L’ombre de l’Iran plane sur le projet d’attentat contre la base militaire britannique de Fairford
RÉCIT – Donald Trump affirme que Washington a travaillé avec Londres pour déjouer une attaque contre ce site utilisé par l’US Air Force pour mener des frappes «défensives» contre le régime de Téhéran.
Dans le viseur de la police antiterroriste britannique se trouvent clairement les mollahs de Téhéran. Elle cherche aujourd’hui à savoir si l’Iran est à l’origine du projet d’attentat à la bombe présumé visant une base de la Royal Air Force utilisée par l’armée américaine.
L’attaque contre le site de Fairford, dont les détails restent encore très nébuleux, a été déjouée dans la nuit de samedi à dimanche.
L’affaire a d’étranges atours, mêlant un possible complot de terrorisme international et une simple fermière. Un peu avant une heure du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, une agricultrice alerte la police après avoir aperçu trois fourgonnettes blanches et « un groupe d’hommes » rôdant près de la lisière du bois, à un kilomètre de la base.
Elle croit d’abord à des jeunes rentrant d’une fête. « Mais en me voyant, ils se sont mis à courir, a-t-elle raconté à la BBC. J’ai alors compris qu’il se passait quelque chose de très inhabituel. »
Au Telegraph, elle a confié que les mystérieux inconnus semblaient avoir un physique moyen-oriental et que certains étaient masqués ou cagoulés. Elle appelle immédiatement le ministère de la Défense, sans réponse. Elle compose alors le numéro d’urgence 999.
« En l’espace de dix minutes, le village était envahi de policiers armés. » Les forces de l’ordre arrêtent cinq hommes et inspectent les fourgonnettes avec un robot démineur. Quelque 85 maisons du village de Whelford sont aussi évacuées.
Lundi, les autorités ont communiqué quelques éléments sur ces hommes soupçonnés de «préparation d’un acte terroriste». Ils seraient de nationalité britannique, originaires de Londres, et seraient âgés d’une vingtaine d’années. La police antiterroriste évoque une «opération de grande ampleur, immensément complexe» et qui est toujours en cours.
La mise hors d’état de nuire des terroristes présumés tient-elle uniquement à cette découverte fortuite ? Donald Trump a laissé entendre que les États-Unis ont collaboré avec Londres pour empêcher une attaque contre la base aérienne.
« Travailler avec la Grande-Bretagne a été une expérience formidable. Nous les avions sous surveillance. Ils cherchaient à porter un coup dur à notre bastion, a déclaré le président américain. Nous les avons observés pendant longtemps et nous avons fini par les arrêter. »
Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a déclaré à la BBC qu’il était reconnaissant envers l’agricultrice, mais que celle-ci n’avait qu’une « vision partielle » de la situation.
Un conseiller municipal, Tristan Wilkinson, a confié à Reuters qu’il y a environ six semaines, une menace précise émanant des Iraniens avait visé la base, entraînant un renforcement de la surveillance dans la zone.
Et une résidente de Fairford a affirmé avoir noté un renforcement de la sécurité ces dernières semaines, avec des « véhicules très lourds et des blocs de béton » installés devant certains accès.
Frappes «défensives»
Les cinq hommes arrêtés sont soupçonnés d’avoir « commis des infractions à la loi sur les explosifs (Explosives Act) » et de « préparation d’un acte terroriste, en violation de l’article 5 de la loi sur le terrorisme (Terrorism Act) », a fait savoir la police. Lundi, Wes Streeting a refusé de se prononcer sur une éventuelle piste iranienne.
Se contentant de dire que Londres sait que ses bases, dans le pays comme à travers le monde, sont des « cibles potentielles ». « Nous savons qu’il existe des individus, des acteurs soutenus par des États et des terroristes qui cherchent à nuire à ce pays », a-t-il ajouté.
Située au cœur du Gloucestershire, dans l’ouest de l’Angleterre, Fairford a tout d’une cible potentielle de Téhéran. La base constitue un avant-poste stratégique de l’US Air Force en Europe et a été utilisée par des appareils américains participant à des frappes contre l’Iran.
L’US Air Force a ainsi opéré depuis ce terrain des bombardiers B-1 et B-52. Après avoir hésité, Keir Starmer avait autorisé cet usage mais uniquement pour des frappes « défensives », contre des sites de missiles menaçant Ormuz par exemple.
En juillet dernier, le corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré que toute base utilisée pour une agression contre le territoire iranien constituait « une cible légitime », menaçant explicitement la base de la RAF de Fairford.
Guerre hybride
Ces dernières années, plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur participation à des attaques relevant de la « guerre hybride » contre des cibles britanniques, parrainées par des États hostiles tels que la Russie et l’Iran. Le mois dernier, le Telegraph a révélé que des pirates informatiques liés au régime iranien avaient provoqué l’arrêt – durant quatre jours – d’une centrale électrique britannique lors d’une cyberattaque sans précédent.
Et en 2023, une vaste chasse à l’homme avait mobilisé toutes les forces de l’ordre d’Angleterre pour retrouver un évadé de 21 ans. Ancien soldat de l’armée britannique, Daniel Abed Khalife a été poursuivi pour « infraction terroriste » et espionnage au profit de l’Iran.
La base de Fairford est désormais placée au niveau d’alerte maximal, tandis que celle de RAF Lakenheath, qui accueille également des forces américaines, a vu son niveau de menace relevé à « