Le syndicat des juges égyptiens a dénoncé samedi une multiplication des agressions de la part des avocats et appelé les magistrats à ne plus siéger tant qu’ils n’auraient pas obtenu des garanties de sécurité de la part des autorités.
« Il ne fait aucun doute que l’autorité judiciaire en Egypte est en danger », a annoncé le Club des Juges dans un communiqué après une réunion extraordinaire, assurant que des juges avaient été insultés et des salles d’audience vandalisées. L’organisation affirme soutenir les juges « qui ont décidé de suspendre indéfiniment les audiences et appelle le reste des collègues à suspendre le travail dans le reste des tribunaux pour leur propre sécurité », jusqu’à ce que les autorités mettent en place des mesures de protection.
Cet appel intervient dans un climat de tension grandissant entre juges et avocats du fait d’un projet de loi, élaboré par les juges, qui renforce sensiblement les peines pour les avocats accusés d’outrage à magistrat. Ce projet prévoit que les juges puissent infliger jusqu’à cinq ans de prison aux avocats qui auraient insulté un tribunal. Il donne aussi aux juges le pouvoir de détenir les avocats dans la salle d’audience s’ils semblent perturber l’ordre.
« La formulation de la loi est trop vague et peut laisser la porte ouverte à des abus », a cependant expliqué Nasser Amin, directeur du Centre arabe pour l’indépendance de la justice. « Cela provoque beaucoup de dissensions, à la fois entre les juges et les avocats et entre les juges eux-mêmes ». Ces tensions menacent de paralyser le système judiciaire. Des centaines d’avocats sont déjà en grève et ont promis d’intensifier leur campagne si le projet de loi n’est pas abandonné.
LE CAIRE, 22 oct 2011 (AFP)
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