Benoît XVI a reçu mercredi le nouveau chef de la Ligue arabe, le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil al-Arabi, élu il y a seulement deux jours, a annoncé le Vatican, alors que les minorités chrétiennes au Maghreb et au Moyen-Orient sont confrontées aux révolutions arabes.
La rencontre, qui a suivi un entretien avec Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats (ministre des Affaires étrangères), s’est déroulée en marge de l’audience générale hebdomadaire du pape sur la place Saint-Pierre.
Aucun communiqué n’a été publié à l’issue de la rencontre. Les révolutions dans le monde arabe, la guerre en Libye, les situations des minorités chrétiennes devaient être à l’ordre du jour.
Benoît XVI a pris plusieurs fois position en faveur d’une cessation des hostilités en Libye. Dimanche, il avait renouvelé son « appel pressant pour que la voix des négociations et du dialogue soit plus forte que celle de la violence ».
Evoquant la Syrie dimanche pour la première fois, il avait demandé « une cohabitation caractérisée par la concorde et l’unité » dans ce pays, où la très ancienne minorité chrétienne coexiste jusqu’à présent en bonne intelligence avec les autres communautés.
Cet entretien a lieu aussi à un moment où la tension entre chrétiens coptes et certains groupes musulmans soulève des inquiétudes.
Les relations du Saint-Siège avec les autorités civiles et religieuses égyptiennes -la plus haute institution de l’islam sunnite, Al-Azhar- sont au point mort depuis la réaction du pape à l’attentat du Nouvel an contre une église copte d’Alexandrie (21 morts).
Quelques heures après l’attentat, il avait souligné l' »urgente nécessité » pour les gouvernements du Moyen-Orient d’adopter, « malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses ».
Al-Azhar avait suspendu ses contacts avec le Vatican. Le Caire avait rappelé pour consultations son ambassadeur.
Les coptes, qui représentent de 6 à 10% des Egyptiens, s’estiment discriminés dans une société en grande majorité musulmane. Le 7 mai, 15 personnes ont été tuées dans des affrontements interconfessionnels au Caire.
Dans une organisation panarabe en pleine turbulence autour des réponses à apporter aux crises en Libye et en Syrie, Nabil al-Arabi, 75 ans, a remplacé Amr Moussa, ancien ministre des Affaires étrangères très populaire en Egypte.
CITE DU VATICAN, (AFP) –
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