Un an après le discours de François Hollande, le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Kader Arif, a rappelé aujourd’hui la responsabilité de la « France asservie » dans le crime commis à l’encontre des juifs lors de la grande rafle du Vél d’hiv il y a 71 ans.
Cet événement « est aussi le drame de millions d’hommes, de femmes et d’enfants (…), condamnés au pire (…) sur des critères reflets de la folie humaine, à l’image de cette haine qui animait les architectes de la solution finale. Ceci dans le silence d’une Europe asservie, d’une France asservie », a-t-il exprimé dans un discours au square de la place des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver (XVe arrondissement de Paris) à l’occasion de la commémoration de la rafle.
« Dire la vérité ce n’est pas seulement revenir sur le passé. Dire la vérité c’est aussi se saisir du présent et se montrer intraitable avec ceux qui nourrissent le racisme et l’antisémitisme », a-t-il poursuivi, reprenant les mots de François Hollande lors de son discours du 22 juillet 2012: « il ne peut y avoir, et il n’y aura pas, dans la République française, de mémoire perdue ».
M. Hollande s’était à l’époque placé dans les pas de Jacques Chirac, premier président à reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des juifs, alors que le Général de Gaulle puis François Mitterrand s’y étaient toujours refusé, estimant il n’y avait eu, durant l’occupation allemande, qu’une seule France légitime, celle de la France libre.
Parmi les rafles, celle du Vélodrome d’Hiver, dite rafle du Vel’ d’Hiv (16-17 juillet 1942), fut la plus massive des arrestations de juifs réalisées en France. Le 17 juillet, en fin de journée, leur nombre s’élevait, pour Paris et la banlieue, à 13.152, selon les chiffres de la préfecture de police. Cette rafle représente à elle seule plus du quart des 42.000 juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre. Au total, entre 1941 et 1944, 75.000 juifs de France furent déportés.
Evoquant les « Justes de France », le ministre a salué « ces hommes et ces femmes dont l’amour et le respect d’autrui furent plus fort que la peur et l’endoctrinement », « prêts à donner leur vie pour préserver celle d’un autre ».
M. Arif a ensuite rendu hommage à « l’engagement, le courage, l’honneur des juifs dans la Résistance », citant les résistants Denise Verney, Raymond Aubrac, Daniel Mayer, Leo Hamon, Jean-Pierre Levy, Joseph Epstein, ou encore Georges Loinger, aujourd’hui âgé de 102 ans. Avant de conclure sur un message d’espoir: « Se souvenir pour ne pas oublier. Se souvenir pour éveiller les consciences citoyennes. Se souvenir pour qu’une telle barbarie ne se reproduise jamais. Se souvenir pour construire ensemble un avenir meilleur. Se souvenir pour se retrouver autour d’une mémoire partagée, dans un monde apaisé ».
21-07-2013/ Le Figaro.fr avec AFP Article original
![]() |
![]() |












































{ {{{ {{ {{Biographies de Georges Loinger et Georges Garel . Des milliers de Juifs leur doivent la vie . Des héros modestes .
Georges Loinger naît en 1910 à Strasbourg dans une famille juive, il est élevé durant la Première Guerre mondiale par sa tante, la future mère de Marcel Mangel, qui se fera connaître plus tard sous le nom de Marcel Marceau.
Bien qu’ayant terminé des études d’ingénieur, il devient professeur d’éducation physique au lycée Maïmonide de Boulogne-Billancourt. Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, il s’occupe d’accueillir de jeunes réfugiés juifs d’Allemagne dans une propriété de la baronne de Rothschild.
Il est mobilisé à la déclaration de guerre, et fait prisonnier durant la débâcle. Parvenant à s’évader de Bavière, il rejoint sa femme à la Bourboule, où celle-ci a déjà pris en charge de jeunes réfugiés.
Avec le soutien du docteur Joseph Weill, l’un de ses amis de Strasbourg et dirigeant de l’Œuvre de secours aux enfants, il organise jusqu’à la Libération le sauvetage de plusieurs milliers d’enfants juifs qu’il fait convoyer via Annemasse jusqu’en Suisse. Quelques convois connaîtront une fin tragique et entraîneront la perte d’enfants et de jeunes héroïnes comme Mila Racine, Marianne Cohn ou Thérèse Tédesco .
Après la guerre, il œuvre pour faciliter le passage des rescapés du nazisme en Palestine mandataire et joue un grand rôle dans l’affaire de l’Exodus lorsque ce bateau fait escale en France. Il sera ensuite directeur de la filiale française de la compagnie de navigation israélienne Zim.
En mars 2013, au cours d’un voyage en Israël à l’âge de 102 ans, il est reçu par le président Shimon Peres2.
Georges Loinger est Commandeur de la Légion d’honneur à titre militaire et a reçu la Médaille de la Résistance, la Croix de guerre avec palmes et la Médaille d’Or du ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des Sports.
Georges Garel, dit Gasquet, de son vrai nom Grigori Garfinkel, est un résistant français, né le 1er mars 1909 à Vilnius, décédé en 1979.
Georges Garel passe son enfance à Kiev jusqu’à la mort de Lénine en 1924, puis quitte la Russie avec sa famille pour s‘installer à Berlin1. Venu à Paris en 1926 pour passer son baccalauréat, il devient ingénieur au Polytechnicum de Zurich, puis va travailler à Lyon pour la Compagnie électro-mécanique.
Il est alors amené en 1942, avec l’aide de l’abbé Alexandre Glasberg et Charles Lederman (son beau-frère) à aider des Juifs incarcérés à Vénissieux, et y met en place un réseau de sauvetage d’enfants, puis participe à la commission de « criblage » des 1 200 juifs de la région lyonnaise arrêtés lors des rafles de l’été 1942 . Ils parvinrent à sauver 80 adultes et 108 enfants dispersés avec de faux papiers dans des institutions catholiques, grâce à l’aide du cardinal Saliège, archevêque de Toulouse .
Se voyant confier la direction de l’OSE , Garel obtient rapidement l’aide d’organisations confessionnelles, catholiques et protestantes, ainsi que d’organisations laïques, publiques et privées, acceptant d’assumer les risques du camouflage.}}
{{ » citant les résistants Denise Verney, Raymond Aubrac, Daniel Mayer, Leo Hamon, Jean-Pierre Levy, Joseph Epstein, ou encore Georges Loinger, aujourd’hui âgé de 102 ans. »
Beaucoup d’émotion à la lecture du nom de Monsieur Georges Loinger l’un des responsables de l’OSE avec Messieurs Schiffman et Robert Job alors que j’étais éducateur à Saint Genis Laval ( 69 ) puis à Draveil ( 91 ) de 61 à 64 . Des personnes qui m’ont le plus impressionnées dans ma vie . ( Monsieur Cohen Sabban qui a dû surement les connaitre , ne me contredira pas ) . On peut dire aujourd’hui qu’ils furent des héros comme un certain Georges Garel ( entr’autres ) . Ne les oublions pas .}}