Israël et le Hamas n’ont pas fait suffisamment progresser leurs enquêtes indépendantes sur les allégations de crimes de guerre lors de l’opération israélienne dans la bande de Gaza en décembre 2008, a indiqué lundi le comité de l’ONU chargé d’évaluer ces enquêtes.
Dans un rapport présenté au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Mary McGowan Davis, à la tête du comité, a reconnu qu’Israël avait dédié d' »importantes ressources pour enquêter sur plus de 400 allégations de mauvaises conduites opérationnelles à Gaza ».
Mais « beaucoup reste à faire. Nous avons constaté qu’un certain nombre d’enquêtes restent ouvertes », a déclaré Mme Davis.
En outre, « aucune indication ne permet de dire qu’Israël a ouvert des enquêtes sur les actes commis par ceux qui ont conçu, planifié, ordonné et supervisé l’opération Plomb durci », a-t-elle regretté.
Le comité d’experts, chargé de passer en revue les éventuelles procédures judiciaires prises par Israël et les Palestiniens suite à l’offensive israélienne de 2008 à Gaza qui a fait officiellement 1.400 morts du côté palestinien et 13 du côté israélien, a aussi déploré l’attitude du Hamas.
« Nous restons extrêmement préoccupés par des indications (montrant) que les autorités de facto (de Gaza, ndlr) n’ont pas mené d’enquêtes sur le lancement d’attaques à la roquette et au mortier contre Israël », a expliqué Mme Davis.
De son côté, Israël a catégoriquement refusé de collaborer avec le comité de l’ONU, lui interdisant l’accès à la Cisjordanie et à Gaza.
En septembre 2010, un premier rapport du comité avait déjà estimé que les enquêtes des deux parties étaient « incomplètes ».
Le comité a été créé en mars 2010 par le Conseil des droits de l’homme pour assurer le suivi du rapport du juge Goldstone, un document publié en 2009, accusant Israël et des groupes palestiniens d’avoir commis des crimes de guerre pendant la guerre éclair de fin 2008.
Le magistrat sud-africain avait alors recommandé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye si les autorités israéliennes et palestiniennes refusaient d’ouvrir des enquêtes crédibles sur les « crimes de guerre » afin de punir les coupables.
GENEVE, (AFP) –
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