De nombreux Israéliens ont été scandalisés d’apprendre, par les documents publiés d’Edward Snowden, que leur « meilleur meilleur » ami, l’Amérique, avait pris pour cibles de sa surveillance secrète un ancien Premier Ministre et un Ministre de la Défense. 
Par contre, leurs dirigeants politiques n’ont pas paru surpris. Depuis des années, les Etats-Unis dirigent un réseau complexe d’écoutes et de surveillance, pour espionner aussi bien amis qu’ennemis, dont Israël. Les satellites recueillent et transmettent des données aux centres de commandement, des « informateurs » opèrent, sur le terrain et auprès des sources les plus fertiles d’entre toutes, et ce ne sont pas forcément des humains, mais des instruments qui parcourent incognito les téléphones portables, les tablettes et les réseaux sociaux.
L’Agence à la Sécurité Nationale, la NSA, mise sur la sellette par l’ancien agent devenu donneur d’alerte, Edward Snowden, est en mesure d’observer ces systèmes, chaque fois qu’elle le veut, juste en concentrant ces outils en direction d’un pays, d’une localisation, d’un groupes de gens ou sur des sujets définis, en fonction de ses besoins.
Si, par exemple, la NSA obtient électroniquement une liste d’agents opérationnels des services israéliens, grâce à leurs numéros de téléphone ou leur carte de crédit, les grandes oreilles qui les écoutent peuvent maintenir chacun d’eux sous surveillance constante.
La même chose s’applique au personnel des forces aériennes d’Israël, à l’Industrie aérospatiale et à d’autres fabricants de haute technologie militaire, tels qu’Elbit et Rafael. Ces listes peuvent supposer, avec une quasi-certitude, que les données émanant d’eux sont entre les mains de l’agence.
Pour collecter des vidéos et des images, les Agences d’espionnage américaines n’ont qu’à puiser dans ces mines d’or de données que sont YouTube, Instagram, Tumblr et Pinterest, dont le dernier en date a récemment été consacré sous le label de « Content Curation ». Cela parce que Pinterest accomplit, pour eux, l’essentiel du travail des collecteurs de renseignements, en raccordant le matériau selon le sujet et le domaine d’intérêt et leur fournit ainsi, subrepticement, un plein filet de données brutes.
WhatsApp, une application mobile de messagerie multiplateforme permettant d’échanger des messages sans avoir à payer pour les SMS, est un des réseaux qui permettent de prélever des brochettes d’infos, comme une traînée de poudre.
C’est aussi un favori des enfants des écoles élémentaires israéliennes, pour échanger leurs pensées et leurs informations. Un enfant peut expliquer qu’il ou elle ne rejoindra pas la bande, cet après-midi, parce que son père, colonel ou capitaine de la force aérienne sur un navire de la marine, vient juste de rentrer à la maison, en arrivant de Crète ou de Sardaigne. Cela indiquera à l’oreille indiscrète que les équipages israéliens ont opéré un turn-over dans ces bases.
Un officier israélien conduisant sa voiture n’a juste qu’à consulter Waze pour trouver un raccourci vers sa destination secrète, pour la révéler ausitôt à un observateur clandestin.
Aussi, la question est : qui contrôle ces armées d’espions et redirige leurs centres d’intérêt ?
On entre, là, en eaux troubles, virtuellement inexplorées, comme le Président Barack Obama l’a sous-entendu, en obliquant, dans les commentaires qu’il a faits, lors de sa conférence de fin d’année, vendredi 20 décembre. Pour dissiper le vacarme, concernant l’espionnage indiscriminé des citoyens américains, il a promis une révision menant, si possible, à une réforme de la NSA, ajoutant de façon explicite : « Ce n’est pas juste parce que nous pouvons faire des choses, que cela signifie que nous devrions nécessairement le faire ».
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Les révélations de Snowden, sur des espions tranquillement assis à écouter les appels de la Chancelière allemande Angela Merkel et de la Présidente brésilienne Dilma Roussef ont attiré bien des ennuis à Washington. Elles ont aussi révélé les négligences de ses propres services de sécurité .
Cependant, Israël, d’après ce qu’on peut savoir, vit sous cette attention indésirable depuis ses tous premiers jours. Dans les années 1980, quand le regretté Menahem Begin était Premier Ministre, un véhicule à l’aspect bizarre sur lequel flottait une forêt d’antennes, se garait en permanence et presque de façon ostensible au-dessous des fenêtres de ses bureaux, à Jérusalem.
Son équipe rapprochée l’avait franchement identifié comme une station d’écoute mobile américaine. Les mesures utilisées plus tard ont été beaucoup plus sophistiquées. Le Premier Ministre Ehud Olmert, le Ministre de la Défense Ehud Barak et d’autres responsables israéliens, à leurs tours, ont constaté que leurs e-mails étaient interceptés, de façon régulière.
Mais, après 2009 , Washington a introduit des systèmes de recueil d’information à haute puissance, et d’approche à multiples niveaux – particulièrement contre Israël, auxquels ni Snowden ni les Israéliens ne s’attendaient. Ce système n’a qu’une seule et unique orientation très précise : relever le plus léger murmure ou indice suggérant qu’Israël serait sur le point de lancer une attaque contre les sites nucléaires iraniens, ce qu’il a menacés de faire sans envoyer de notification d’avance à Washington.
Ecouter les conversations laconiques du Premier Ministre Binyamin Netanyahu avec le Ministre de la Défense Ehud Barak n’était pas suffisant. On a demandé aux espions d’épier la moindre conduite sortant de l’ordinaire , telle qu’un ordre donné brusquement de mobiliser un gros volume de carburant pour des avions, ou l’importation d’une quantité inhabituelle d’équipement médical d’urgence.
Au plus fort de cette période de défiance, les officiers américains des plus hauts-rangs en sont venus à atterrir en Israël à une fréquence de plus en plus soutenue. De chaque semaine à dix jours, plusieurs généraux à étoiles innombrables ou un responsable baratineur du Pentagone, sont arrivés en visite. Ils ont pour mission de débusquer tout signe d’après lequel Israël se tiendrait prêt à mener une attaque contre l’Iran, juste à temps pour que Washington puisse la stopper.
Ces émissaires ont deux directives :
1. Maintenir fermement la bride au Premier Ministre, au Ministre de la Défense et au chef d’Etat-Major Benny Gantz et d’autres généraux de Tsahal et les garder à l’œil à tout moment.
2. Relever leur moindre nuance dans le discours ou leur comportement qui signalerait une activité dissimulée, trop subtile pour que des engins d’observation puissent les enregistrer.
Le tempo de ces visites a baissé quand Washington en a conclu qu’Israël renonçait à une frappe militaire contre l’Iran à ce stade .
Cela dit, l’espionnage n’a pas cessé pour autant.
Les sources des renseignements de Debkafile révèlent qu’au cours de ces derniers mois, Israël s’est plaint à l’Administration Obama, au sujet de suites d’hôtel que des agents sous couverture louent à Jérusalem, dans des endroits surplombant une installation militaire secrète, fréquentée par de hauts responsables israéliens, pour leurs consultations les plus privées. Le gouvernement Netanyahu a demandé à Washington de mettre un terme à cette surveillance en sous-main. Mais, au même moment, certaines autres agences d’espionnage occidentales – moins amicales- l’ont intercepté et loué des suites au même endroit.
La conclusion de ces incidents, c’est que la surveillance clandestine américaine en Israël n’est pas prête de s’arrêter dans un avenir prévisible. – et pas seulement contre des personnalités de première importance et le personnel militaire, mais impliquant aussi de l’espionnage économique et industriel.
Pour combattre le risque grandissant d’exposition de ses secrets, Israël a introduit des « espaces stériles » impénétrables aux infiltrations illicites, autant qu’il utilise d’innombrables ruses pour détourner l’attention. Cependant, les Américains et d’autres parties intéressées continuent de chercher des failles dans ces barrières sonores – et ainsi la compétition va-t-elle se poursuivre.
DEBKAfile Reportage Exclusif 23 Décembre 2013, 10:10 AM (IDT)
debka.com Article original
Adaptation : Marc Brzustowski
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