Les experts iraniens n’ont pas réussi à neutraliser un engin d’espionnage au Liban, qui s’est autodétruit.

‘Hussein Khaidar, 25 ans, du village d’Ansariya, qui s’est tué, vendredi 5 septembre, en essayant de démanteler « des composants curieux » sur lesquels il était tombé, lors d’une parouille de routine dans le village d’Adloun. Ce village se situe à 40 kms au Nord de la ville frontalière israélienne de Rosh Hanikra et à mi-chemin entre les ports libanais de Tyr et Sidon, situés à la jonction qui surplombe la circulation routière au Sud de Beyrouth.

A en croire les medias libanais, Khaidar et un autre jeune libanais du Hezbollah aurait été touchés à mort par un avion sans pilote israélien à longue portée, qui les aurait traqués et aurait fait exploser ce mystérieux objet par contrôle à distance, dès qu’ils l’auraient découvert. Des fragments qu’on pense avoir appartenu à un autre système d’écoute, ont, un peu plus tard été assemblés sur ce lieu, sans incident.

Adloun se situe à moins d’un kilomètre à l’Ouest de la principale autoroute côtière et, à peu près à la même distance à l’Est du bord de la mer. Il offre donc un point de vue avantageux pour la surveilance et la reconnaissance de la circulation sur l’autoroute et les activités civiles ou militaires tout le long de la côte.

Peut-on croire que les medias libanais ont rapporté l’incident avec exactitude, en attribuant le nuage de fumée noire s’élevant du village, ce vendredi, à un drone israélien qui aurait fait exploser un système d’écoute israélien qui ne portait aucune marque permettant de l’identifier ? Ou est-ce plutôt une bombe dissimulée à l’intérieur des boîtes calcinées, montrées sur les photos de l’article, qui a explosé ? De quelle manière cet engin intriguant a-t-il pu être acheminé jusqu’à ce village libanais d’Adloun et quel genre d’information fournissait-il ?

Les communications par fibre optique du Hezbollah

Il est important de se rappeler que l’organisation terroriste Hezbollah dirige une milice indépendante à l’intérieur du Liban théoriquement « souverain » (un « Etat dans l’Etat »), en parallèle de l’armée nationale. Son arsenal massif de roquettes inquiète les chefs de la sécurité d’Israël, même bien plus que la menace directe iranienne. Le Hezbollah est aussi appuyé par des réseaux de communication high-tech qui relient ses centres de commandement, ses unités dans différentes parties du pays, ses rampes de lancement de roquettes, les résidences des responsables de haut-rang, les entrepôts d’armes et les diverses branches du renseignement. Ces communications sont, sans aucun doute, largement enkryptées et, par conséquent, difficiles à intercepter et à décoder. Ces tâches sont rendues doublement difficiles par le fait qu’elles circulent par des lignes de fibre optique profondément enterrées sous la surface du sol.

Les réseaux de fibre optique sont virtuellement indestructibles par des attaques aériennes et ils peuvent, théoriquement, véhiculer un volume infini de données pour alimenter des boîtes mail électronique, des serveurs Internet, des dossiers, des faxes, des vidéos et divers messages de commandement et de contrôle, dans des conditions de combat. Ils tirent leur haut degré de durabilité du fait que si jamais une conduite de télécommunication par fibres est détruite, une seconde entre en fonction sans même marquer de pause dans la circulation d’information.
Les entreprises de communication de nombreux pays gèrent des réseaux de téléphone mobile, la télévision par câbles et les services de l’armée et du gouvernement, par fibre optique

Un engin d’écoute de très haute technologie.

Assurer l’interface extérieure avec l’infrastructure par fibre optique de l’ennemi, ce que tentent de faire les espions, en appelle à des ressources technologiques et opérationnelles très spéciales, un investissement conséquent et une expertise tout-à-fait particulière. C’est aussi une entreprise à très haut risque. Les préparatifs avant d’installer des systèmes d’écoute nécessitent une surveillance préalable prudente, lente et détaillée, afin de détecter le réseau qui n sera la cible pertinente, établir une cartographie précise de ses diverses branches de raccordement, identifier la technologie en usage et sélectionner le juste point, au carrefour de cette interface.

Les photos prises par le Hezbollah ne trahissent pas la nature exacte de ces composantes « très bizarres », dont certains portent encore des signes clairs de l’explosion. Mais elles ressemblent tout-à-fait aux composants qui pourraient appartenir à un engin haute-technologie capable de venir se fixer sur des réseaux à fibre optique et de contenir des mesures de signalisation et un Firewall, avec un système d’auto-alimentation énergétique.

Les appareils d’espionnage high-tech et autonomes installés secrètement en territoire ennemi nécessitent une source d’énergie autosuffisante, pour rester fonctionnels et continuer de signaler à leur base à l’intérieur du pays durant de longues périodes, qui se mesurent souvent en années. Ils doivent rester en marche dans des conditions climatiques d’extrême humidité, de chaleur comme de grand froid et de poussière ou vents de sables, tout en demeurant cachés, silencieux et invisibles.

L’unité secrète, spécialement entraînée et qui a pour mission d’implanter ce type d’engins sur des endroits sélectionnés devra rejoindre ce lieu en profitant de la couverture de la nuit, et en s’infiltrant grâce à des passages secrets, probablement, par la mer. Elle doit l’installer et reprendre un chemin sécurisé pour s’échapper et disparaître. Mais le véritable test ne survient qu’après. Est-ce que cet appareil fonctionne correctement ? Est-ce qu’il intercepte bien les communications et émissions ennemies en renvoyant les données requises à son centre de contrôle ?

Un mécanisme sophistiqué d’autodestruction.

Le Hezbollah est conseillé par une foultitude d’ingénieurs experts iraniens, sur la manière de conserver une longueur d’avance et être plus fort que les systèmes d’écoute ennemis qui menacent sa sécurité. Ils appartiennent à des unités spéciales iraniennes dont le travail consiste à parcourir la terre, à s’emparer d’engins d’espionnage sophistiqués en les conservant intacts, afin de les disséquer ensuite – mais, jusqu’à présent sans succès.

Il est, par conséquent, plus qu’improbable qu’une patrouille ordinaire du Hezbollah, soit simplement « tombée » par hasard sur un tel engin, comme l’a rapporté le porte-parole de l’armée libanaise, dans un communiqué de presse.

La présence présumée d’un drone au-dessus de leurs têtes était, indubitablement en lien avec les évènements en train de se dérouler au sol. Mais la description faite par le journal Al Manar des circonstances de la mort d’Hussein Khaidar, alors qu’il essayait de neutraliser un objet suspect, indique que cet engin était piégé, et contenait juste assez d’explosifs pour s’autodétruire et frapper à mort quelqu’un d’assez curieux, mais peut-être bien un peu trop, pour l’examiner, avant que ses superviseurs et les experts aient le temps de découvrir ses secrets.

DEBKAfile Article original Reportage Exclusif, 7 septembre 2014, 6:26 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski.

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire