Le procès d’un homme accusé de l’assassinat du physicien nucléaire iranien Massoud Ali Mohammadi en janvier 2010 s’est ouvert mardi devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran, ont annoncé les médias.
« Le procès de Majid Jamali Fashi, principal suspect dans cette affaire, a officiellement débuté », a indiqué l’agence Isna en précisant que M. Fashi était poursuivi pour quatre chefs d’accusation, dont celui de « moharabeh (guerre contre Dieu) par assassinat », passible de la peine de mort.
M. Ali Mohammadi, physicien nucléaire internationalement reconnu, avait été tué par l’explosion d’une moto piégée devant son domicile à Téhéran en janvier 2010, un attentat attribué par l’Iran à des « mercenaires » au service d’Israël et des Etats-Unis.
Téhéran avait annoncé début 2011 l’arrestation d’un homme présenté comme responsable de l’attentat.
M. Jamali Fashi est « accusé de moharabeh (…) pour avoir placé la moto piégée devant la maison de M. Ali Mohammadi », a précisé le procureur lors de la première audience.
Il est également poursuivi pour « coopération avec Israël et son agence de renseignements », le Mossad, dont il aurait reçu 120.000 dollars en échange de ses services, selon la même source citée par la télévision d’Etat.
Dans une « confession » télévisée diffusée lundi soir à la veille de son procès, M. Jamali Fashi a affirmé avoir reçu en Israël un « entraînement » par des agents du Mossad pour préparer l’assassinat de M. Ali Mohammadi.
Un autre physicien nucléaire iranien, Majid Shahriari, a été tué par l’explosion d’une bombe dans sa voiture à Téhéran en novembre 2010.
L’Iran a accusé Israël et les Etats-Unis d’être également responsables de cet attentat, ainsi que d’une opération similaire le même jour contre un troisième physicien, Fereydoun Abbassi Davani, qui n’a été que légèrement blessé et est devenu depuis le chef de programme nucléaire iranien controversé.
L’Iran est sous le coup de six condamnations du Conseil de sécurité de l’ONU et de sévères sanctions internationales en raison de son programme nucléaire, dont les grandes puissances redoutent qu’il n’ait un objectif militaire en dépit des dénégations répétées de Téhéran.
Les dirigeants iraniens accusent aussi Israël et les Etats-Unis d’être responsables de la disparition de plusieurs militaires ou scientifiques iraniens au cours des dernières années, ainsi que d’une attaque informatique par le virus Stuxnet qui semble avoir notamment perturbé l’activité d’enrichissement d’uranium de l’Iran à l’automne 2010.
Téhéran AFP
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