Jour après jour, la rage palestinienne est excitée par une volée d’accusations, l’une après l’autre, contre Israël.

Les manifestants d’Hébron Naplouse-Sichem et d’autres villes et villages de la Bande Occidentale ne sont pas d’humeur à entendre la version israélienne des faits. Dimanche 24 février, les responsables de l’Autorité Palestinienne ont supputé que ce sont les mauvais traitements infligés par Israël qui ont provoqué la mort en détention d’Arafat Jaradat un Palestinien de 30 ans, après qu’il ait pris part à des jets de pierres contre les troupes israéliennes.

Israël a démenti qu’il ait subi un passage à tabac et a affirmé qu’il est mort d’une défaillance cardiaque.

L’Institut médico-légal d’Israël a mené une autopsie aux résultats incertains, en présence et avec l’assistance d’un médecin palestinien.

Mais la rue palestinienne, qui manifeste violemment, depuis la semaine dernière, en solidarité avec quatre détenus palestiniens en grève de la faim, n’ont pas attendu d’en savoir plus.

Demain, on aura affaire à un nouveau déclenchement de protestations et les troupes israéliennes affronteront les émeutiers et jeteurs de pierres, par des mesures de dispersion des foules.

Pendant ce temps, les responsables palestiniens soufflent sur les braises en accusant Israël de « meurtre, de racisme et de brutalité ».


Emeutes palestiniennes en Cisjordanie.

Clairement, Abu Mazen (nom de guerre d’Abbas) et ses sbires sont prêts à risquer que les évènements leur échappent des mains dans la Bande Occidentale de Cisjordanie-Judée-Samarie.

DEBKAfile examine leurs motivations. .

Abbas semble compter sur sa faculté à surfer sur les violences autant qu’il le décide après avoir épuisé les atouts politiques que cette situation lui rapporte.

Le Président de l’Autorité palestinienne semble penser qu’il n’a qu’à donner l’ordre à ses sept bataillons de commandos spéciaux soumis à l’AP, pour que ces forces entrent en action et restaurent l’ordre dans les rues palestiniennes.

Mais les cercles militaires occidentaux et israéliens, familiers de la situation à Ramallah, pensent que son calcul est faussé, parce qu’il ne semble pas du tout prendre conscience que certaines franges des forces commandos de l’AP ont établi des relations avec le Hamas, le groupe rival qui dirige la Bande de Gaza.

Cette situation plonge les structures militaires et policières palestiniennes dans une période d’incertitude qui rappelle les premiers mois de leur second soulèvement (Intifada) en 2000.

Il était alors extrêmement difficile de décrypter quelles unités palestiniennes et bras armé de la sécurité faisait allégeance à quel homme fort du camp palestinien.

Les milices de l’époque, y compris celle sous le commandement de Jibril Rajoub – un proche conseiller d’Abbas aujourd’hui- répartissaient leur loyauté et leur emploi du temps entre différents maîtres palestiniens. A l’époque, cela dépendait uniquement de qui les payait et combien.

Les sources militaires de Debkafile estiment que si on laisse l’actuel désordre se poursuivre de manière incontrôlée, Abbas sera balayé par les troubles et marginalisé.

Des officiers sans visage prendront le pouvoir et les forces éclateront en différentes milices, alors que l’Autorité Palestinienne sombrera dans l’anarchie.

Déjà, la légitimité, l’intérêt et la pertinence d’Abbas, parmi les Palestiniens en général se décline en fonction de la bonne ou mauvaise réception des donations qui lui sont accordées, dans la plupart des capitales arabes.

Même si Abbas parvient réellement à arracher au Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahou, un nouveau gel des constructions dans les implantations, avec, en prime une libération de prisonniers, et même s’il parvient à réactiver les flux de financements bloqués qui mettent l’Autorité Palestinienne en faillite, il n’en restera pas moins confronté à un obstacle majeur, dans la Bande de Gaza.

Pour résoudre ce problème, il devrait faire revenir les aiguilles du temps en arrière, jusqu’à novembre 2012 et renverser un processus lancé à ce moment-là, après l’Opération israélienne à Gaza.

Les Etats-Unis, la Turquie, le Qatar, l’Egypte, le Hamas et Israël ont passé un arrangement, qui mettait un terme aux opérations par un cessez-le-feu et réhaussait le statut du Hamas à l’intérieur et sur le plan international, en mettant fin au siège de Gaza par Israël et en promouvant la coopération entre les fondamentalistes palestiniens et les Frères Musulmans égyptiens.

Mahmoud Abbas espère, de toute évidence, qu’en favorisant la spirale des troubles anti-israéliens dans la Bande Occidentale de Cisjordanie, il peut combler son retard vis-à vis du statut renforcé du Hamas et recouvrer une position forte, en vue d’un marchandage, afin de reprendre les négociations avec Israël, juste à temps, avant la visite du Président Barack Obama, le mois prochain, à Jérusalem et Ramallah.

Mais il patine sur une glace extrêmement fragile.

Dans tous les cas de figure, cette visite pourrait être reportée si Netanyahou ne parvient pas à instaurer une coalition de gouvernement, à la suite des élections, d’ici le 20 mars.

http://www.debka.com/article/22790/Abbas-by-fomenting-Palestinian-unrest-risks-losing-control

DEBKAfile Reportage Exclusif 24 Février 2013, 11:52 PM (GMT+02:00)

Adaptation : Marc Brzustowski/ Lessakele Blog Article original

TAGS : Autorité Palestinienne Leadership Hamas Abbas Judée-Samarie

Intifada Obama

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