Israël, encore une fois, à la rescousse d’une France qui n’assume pas

Pendant la guerre d’Algérie, Paris avait déjà besoin de Jérusalem. Face au FLN, nourri par Nasser et le nationalisme arabe, la France s’appuyait sur le renseignement israélien.
Le Mossad partageait des informations sur les réseaux égyptiens, traquait les livraisons d’armes et montait des cellules (le réseau Misgeret) parmi les Juifs d’Algérie pour contrer les attentats. Israël votait contre l’indépendance à l’ONU. En échange, Paris vendait des armes et coopérait au sommet.
Ce n’était pas de l’idéologie : c’était de la nécessité. La France savait déjà que le terrorisme arabo-islamiste ne se combat pas avec des discours.

Soixante-dix ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Le chef du Shin Bet, David Zini, est arrivé discrètement à Paris pour des réunions avec la DGSI et la DGSE. Au menu : terrorisme, islam radical, et les émeutes qui secouent le pays.
La visite était prévue, mais le contexte — voitures brûlées, pillages, forces de l’ordre débordées — lui donne tout son sens. Le Shin Bet n’a pas confirmé. C’est normal. Les services de renseignement n’organisent pas de conférences de presse quand ils parlent de ce que les politiques refusent de nommer.

La France, qui a reconnu un État palestinien, qui sanctionne les implantations israéliennes et qui multiplie les gestes hostiles, appelle discrètement le même Israël qu’elle critique en public.
Elle veut l’expertise de ceux qui empêchent les attentats au quotidien, qui connaissent les réseaux islamistes de l’intérieur, qui n’ont pas le luxe de relativiser. Pendant ce temps, une partie de la classe politique et médiatique française continue de voir dans l’islamisme radical un « problème social » ou une « réaction légitime ».

L’histoire se répète : quand la menace devient concrète — FLN hier, djihadisme et émeutes aujourd’hui —, la France se souvient que l’allié le plus efficace contre le terrorisme islamiste n’est pas celui qui multiplie les déclarations, mais celui qui agit. David Zini n’est pas venu à Paris pour des politesses. Il est venu parce que, une fois de plus, Paris a besoin de Jérusalem pour faire ce qu’elle n’ose plus faire seule.

Abraham Chicheportiche

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