Le ministère turc des Affaires étrangères a fermement démenti vendredi avoir proposé aux autorités syriennes de faire entrer les Frères musulmans au sein du gouvernement en échange de son appui pour mettre un terme à la contestation, qualifiant ces affirmations de « propagande ».

« Ces allégations n’ont aucun lien avec la réalité », a affirmé le porte-parole du ministère, Selçuk ünal, dans un communiqué. « Nous avons constamment suggéré à la direction syrienne de lancer les travaux pour des réformes dans les domaines politique, économique et social répondant aux revendications légitimes du peuple et fait savoir que nous étions prêt à fournir notre aide dans ce processus », a-t-il poursuivi. « L’objectif a été la santé et la paix du peuple syrien dans son ensemble, il n’a jamais été question de marchandage ou de favoriser un quelconque groupe politique, idéologique, ethnique ou confessionnel », a ajouté M. ünal, évoquant de la « propagande ».

Des responsables syriens et des diplomates occidentaux ont récemment évoqué des tractations entre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, un ancien islamiste, et le président syrien Bachar al-Assad, au sujet des Frères musulmans, une organisation islamiste interdite en Syrie. « Dès le mois de juin, M. Erdogan avait invité le président syrien Bachar al-Assad à inclure au gouvernement un quart et ou tiers de ministres issus des Frères musulmans en échange d’un engagement de sa part pour user de toute son influence afin de mettre un terme à la rébellion qui secouait le pays », a affirmé à l’AFP un diplomate occidental.
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Un responsable syrien proche du dossier a déclaré que lors d’une visite à Damas en août, le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu « avait demandé le retour des Frères musulmans en Syrie », mais avait essuyé un refus de la part d’Assad. M. Erdogan a annoncé le 21 septembre avoir rompu ses contacts avec le régime de Damas. « J’ai rompu mes discussions avec l’administration syrienne. Nous n’aurions jamais souhaité en arriver là mais malheureusement cette administration nous a poussé à prendre une telle décision », a-t-il dit.

ISTANBUL, 30 sept 2011 (AFP)

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