
L’ensemble du monde musulman est actuellement entré dans une frénésie religieuse violente , et particulièrement dans nos environs, et si les forces de sécurité israéliennes ont appris de dures leçons de l’Intifada précédente, seront-elles suffisantes ?
Le troisième Intifada prend de l’ampleur, et suit également un chemin bien trop familier: Jérusalem, le secteur arabe d’Israël, la Judée et la Samarie, et maintenant Tel-Aviv. L’enfer saute d’un lieu à l’autre, et chaque nouvelle étape nourrit et alimente celles d’avant. Voilà comment tout s’est déroulé pendant la première Intifada, l’Intifada des pierres, pour se poursuivre au coeur de la deuxième Intifada, l’Intifada des kamikazes.
Mais néanmoins, il existe des différences. Les deux premières Intifadas ont éclaté presque exclusivement suite à un incident isolé. La troisième Intifada a débuté en mars de cette année et s’est embrasée jusqu’à la situation actuelle; elle est effectivement en bonne voie à Jérusalem, dans le secteur arabe et dans une moindre mesure en Cisjordanie.
En Judée-Samarie, Mahmoud Abbas travaille dur pour faire en sorte que ses forces de sécurité dissipent les grosses flambées. Elles pourraient nuire à l’image de l’Autorité palestinienne dans le monde, et saper les réalisations politiques auxquelles il aspire, comme une résolution au Conseil de sécurité qui reconnaîtrait l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967.
Par conséquent, les forces de sécurité palestiniennes agissent de manière tout à fait déterminée afin de prévenir les troubles de masse et l’utilisation des armes à feu en Judée et Samarie, mais les jets de pierres, de cocktails Molotov et de bombes artisanales ont lieu et deviennent de plus en plus communs. La question est maintenant combien de temps Abbas peut « occuper » la troisième Intifada en Cisjordanie, contrairement à l’autorisation et l’inspiration qu’il donne aux émeutes à Jérusalem.
Les événements en Judée et Samarie ne sont pas encore hors de contrôle pour une autre raison: le Hamas et d’autres organisations palestiniennes ne peuvent pas agir à Jérusalem et en Cisjordanie. Tout simplement parce que les groupes islamistes ont été écrasés, suite à l’enlèvement et l’assassinat des trois garçons dans le Gush Etzion en juin. Le Hamas peut inciter, mais ne peut pas produire des ceintures d’explosifs ou des recrues d’attentat-suicide. Cela est vrai pour le moment, mais il se pourrait bien que nous assistions tôt ou tard à une lutte armée organisée contre nous dans le cadre de la troisième Intifada.
L’attaque au couteau lundi à Tel Aviv est un prolongement naturel de l’escalade continue de la troisième Intifada. Cette escalade est principalement due à l’inflammation des sensibilités religieuses, la mort de Juifs et d’Arabes, la facilité déconcertante avec laquelle des étrangers en situation irrégulière parviennent à entrer en Israël, et les provocations de la part des politiciens arabes juifs, palestiniens et israéliens. Il faut surtout faire attention à l’arrière-plan religieux des émeutes à Jérusalem, des territoires palestiniens et parmi des Arabes israéliens.
Violente frénésie religieuse
La raison est l’Etat islamique – qui a conduit non seulement le Moyen-Orient, mais aussi l’ensemble du monde musulman dans une frénésie religieuse violente, désorganisée, mais mortelle, qui se traduit non seulement sur le Mont du Temple, mais aussi au Canada, à Bruxelles et en Allemagne. Il n’y a pas de lieu sur le globe où vit une population musulmane, à l’heure actuelle, qui ne soit pas dans la tourmente religieuse, même si elle est d’autant plus forte ici. Il existe un lien direct entre le coup de couteau à la gare de Tel-Aviv et les images de décapitations de l’État islamique.
Mais dans notre cas, des raisons politiques et nationalistes s’ajoutent et s’entrechoquent, combinées par le monde de l’Islam et l’escalade de la violence.
On peut se consoler sur un fait: la différence des politiciens nationalistes et religieux des deux côtés, qui enflamment les passions et apportent une contribution considérable à la violence, les forces de sécurité israéliennes ont réellement appris les leçons de la Première Intifada. Des renforts de police sont visibles partout à Jérusalem et dans les centres de population du secteur arabe, et l’armée est en train de faire ce qu’il faut en Judée et Samarie. Mais la couverture de sécurité est faible, la police ne peut pas être partout, et si elle est trop dure, elle ne fait que nourrir les flammes – comme lors de la première et la deuxième Intifada – au lieu de les étouffer.
Chaque mort palestinien continuera d’enflammer les passions, surtout si les circonstances de la mort ne sont pas tout à fait claires, ou la population arabe estime que personne n’a à être victime de mauvais traitements par les forces de sécurité israéliennes. Malheureusement, uniquement le cas où un terroriste est tué après avoir assassiné des Juifs, est accepté par la rue arabe. Dans ce cas, il est immédiatement érigé en martyr et devient un symbole qui sert à verser de l’huile sur le feu. De cette façon, la troisième Intifada des Palestiniens de Jérusalem et des deux côtés de la Ligne verte dégénère et se développe.
Afin de mettre un terme à cette Intifada, la sensibilisation du public est un élément clé, car cela a fait ses preuves pour être efficace pendant les Intifadas précédentes. Au-delà, il faut reconnaître que cela est un phénomène pan-palestinienne qui tire son inspiration de la poussée religieuse islamique qui se déroule au Moyen-Orient et même dans beaucoup d’autres parties du globe.
Une autre façon de faire face à ce phénomène est d’inonder les rues d’Israël, y compris Jérusalem et la Cisjordanie. Si nécessaire, on pourrait introduire des patrouilles de Tsahal dans les territoires israéliens, la situation devrait le justifier comme elle l’a fait dans les temps des autres Intifadas. La police seule ne peut pas faire le travail, et nous devons le reconnaître. Après que les choses se calment un peu, on pourrait retirer l’armée.
En outre, il devrait également y avoir des règles strictes pour les soldats de Tsahal et la police sur l’utilisation de ses armes à feu, afin d’imposer quelques restrictions et n’ouvrir le feu que lorsque la menace de mort est évidente et tangible. Il faut également veiller à ce que les forces de sécurité soient mises en rotation dans un travail d’équipe d’au moins cinq ou six personnes, afin d’éviter une situation dans laquelle elles sont exposées à la violence ou à des difficultés réelles, comme en Cisjordanie ou dans le secteur arabe.
Ailleurs, les mesures de la deuxième Intifada devraient être prises pour bloquer l’entrée des étrangers en situation irrégulière en Israël, y compris les inspections dans les passages entre Israël et la Cisjordanie.
Une autre méthode est d’insinuer aux politiciens de cesser l’incitation à la haine, et ensuite de prendre toutes les mesures nécessaires contre eux pour faire en sorte qu’ils fassent preuve de retenue. Toutes ces mesures, si elles sont prises en même temps, peuvent conduire au calme, et même si le calme total n’est pas rétabli, elles dissuaderont les attaques qui sont alimentées par de l’air chaud de l’incitation et la motivation religieuse.
Ron Ben-Yishaï est un journaliste israélien, ancien corresponsant de guerre. Cet article a été publié sur le site Ynetnews
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