Chaque habitant du Moyen-Orient devrait jouir d’une véritable liberté de religion, qui lui permette de se convertir librement à l’islam ou au christianisme, a déclaré le patriarche de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, reçu jeudi par le pape Benoît XVI.
Parlant sur Radio Vatican après son entrevue, Mgr Twal a souhaité que « chacun » des citoyens des pays du Moyen-Orient, « qui, selon sa conscience, se convertit à l’islam ou au christianisme, puisse s’exprimer de façon libre, une liberté intérieure face à Dieu et face à l’Histoire ».

« C’est ce dont nous avons besoin, mais nous sommes encore un peu éloignés de cette liberté », a-t-il relevé.

Alors que la conversion du christianisme à l’islam ne fait l’objet d’aucune punition des Eglises, la conversion de l’islam au christianisme est souvent prohibée et punie de la manière la plus rigoureuse par la charia.

Certains conflits interreligieux au Moyen-Orient, notamment en Egypte, sont nés du soupçon porté contre certains chrétiens d’avoir forcé des musulmans ou des musulmanes à la conversion.

Le patriarche a salué la mobilisation du pape pour la paix au Moyen-Orient, « hier pour l’Egypte, cette fois pour nous », a-t-il relevé.

« Il ne peut y avoir la paix pour un peuple et pas pour un autre. Soit tous jouissent de cette paix, soit hélas ce cycle de violence se poursuivra », a-t-il observé.

Benoît XVI avait demandé mercredi aux « autorités égyptiennes, civiles et religieuses » de protéger la minorité copte après les violents affrontements de dimanche au Caire (25 morts) qui renforcent l’inquiétude du Vatican pour les chrétiens dans tout le monde arabe et musulman.

Benoît XVI espère obtenir un engagement explicite à la paix confessionnelle et au respect de la foi de l’autre de la part des leaders religieux qu’il a invités le 27 octobre à la rencontre interreligieuse d’Assise.

Les groupes islamistes salafistes, qui tentent de chasser les chrétiens de pays comme l’Irak et aujourd’hui l’Egypte, inquiètent le Vatican.

De la Syrie à l’Egypte, le dialogue entre responsables musulmans et chrétiens est souvent entaché de soupçons. Rome craint qu’un échec des révolutions arabes n’affaiblisse les positions des musulmans tolérants et ne renforce des extrémistes islamistes très déterminés.

CITE DU VATICAN, 13 oct 2011 (AFP)

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