Le philosophe Bernard-Henri Lévy se dit, dans une interview au quotidien Nice-Matin à paraître mercredi, « heureux d’avoir contribué » à la victoire des insurgés libyens, première étape vers un « Etat de droit », et estime qu’elle « aura un effet mécanique en Syrie ».
« Tripoli s’est effondrée comme un château de cartes », déclare BHL, alors que les rebelles ont pris mardi le contrôle du quartier-général de Mouammar Kadhafi à Tripoli, portant un rude coup au régime libyen déjà chancelant.
« Je ne parlerai pas de fierté. Mais je suis heureux, oui, d’avoir contribué à convaincre le président de mon pays qu’il était possible de faire tomber un dictateur. Et je suis heureux d’avoir eu, chemin faisant, au fil de mes voyages, une ou deux intuitions qui se sont révélées bonnes. Cette guerre, si l’on y pense, c’est exactement le contraire de la guerre d’Irak », déclare-t-il, saluant le rôle de Nicolas Sarkozy qui l’a « surpris par sa ténacité ».
« Même si ce serait mon plus cher désir, je ne peux certainement pas espérer +répéter+ à Damas ce que j’ai fait à Benghazi ou Misrata. En revanche, ce qui est en train de se passer en Libye aura un effet mécanique en Syrie, ça, j’en suis convaincu », ajoute le philosophe.
Bernard-Henri Lévy, qui s’est rendu, ces derniers mois, à cinq reprises en Libye, entretient des contacts réguliers avec les responsables du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion. Il avait même été prévenu de la date du soulèvement, raconte-t-il dans l’entretien.
Selon lui, les dirigeants du CNT « font preuve d’une grande maturité politique. On n’est pas dans un schéma de justice expéditive, de volonté de vengeance, on est vraiment dans la pose des premières pierres d’un Etat de droit ».
« C’est une libération qui a été coûteuse et, comme on sait qu’on l’a payée cher, on ne veut pas la brader, la corrompre, la laisser se déliter sous les coups de boutoir de l’obscurantisme ou de l’incurie », affirme-t-il.
La contestation du régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, a débuté mi-février dans l’est du pays, avant de se transformer en insurrection armée, soutenue depuis la mi-mars par des frappes aériennes de l’Otan.
MARSEILLE, 23 août 2011 (AFP)
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