BEYROUTH (AP) — La Syrie a enterré 22 membres de ses forces armées samedi tandis que le gouvernement menacé de sanctions par la Ligue arabe défendait la répression d’un mouvement anti-Assad qu’il impute à des terroristes et des agents de l’étranger.

Des activistes ont fait état d’au moins 13 civils tués samedi, dont 12 dans la province centrale de Homs, et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Londres, de la mort de dix soldats dans des combats avec des déserteurs dans l’est dans la nuit de vendredi à samedi.

Une commission de la Ligue arabe s’est entendue samedi sur un projet de sanctions destinées à amener Damas à cesser la répression de la contestation qui a fait plus de 3.500 morts depuis la mi-mars, selon l’ONU. La Ligue devait se prononcer par vote sur ces recommandations dimanche.

L’organisation de 22 Etats envisage notamment de mettre fin à la coopération avec la Banque centrale syrienne et de suspendre les liaisons avec la Syrie.

L’Union européenne et les Etats-Unis ont déjà pris plusieurs séries de sanctions, comprenant notamment l’interdiction d’importer du pétrole syrien, pour tenter de faire plier le président Bachar el-Assad et son régime, l’un des plus autoritaires du monde arabe, mais des sanctions de la Ligue arabe, une organisation régionale, auraient un poids symbolique fort.

De nombreux observateurs se montrent cependant sceptiques sur les chances que des sanctions arabes mettent fin au bain de sang en Syrie et beaucoup craignent que le pays ne bascule dans la guerre civile, au risque que l’instabilité ne se propage à toute la région.

Jusqu’à peu, la plupart des violences étaient causées par les tirs des forces de sécurité contre les manifestants globalement pacifiques, mais on signale de plus en plus souvent des combats entre des déserteurs de l’armée ou des civils armés et les forces gouvernementales. Une évolution que certains considèrent comme une occasion pour le régime de justifier la répression.

Des militants syriens ont fait état de violents affrontements vendredi et samedi entre militaires et déserteurs. Un dissident habitant en Egypte, Thaer al-Nashef, a quant à lui affirmé que son épouse âgé de 25 ans et enceinte avait été brièvement enlevée au Caire par des agents du renseignement syrien. L’ambassade de Syrie a rejeté cette accusation.

De son côté, le ministère syrien de l’Information a conduit des journalistes syriens à Homs samedi pour les funérailles de 17 membres des forces armées afin de montrer que c’est le régime qui est attaqué.

La Syrie a interdit son territoire aux journalistes étrangers et empêche la couverture indépendante des événements qui permettrait de vérifier les informations de source indépendante. AP

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