Quelque 70.000 Kurdes de Syrie se sont réfugiés en Turquie au cours des dernières 24 heures, fuyant la poussée des jihadistes dans le nord-est de la Syrie, a annoncé l’ONU, en évoquant l’arrivée possible de « centaines de milliers » de personnes supplémentaires.img

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Marche de solidarité à Erbil, avec les Kurdes de Rojava.

Le président du Kurdistan autonome irakien, Massoud Barzani , a demandé vendredi à la communauté internationale à protéger la ville kurde syrienne de Kobani des djihadistes de l’Etat islamique (EI) dont l’avancée a fait fuir de nombreux Kurdes syriens en Turquie.

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Des milliers de Kurdes ont traversé la frontière vendredi, craignant une attaque imminente contre cette ville située non loin de la frontière entre la Syrie et la Turquie, appelée Kobani en kurde et connue aussi sous le nom Aïn al Arab.

« J’appelle la communauté internationale à utiliser tous les moyens, le plus rapidement possible, pour protéger Kobani », a dit Massoud Barzani. « Il faut frapper et détruire les terroristes de l’EI , partout où ils se trouvent », a-t-il ajouté.

L’aviation américaine a déjà conduit depuis le 8 août des raids en Irak contre les djihadistes. La France a mené sa première frappe contre l’EI vendredi matin.

Le 10 septembre, le président américain Barack Obama a déclaré qu’il n’hésiterait pas à attaquer les djihadistes, même en Syrie .

Ce nouvel afflux de civils est un sujet d’inquiétude pour la Turquie qui accueille déjà plus de 1,3 million de Syriens, chassés par la guerre civile, tandis que des centaines de milliers d’autres, qui se sont repliés dans les zones montagneuses côté syrien pour échapper aux combats, pourraient chercher à traverser si les combats devaient s’intensifier.

La Turquie tente de convaincre Washington de la nécessité de créer une « zone tampon » en territoire syrien pour accueillir les civils déplacés, une mesure qui exigerait l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne .

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces syriennes kurdes se sont retirées d’une soixantaine de villages face à l’avancée des djihadistes de l’Etat islamique.

Ocalan Iso, responsable adjoint des forces kurdes à Kobani, a dit ne pas savoir combien de villages exactement étaient tombés aux mains des djihadistes de l’EI mais a estimé qu’ils n’étaient pas si nombreux. Il a toutefois reconnu que son mouvement avait « perdu le contact » avec certains villages .

Un « grand nombre » de localités sont devenues des zones de guerre et les civils d’une centaine de villages ont été évacués en raison des bombardements de l’EI, a-t-il ajouté.

COMBATS ACHARNÉS

Selon Esmat al Cheikh, le chef des forces kurdes défendant Kobani, des combats acharnés se poursuivent vers l’Est, l’ouest et le sud de Kobani, que la Turquie jouxte par le nord.

Les combattants de l’EI, armés de roquettes, d’artillerie, de chars et de véhicules blindés pris à l’armée irakienne à Mossoul, sont désormais à 15 km de Kobani, a-t-il dit à Reuters au téléphone.

Quelque 4.000 Kurdes syriens, principalement des femmes et des enfants, se sont massées jeudi soir à la frontière, en face du village turc de Dikmetas.

Les soldats turcs, armés de fusils, ont d’abord formé une ligne le long de la frontière et autorisé des habitants du village voisin de Dikmetas à donner des bouteilles d’eau et des sacs de pain aux Syriens se trouvant de l’autre côté de la clôture en fils barbelés.

Sur ordre du Premier ministre Ahmet Davutoglu, les militaires ont ensuite autorisé plusieurs centaines de réfugiés, principalement des femmes et des enfants, à entrer en territoire turc.

Le Premier ministre, qui a indiqué que la priorité était de distribuer de l’aide du côté syrien de la frontière, a confirmé avoir donné l’ordre de laisser entrer les Syriens après avoir appris que 4.000 étaient arrivés à la recherche d’un abri.

« Quand nos frères de Syrie et d’ailleurs arrivent à nos frontières pour échapper à la mort (…), sans tenir compte de leurs origines, de leur religion ou de leur appartenance cultuelle, nous les faisons entrer et continuerons à les faire entrer », a expliqué le chef du gouvernement lors d’un déplacement en Azerbaïdjan.

Face à cette poussée des islamistes, les combattants kurdes ont lancé un appel à l’aide militaire.

« L’instauration d’une zone tampon est d’une grande importance à la fois pour la Turquie et pour les Syriens qui ont été déracinés », a commenté un responsable gouvernemental turc, reprenant une idée évoquée cette semaine par le président Recep Tayyip Erdogan.

Si la Turquie maintient sa frontière ouverte avec la Syrie pour des raisons humanitaires, elle a imposé un renforcement de la sécurité dans cette zone au cours des derniers mois.

Le but de cette mesure est de répondre aux critiques, notamment de la part de ses partenaires occidentaux, qui font état de passages fréquents de djihadistes étrangers pour rejoindre les rangs de l’EI en transitant par la Turquie.

