Trois civils ont été tués samedi par les forces armées en Syrie et des dizaines d’autres arrêtés, alors que les médias officiels ont évité de commenter la mort de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Les militants pro-démocratie se sont en revanche félicités du sort du dirigeant déchu capturé et tué jeudi après huit mois d’insurrection en Libye. Ils ont appelé à de nouvelles manifestations dimanche dans tout le pays sous le slogan « C’est ton tour », en référence au président syrien Bachar al-Assad.
Parallèlement, l’Iran a durci le ton à l’égard de son allié syrien en « condamnant » pour la première fois « les morts et les massacres » dus à la répression en Syrie, qui a fait, selon l’ONU, plus de 3.000 morts depuis le début mi-mars du mouvement de contestation.
« Nous condamnons les morts et les massacres en Syrie, que les victimes appartiennent aux forces de sécurité, à l’opposition ou à la population », a déclaré président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la chaîne américaine CNN.
Ces propos interviennent alors que la Turquie, autre ancien allié de Bachar al-Assad, a coupé les ponts avec les autorités syriennes et insiste pour que Téhéran infléchisse son soutien au régime de Damas.
Sur le terrain, les violences n’ont pas cessé. « Un homme a été tué ce matin à l’aube dans le village de Maar Horma, dans la région d’Idleb (nord-ouest), dans des affrontements entre l’armée syrienne et des hommes armés, probablement des déserteurs », a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni.
Et deux civils ont péri à Homs, haut lieu de la contestation à 160 km au nord de Damas, l’un lors de perquisitions et l’autre sous le feu d’un tireur embusqué.
Dans le même temps, « près de 5.000 membres des forces armées syriennes et de sécurité ont pris d’assaut à l’aube les localités de Zamalka, Hamourié, Kafar Batna, Saqba, Erbine et Harasta, à la périphérie de Damas, arrêtant des dizaines d’habitants », a indiqué l’OSDH.
Vendredi, au moins 19 civils avaient été tués par les forces de sécurité dans le pays, dont 15 à Homs, selon des militants.
Malgré la répression, les manifestants sont descendus par milliers vendredi dans les rues dans de nombreuses villes pour appeler à la chute du régime de M. Assad et crier leurs « félicitations » au peuple libyen après la mort de Mouammar Kadhafi.
« Il semble que la mort de Kadhafi vienne clore un chapitre. Si la situation se stabilise en Libye, la pression sera extrêmement forte sur Bachar al-Assad », a commenté à l’AFP Jean-Yves Moisseron, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement.
Damas, 22 oct 2011 (AFP)
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