Le président palestinien Mahmoud Abbas se rendra en Colombie, membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, dans les « prochaines semaines », dans le cadre d’une tournée régionale, a annoncé vendredi la ministre colombienne des Affaires étrangères, Maria Angela Holguin.
« Le chef de la diplomatie palestinienne (…) m’a indiqué que le président Abbas ferait une tournée dans plusieurs pays d’Amérique centrale et qu’il souhaitait parler avec le président (colombien) Juan Manuel Santos. Nous conviendrons de la date dans les prochaines semaines », a-t-elle déclaré à Radio W.
La Colombie est le seul pays d’Amérique latine, avec le Mexique, à s’opposer à une demande historique d’adhésion d’un État de Palestine comme membre à part entière de l’ONU sur la base des lignes du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, présentée par Mahmoud Abbas. Les Palestiniens ont revendiqué jeudi les voix de huit des quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU en faveur de leur demande d’adhésion d’un État de Palestine. Or, il leur faut obtenir au moins neuf voix et aucun veto d’un membre permanent du Conseil de sécurité pour que leur requête puisse faire l’objet d’une « recommandation » du Conseil de sécurité puis d’un vote de l’Assemblée générale de l’ONU.
« Nous travaillons d’arrache-pied pour en avoir un neuvième et un dixième », a déclaré aux journalistes le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki. Six membres du Conseil de sécurité, permanents ou non, ont déjà dit qu’ils approuvaient la demande palestinienne: Chine, Russie, Brésil, Inde, Liban et Afrique du Sud. M. al-Malki a indiqué qu’il avait reçu des assurances du Nigeria et du Gabon qu’ils voteraient en faveur d’un État palestinien, bien que ces pays n’aient pas confirmé, à ce stade, ses dires. Plusieurs autres membres du Conseil de sécurité sont indécis ou n’ont pas révélé leur position: la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Bosnie et le Portugal. La Colombie a fait savoir qu’elle s’abstiendrait.
Jeudi déjà, M. al-Malki avait annoncé une visite en Colombie, dans le cadre d’une tournée régionale qui inclura aussi la République dominicaine et le Honduras. Mais Maria Angela Holguin a indiqué vendredi que la Colombie n’avait pas évolué, soutenant la position du Quartette pour le Proche-Orient (États-unis, Union européenne, ONU et Russie) qui a proposé le 23 septembre une reprise des négociations de paix entre Palestiniens et Israéliens avec l’objectif d’aboutir à un accord final fin 2012.
Le Quartette a « appelé à un dialogue et nous espérons que l’on puisse avancer en ce sens », a-t-elle déclaré. « N’oubliez pas que les États-unis ont déjà annoncé leur veto à tout examen de cette demande », a-t-elle ajouté en indiquant que le nombre de voix « pour ou contre » n’avait dès lors pas d’importance. La Colombie est un allié traditionnel en Amérique latine des États-unis, qui ont notamment soutenu ce pays dans sa lutte contre les guérillas et le trafic de drogue, à travers le Plan Colombie, représentant plus de six milliards de dollars d’aide depuis 2001. « Il y a beaucoup d’intérêts économiques et géostratégiques en jeu, expliquant la position colombienne », alignée sur celle de Washington, a déclaré à l’AFP Alvaro Villarraga, expert colombien en relations internationales.
BOGOTA, 30 sept 2011 (AFP)
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