Sharon, comme le légendaire général français, est passé du statut de héros militaire à celui d’homme d’Etat.

Ariel Sharon est et restera à jamais un mystère. Le coma qui l’a frappé il y a huit ans a emporté avec lui beaucoup de secrets. Sharon n’a pas laissé de journal. Ce n’était pas Ben Gourion. C’était un héros de guerre et un homme doté d’un sens de l’humour aiguisé. Il a réussi à rendre furieux les partisans de la paix, comme aucun autre homme politique.

Mais plus que tout, on se souviendra de Sharon pour son remarquable revirement. Un revirement très similaire à celui réalisé par un autre général : Charles de Gaulle. Il y a un dénominateur commun entre ces deux hommes. Ils ont tous les deux accédé au pouvoir parce qu’ils étaient des dirigeants forts, avec un discours très national. Presque nationaliste. Ils ont effectué chacun leur volte-face à un moment où ils étaient au plus fort de leur règne. Peu sont les dirigeants qui laissent derrière eux un « héritage ». De Gaulle et Sharon ont opéré des virages radicaux. Et c’est là leur héritage. Un héritage de la désillusion.

Lorsque l’on songe au parcours de Sharon ne se dressent devant nous que des points d’interrogation . Sharon, plus que quiconque, a été l’homme qui a poussé les habitants des implantations à construire sur ​​chaque colline. Il est l’homme qui a gagné le surnom de « Arik, roi d’Israël, alors que de nombreux Israéliens s’inquiétaient des conséquences politiques de l’émergence d’un « dirigeant fort ».

Il avait en lui tous les éléments pouvant susciter la crainte. Général, admiré par les masses, charismatique, faisant fi de l’opinion internationale, et s’attelant à la réalisation du rêve du Grand Israël. Et c’est ce même homme qui a réalisé ce grand revirement. Il est devenu l’ennemi des habitants des implantations en décidant de se désengager. Désengagement qu’il a décidé et mis en oeuvre. Le mystère reste entier. Quel est le moment décisif où un dirigeant comprend que l’oeuvre de sa vie peut s’effondrer s’il ne procède pas à un changement radical, qui ébranlerait les fondements mêmes de sa politique, qui choquerait le monde et qui provoquerait un tremblement de terre politique ?

Sharon lui-même n’a jamais expliqué le revirement. On a soupçonné que ce sont ses démêlés avec la justice qui sont à l’origine de ce changement. Ce n’est pas tout à fait exact. Les signes du changement étaient perceptibles avant que ne commence ses ennuis judiciaires. Il avait déjà parlé « d’occupation ». Ce n’est pas un mot que l’on entend de la bouche des gens de droite. Il a ainsi fait lever bien des sourcils parmi ses disciples. Sharon n’a ni parlé, ni expliqué.

Mais on peut trouver une explication dans la fameuse interview accordée par Dov Weisglass à Ari Shavit dans Haaretz. Il y a eu l’accord de Genève qui représentait pour Sharon une menace. Et puis, il y a la lettre de pilotes refuzniks qui dénonçaient des signes de faiblesse. Et peut-être d’autres choses encore que nous ne saurons jamais. Mais quand vient le revirement, les hésitations se sont dissipées. Tout cela n’a cependant pas été si simple.

Sharon a notamment organisé un référendum auprès des membres du Likoud. Il a perdu. Mais il a fait fi de la démocratie au sein de son parti. Il a continué de toute sa force, car il savait ce qu’il voulait. Il n’était préoccupé ni par les sondages, ni par les enquêtes d’opinion. Il était certain que c’était la bonne chose à faire, et il s’y est employé de toutes ses forces.

Le fait est que le désengagement a été une source de lumière pour ces jours teintés de brouillard. Même dans cette période, il a continué à appuyer sur la pédale. Dans la direction opposée, bien sûr. On peut maintenant bien sûr avoir quelques réserves. Pourquoi n’a-t-il pas compris ce que beaucoup avait compris bien avant. En fin de compte, tous ses rivaux se sont ralliés à lui. Ce n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît. Mais c’est tout simplement parce qu’aucun d’entre eux n’avaient la capacité de réaliser ce que Sharon a réalisé.

Peu importe si cela a généré quelques problèmes. Certes, le désengagement n’a pas été une totale réussite. Ce qui est certain en revanche, c’est que seul Sharon pouvait le réaliser. Lui, l’homme de droite, l’homme d’Israël sur toutes les collines. Il pouvait regarder le public dans les yeux et lui dire : Assez. Le temps du changement est arrivé. C’est exactement ce qu’a fait de Gaulle.

