade des hostilités avec Israël – mais surtout et seulement en et depuis la Judée-Samarie/Cisjordanie. A Gaza, en revanche, l’organisation attache un intérêt particulier à maintenir un calme relatif. L’arrivée de Kerry dans la région peut lui faire craindre quelques progrès dans les négociations, alors qu’elle-même est sous la double-pince de la pression conjuguée d’Israël, mais surtout de l’Egypte.

L’organisation sent aussi que le terrain paraît favorable, dans les territoires, particulièrement dans ce qu’on appelle improprement les « camps de réfugiés ». D’un côté, cette agitation se manifeste au cours des opérations de Tsahal, qui entraînent immédiatement des centaines de résidents dans des confrontations violentes et semble t-il, préparées. Mais elle se tourne aussi contre l’Autorité Palestinienne, une tendance qu’on voit apparaître ce week-end, quand des dizaines de jeunes ont pris les rues d’assaut et brûlé des pneus, à Tulkarem, pour protester contre les projets de l’AP et de la municipalité d’installer des compteurs électriques dans les maisons (la plupart des Palestiniens ne payant pas leurs factures ou détournant les sources électriques, aggravant considérablement la dette de l’AP vis-à-vis d’Israël ).

Au moins plusieurs camps dits de “réfugiés” deviennent des no-man’s-land, les forces palestiniennes aussi bien que Tsahal comprenant qu’il est difficile d’y entrer sans inévitablement conduire à des complications et des heurts.


Bat Yam, dimanche 22 Décembre 2013 (photo credit: Yossi Zeliger/Flash90)

La critique de l’appareil de sécurité israélien est sévère envers les forces de sécurité palestiniennes, concernant, principalement, la carence d’opérations significatives à l’intérieur des camps, d’où émanent la plupart des alertes de projets d’attentats. Alors que dans les grandes villes, l’AP a prouvé, plus ou moins, ses capacités et sa motivation à maintenir l’ordre, il semble que le prix en soit les frictions avec les résidents des soi-disant « camps de réfugiés », l’AP cherchant justement à éviter toute confrontation avec la « pépite » de la Cause palestinienne, des générations d’insurgés potentiels sous perfusion de l’UNRWA et des gouvernements occidentaux, qu’elle ne saurait, à aucun prix « réprimer », sans faire voler en éclat sa propre pseudo-légitimité déjà sérieusement écornée par ses traditions de corruption. Cette abstention prend des proportions tellement prononcées, qu’en visitant le camp de Balata (Issa Icharoff), le week-end dernier, j’ai entendu que l’absence de toute police avait facilité une augmentation considérable du nombre de crimes.

Cette semaine, un troisième contingent de vétérans, parmi les prisonniers sécuritaires doit être libéré par Israël, pour payer le « bail » aux Palestiniens, et la légitimité suffisante pour continuer de « négocier ». A en juger avec les rapports émanant du côté palestinien, il apparaît que ces libérations intempestives coïncident, plus ou moins, avec la présentation, par le Secrétaire d’Etat John Kerry, d’un cadre d’accord pour Israël et l’AP. Ce qui resterait à voir c’est si ces deux évènements à venir auront la moindre incidence pour restaurer un certain calme, ou s’ils ne vont que répandre un peu plus d’huile sur le feu de ces territoires rétifs.

PAR AVI ISSACHAROFF 23 Décembre 2013, 10:39 am 0

timesofisrael.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski

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