(Reuters : Tangi Salaün, Pierre Sérisier, Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français)

Source : [zonebourse.com Article original

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« Le HCR renforce son action pour aider le gouvernement de Turquie à venir en aide à environ 70.000 Syriens ayant fui en Turquie ces dernières 24 heures », a indiqué l’organisation spécialisée de l’ONU dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche.

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En outre, poursuit le communiqué, « le gouvernement turc et le HCR se préparent à la possible arrivée de centaines de milliers de réfugiés en plus ces prochains jours » alors que les combats se poursuivent.

La Turquie a ouvert vendredi sa frontière aux réfugiés syriens qui ont commencé à quitter jeudi le secteur de la localité de Aïn al-Arab (Kobani en langue kurde), encerclée par les combattants du groupe extrémiste sunnite Etat islamique (EI).

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Aïn al-Arab, troisième ville kurde de Syrie, avait été relativement épargnée par le conflit en Syrie et quelque 200.000 déplacés syriens y avaient trouvé refuge, indique l’ONU.

Mais la récente poussée du groupe de l’EI dans la région et le siège que ces combattants ont imposé à la ville ont poussé un grand nombre d’habitants, principalement des Kurdes, à fuir.

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« Cet afflux massif (…) montre la nécessité de mobiliser l’aide internationale pour soutenir les pays voisins » de la Syrie, a déclaré dans le communiqué le Haut-Commissaire pour les réfugiés, Antonio Guterres, félicitant la Turquie d’avoir ouvert ses frontières aux Syriens.

Le HCR a pour l’instant envoyé, entre autres, 20.000 couvertures, 10.000 matelas, 5.000 jerricans et 2.000 bâches en plastique.

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AFP.

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Communiqué de la FEYKA – Fédération des Associations kurdes de France

Halte aux offensives barbares de l’EI à Kobanê ! Sanctions contre les Etats qui soutiennent les djihadistes !

Depuis le 15 septembre, l’organisation terroriste qui se fait appeler l’Etat islamique (EI) mène de vastes offensives contre Kobanê (Ain al Arab), l’un des trois cantons autonomes kurdes du Rojava (Kurdistan de Syrie). Elle attaque brutalement avec une artillerie lourde ramenée d’Irak et bénéficie du soutien de la Turquie voisine qui lui fait parvenir armes et véhicules militaires et lui ouvre sa frontière pour l’évacuation des blessés , alors que cette frontière est longtemps restée fermée aux réfugiés kurdes qui fuient les attaques des djihadistes.

Malgré la mobilisation et la résistance acharnée des YPG? (Unités de Protection du Peuple du Rojava) et des YPJ (Unités de femmes combattantes) qui ne manquent pas d’expérience dans le combat contre les djihadistes mais dont les moyens militaires sont limités, les djihadistes se sont emparés d’une vingtaine de villages autour de Kobanê, provoquant l’exode de milliers de personnes, et menaçant dangereusement la ville qui est quasiment encerclée . Des morts de civils sont d’ores et déjà à déplorer, mais on ne connaît pas encore leur nombre.

Face à l’hypocrisie de la communauté internationale qui prétend vouloir former une coalition pour contrer l’EI mais qui reste indifférente à la menace que fait peser cette organisation sur les Kurdes de Syrie , les représentants des cantons autonomes du Rojava lancent un cri d’alarme et appellent à briser le silence entourant les offensives de l’EI dans la région : « une tragédie humanitaire, semblable à celle de Shengal (Sinjar) au Kurdistan d’Irak, se prépare. Il faut éviter de nouveaux massacres. Nous demandons à la communauté internationale d’employer tous les moyens dont elle dispose pour contraindre la Turquie à cesser son soutien aux djihadistes ».

En dépit de leurs moyens militaires limités, les Kurdes sont unis et mobilisés pour combattre l’EI sur tous les fronts. Les autorités du Rojava et l’Union des Communautés du Kurdistan (KCK) ont lancé un appel à la mobilisation générale pour résister au fléau djihadiste. De son côté, le principal parti kurde de Turquie, le DBP, Parti Démocratique des Régions (anciennement le BDP, Parti pour la Paix et la Démocratie) organise une résistance civile , appelant à occuper la frontière entre la Turquie et Kobanê afin de permettre aux réfugiés d’entrer en Turquie et d’empêcher la livraison d’armes et de munitions à l’EI.

La Fédération des Associations Kurdes de France appelle à manifester samedi 20 septembre pour demander à la communauté internationale :

– d’adopter immédiatement des sanctions contre les Etats qui soutiennent l’EI, en particulier la Turquie ;

– de prendre des mesures urgentes pour protéger la population de Kobanê et notamment faire en sorte que les réfugiés puissent passer la frontière turque et qu’ils bénéficient d’une aide humanitaire appropriée ;

– de soutenir les forces kurdes qui sont le principal rempart contre l’EI en Syrie et en Irak.

(FEYKA)
16, rue d’Enghien – 75010 Paris
Tel : 09.52.51.09.34

Source : [amitieskurdesdebretagne.eu

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