Le mouvement islamique jordanien, principale force d’opposition dans le pays, a exigé dimanche que les services de Renseignements et le palais cessent de leurs ingérences, notamment dans les affaires gouvernementales.
Un jour après avoir annoncé leur décision de ne pas participer au gouvernement d’Aoun Khassawneh, un juge à la Cour internationale de justice à La Haye, les Frères musulmans (FM) et le Front de l’Action Islamique (FAI) ont présenté une liste de 17 revendications au Premier ministre désigné.
Le document signé des chefs du FAI et des FM, Hamzeh Mansour et Hammam Saïd, affirme que « les ingérences des services de Renseignements et du palais royal doivent cesser afin que le gouvernement puisse avoir les pleins pouvoirs au niveau exécutif, comme le prévoit la Constitution ».
« Les services de sécurité doivent cesser de s’ingérer dans la vie civile et politique, en particulier dans les mosquées, les universités, les organismes de bienfaisance et au travers des nominations », selon le texte publié sur le site internet des Frères musulmans.
Après avoir demandé « davantage de réformes constitutionnelles », les islamistes appellent le gouvernement à « combler le fossé entre les citoyens et les institutions étatiques qui s’est récemment élargi en raison de la répression et de la corruption ».
Appelant à un programme économique « raisonnable et sage », le mouvement exhorte aussi le gouvernement à « entamer un dialogue avec les forces politiques locales, renforcer les libertés et protéger les manifestants pro-réformes de l’intimidation et des attaques ».
Samedi, les Frères musulmans et le FAI avaient annoncé leur décision de ne pas participer au gouvernement car les « circonstances ne sont pas mûres ».
« Le pessimisme a remplacé la satisfaction première, car selon des fuites, il semble que ce gouvernement ressemblera aux précédents », avaient-ils dit.
Aoun Khassawneh, 61 ans, juge à la Cour internationale de justice à La Haye depuis 2000, a été nommé lundi Premier ministre par le roi Abdallah II, qui lui a demandé de mener des réformes. Selon son entourage, M. Khassawneh doit annoncer lundi la composition de son nouveau gouvernement.
AMMAN, 23 oct 2011 (AFP)
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