Le charismatique imam chiite libanais Moussa Sadr, disparu au cours d’une visite en Libye en 1978, a été « liquidé », a affirmé un ancien responsable libyen proche de Mouammar Kadhafi dans une interview à la chaîne Al-Aan basée à Dubaï.
« Je suis témoin qu’il est venu (…), qu’il est arrivé en Libye », a affirmé Ahmed Ramadan, selon la chaîne est en état d’arrestation en Libye, qui était l’une des personnalités les plus influentes de l’entourage proche de Mouammar Kadhafi.

D’après lui, trois responsables de l’ancien régime ont accueilli Moussa Sadr à son arrivée à l’aéroport avant de le conduire chez « Mouammar (Kadhafi, qui) l’a accueilli dans son bureau » et l’entrevue a duré deux heures et demie.

Deux de ces responsables ont ensuite « emmené les invités », à savoir l’imam et ceux qui l’accompagnaient, et « à 100%, ce qu’on a entendu dire c’est qu’il a été liquidé », a poursuivi M. Ramadan.

« Ce sont eux qui l’ont pris et ce sont eux qui l’ont liquidé », a-t-il dit estimant « possible » que Mouammar Kadhafi en ait donné l’ordre parce qu’après l’entrevue « il a dit: +emmenez-le+ ».

Ahmed Ramadan dit avoir obtenu l’information auprès de « certaines sources à l’époque » ainsi qu’auprès de l’un des trois responsables impliqués, décédé depuis. Il assure également que « des dossiers entiers (se trouvent) à la Justice, aux Affaires étrangères et à l’Association Kadhafi pour les droits de l’Homme » et corroborent ses dires.

Les deux autres hommes sont toujours vivants et se trouvent à Tripoli, la capitale libyenne, a-t-il affirmé. Quant à la dépouille de l’imam Moussa Sadr, elle se trouverait soit à Janzour, soit à Sebha (sud).

Le représentant, alors démissionnaire, du régime de Kadhafi auprès de la Ligue arabe, Abdel Moneim al-Honi, avait indiqué en février que Sadr a été tué et enterré dans la région de Sebha.

Moussa Sadr avait été officiellement invité en Libye, où il est arrivé en août 1978 accompagné de son bras droit et d’un journaliste. Ils n’ont plus donné signe de vie depuis. Tripoli a toujours affirmé que l’imam avait quitté la Libye pour l’Italie.

L’imam Sadr avait insufflé à la communauté chiite libanaise une fierté et un élan qui la transformèrent d’une minorité pauvre et marginalisée en une force incontournable au Liban et dans la région.

Benghazi (Libye), 9 nov 2011 (AFP)

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