Personne n’était en mesure de communiquer avec les Français d’Algérie. Et c’est lui, considéré alors comme un faucon, qui fit un revirement similaire. Il le pouvait. Ses adversaires qui avaient raison depuis le début, eux, ne le pouvaient pas. Maintenant le volant est dans les mains de Benyamin Netanyahou. Ici et là, on peut trouver chez lui des signes d’un possible revirement. Il sait déjà que le rêve du Grand Israël a pris fin. Il a déjà évoqué un possible Etat palestinien. Il est déjà dans le processus de revirement. Peut-il devenir un nouveau Sharon ?

Nous vivons une période bien plus compliquée et difficile. Il doit prendre des décisions. Il sait que Sharon a également fait des erreurs. Le désengagement a peut être libéré Gaza d’Israël, mais n’a pas libéré Israël de Gaza. Et pourtant, même une action maladroite, sans accord avec les Palestiniens, sans réelle anticipation sécuritaire ont montré la voie. Sharon est un modèle pour le politicien qui veut faire un revirement. Le politicien qui sait que son oeuvre a été une erreur. Le politicien qui pourrait se transformer en homme d’Etat.

Il y a des moments dans l’Histoire où nous avons besoin de tels personnages. Dans la période actuelle, Israël a besoin de l’héritage de Sharon. Cet héritage dont le sens profond est la possibilité de faire un revirement. C’est ce qu’a laissé derrière lui Sharon.

C’est aujourd’hui la grande épreuve de Netanyahou.

Ben Dror Yemini est un journaliste, chercheur et conférencier israélien. Son livre « L’industrie du mensonge » sera bientôt publié.

i24news.tv Article original

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Richard

pour le reste de l’article, le point communs de ces 2 grand dirigeants tels que de Gaulle et Ariel Sharon est surtout d’avoir su diriger au dela des sondages, surtout quand l’heure ne se prete pas aux sondages !
Cependant, est-ce que De Gaulle aurait fait une greve de la fin pour defendre sa politique?
Ariel Sharon a ete a la hauteur de son peuple et n’a jamais quitte le navire EXODUS!

Richard

C’est sure qu’Ariel Sharon n’a rien en commun avec De Gaulle:
1) Ariel Sharon n’etait pas a l’etranger pour parler aux Israeliens!
2) De Gaulle a fait la paix avec une Allemagne vaincu et certainement pas par lui devant ses troupes..quand aux couples franco-allemand……
3) Le retrait de gaza a laisse les arabes face a eux-memes et plus vous leur ferez des courbettes plus ils chercheront a vous ecraser , regarder le beau cadeau que de Gaulle a laisse a la France avec les algeriens en France aujourd’hui…..qui se veulent « etre fier et dominateurs » a present, a defaut d’etre capable de s’en prendre a eux-memes, de ce fait il n’y a malheureusement rien d’autre que la relation de force avec les arabes mise a part engraisser la pate de quelques petits dictateurs pour maintenir leur peuple dans leurs propres frustrations.
4) Quel pays a bouge le petit doigt pour venir defendre militairement Israel dans ses pires moments? Alors SVP ne comparez pas ni Beghin, ni Sharon, ni Perez, ni Rabbin ni aucun dirigeant Israelien a De gaulle.
Quand les arabes sortiront de leur hypocrisie et auront le courage d’evoluer alors on pourra faire des comparaisons . Les arabes ne sont meme pas capable de reconnaitre ni la shoah, ni le caractere juif de l’etat d’Israel. je ne sais pas si de Gaulle aurait fait la paix avec l’allemagne dans ces conditions…..

lass77

C’est incroyable de comparer Sharon par rapport à De gaulle . A priori rien de commun entre ces deux généraux. De gaulle était pacifiste et a été visionnaire pour la France vue son histoire avec son voisin à l’époque belliqueux (Allemagne ) et d’autre part vue son passé colonial. De gaule a mis en place l’amitié Franco-Allemand qui a accouché aujourd’hui du couple-Franco-Allemand voire de l’union européenne et enfin il a ordonné la décolonisation. Sharon est militaire d’abord belliqueux. Aprés toutes les guerres qu’a gagnées , Israel dont sharon est l’un des acteurs. Il faut savoir œuvrer pour la paix et sa perennité. Sharon était contre la paix avec l’égypte ,avec la jordanie sans parler de palestine ni de la syrie. Je ne comprends pas quel heritage commun peut on évoquer avec De gaulle. Certes le desengagement de Gaza a eu lieu mais le mur de séparation terni l’image de l’homme et jamais De gaulle n’aurait fait ça. Sharon s’il devrait laisser un heritage pour les isréliens c’était de construire des ponts et des autoroutes de Jérusalem à Gaza jusqu’au Caire en passant par Tel Avi via Amman jusqu’au Golan après l’avoir restitué. voilà ce qu’il devrait laisser comme empreinte et héritage .