La presse égyptienne unanime saluait dimanche la mobilisation « record » des électeurs samedi pour le référendum sur une révision de la Constitution, premier vote depuis la chute du président Moubarak, certains soulignant néanmoins les profonds clivages qu’il traduit.
Pour al-Ahram (gouvernemental) « le peuple a dit +oui+ à la participation et +non+ à la fraude » qui caractérisait les élections sous le régime du président Moubarak, qui a démissionné le mois dernier sous la pression de la rue.
Pour al-Alam al-Youm (indépendant) « le peuple a pris le parti de la démocratie » lors de ce vote dont les résultats sont attendus dimanche soir.
Tous les titres mettaient en Une des photos des longues files d’attente devant les bureaux de vote, ou des électeurs montrant leur doigt trempé dans de l’encre rose indélébile après avoir voté.
Bien que les chiffres de participation ne soient pas encore officiels, plusieurs titres parlent d’affluence « record » et de « référendum historique ».
Les électeurs étaient amenés à se prononcer sur une série d’amendements à la Constitution héritée de l’ère Moubarak, destinée selon l’armée, qui détient le pouvoir depuis la chute de l’ancien président le 11 février, à la rendre compatible avec une transition vers la démocratie.
Les partisans de cette réforme limitée assurent que cela permettra de revenir rapidement à un pouvoir civil élu, ses adversaires estiment en revanche que le pays devrait se doter d’une loi fondamentale totalement nouvelle.
Tout en mettant l’accent sur la participation, certains journaux relèvent aussi les clivages au sein de l’opinion.
Rose el-Youssef (gouvernemental) souligne que « les islamistes ont appelé en force à voter +oui+ », allusion au soutien des Frères musulmans à cette réforme, tandis que « les partis et les chrétiens ont dit +non+ ».
Nadhet Misr (indépendant) estime que le référendum « est une épreuve de force entre les Frères musulmans, les salafistes et le PND (ex-parti au pouvoir) d’une part, les mouvements et les partis de la révolution ainsi que les Coptes (chrétiens d’Egypte) d’autre part ».
LE CAIRE, 20 mars 2011 (AFP) –
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