Très discret depuis des mois, Yair Shamir, Ministre de l’agriculture, est en train de monter dans l’estime du Premier Ministre et des leaders du paysde droite et de gauche. Son savoir-faire en matière de négociation est unique. C’est lui qui est chargé depuis quelques jours de traiter un des dossiers le plus sensible du pays : celui des Bédouins du Negev.
Ce dossier politico-économque est un véritable casse-tête pour tous. Comment d’un côté résoudre un problème sérieux d’intégration d’une population attachée à sa terre et de l’autre la faire rentrer dans le siècle moderne ? Shamir semble être l’homme du moment Le journal Haaretz, jamais tendre avec les politiciens de droite, lui fait confiance. Nous aussi.
Yair Shamir, très francophile et fils de l’ancien Premier ministre Yitzhak Shamir, était un homme d’affaires de premier plan en Israël avant d’être nommé ministre. Il était jusqu’au mois de juin 2011 président de IAI (Israel Aerospace Industries), le plus gros employeur d’Israël, et il a été l’associé d’Edouard Cukierman dans le fond de Private Equity Catalyst géré à Tel-Aviv.
BEDOUINS. En Israël, le gouvernement tente de sédentariser ces populations présentes dans le Néguev et en Galilée, qui servent dans l’armée israélienne, souvent en tant que gardes-frontières, à la différence des autres Arabes israéliens qui le plus souvent n’effectuent pas le service militaire.
Malgré tout cela, les Bédouins restent peu intégrés à la société israélienne et ont beaucoup de mal à y être acceptés pleinement.

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Environ 4 millions de Bédouins vivent principalement dans les désert d’Arabie et Syrie, le désert du Sinaï et le Sahara, reconnaissables par leurs dialectes arabes, culture arabe et structure sociale spécifiques.
De nos jours, seuls environ 5 % des Bédouins du Moyen-Orient sont des nomades vivant de l’élevage des caprins, des ovins et des camélidés. Quelques Bédouins du Sinaï sont encore semi-nomades. Pour certains Bédouins, il ne faut qu’appartenir à une tribu bédouine pour se revendiquer Bédouin, mais pour d’autres il faut de plus mener une vie de nomade, ce qui en exclut les sédentaires.
Le mot Bédu veut dire « habitant du désert » en arabe, Bédouin est le pluriel du mot, même si Bédu peut aussi être utilisé comme un pluriel.
Au cours du XXe siècle, la société bédouine a connu de grands bouleversements, tendant à faire disparaître ou à modifier un certain nombre de ses traditions. Ces bouleversements ont principalement été entraînés par la rencontre avec le mode de vie occidental, à partir des années 1920, lorsque la France et la Grande-Bretagne ont reçu des mandats pour gouverner les pays arabes nouvellement créés.
Parmi ces bouleversements, on peut compter l’apparition des véhicules motorisés, qui ont dans bien des cas remplacé les chameaux, l’animal de bât et de monte traditionnel, entraînant l’effondrement d’un élément majeur de l’économie bédouine.
Le découpage en pays des territoires habités par les bédouins a en outre restreint les déplacements des familles et tribus dans leurs migrations annuelles, même si ces déplacements internationaux bénéficient d’une tolérance particulière dans le cas des nomades bédouins.
L’enrôlement d’un grand nombre de Bédouins dans des armées nationales a quant à lui considérablement freiné les affrontements inter-tribaux, une armée régulière ne sachant tolérer que ses soldats s’affrontent entre eux, ni qu’ils attaquent des soldats d’une autre armée sans en avoir reçu l’ordre.
Les Bédouins, qui autrefois traversaient les déserts de la péninsule d’Arabie ou la Palestine sans se soucier des frontières, représentent en Syrie un peu moins de 1 % de la population. Le gouvernement a sédentarisé depuis des années ces nomades impénitents. Pasteurs pour la plupart, les Bédouins continuent néanmoins à voyager avec chevaux et chameaux.
La société bédouine s’organise sur les liens du sang. La famille, c’est-à-dire, un individu, ses parents, ses frères et sœurs, son époux/épouse, ses enfants, est un premier niveau de liens. Puis vient une notion de famille plus élargie, oncles, cousins, etc., au delà de laquelle apparaît celle du clan ; et enfin la notion de tribu avec d’éventuelles ramifications, voire de confédération de tribus.
Le regard de ces différents groupes a une influence fondamentale sur les comportements individuels. Les honneurs et déshonneurs d’un individu sont partagés par sa famille ou sa tribu, pouvant entraîner de grandes célébrations, ou d’impitoyables représailles.
La taille des tribus varie énormément, de quelques milliers d’individus à plusieurs centaines de milliers. Il peut arriver que de grandes et riches familles constituent de nouvelles tribus, ou encore que des tribus en crise (économique, démographique, etc.) intègrent des groupes plus stables.
Chaque clan, tribu, ou confédération reconnaît l’autorité d’un cheikh. Celui-ci n’est pas un chef, mais plutôt un sage, dont les avis bénéficient d’une grande légitimité.
L’activité agricole bédouine est essentiellement pastorale. Les principaux animaux élevés sont le mouton, la chèvre et le chameau.
Daniel Rouach / Israel Valley Article original
TAGS : Neguev Désert Bédouins Yair Shamir sédentarisation
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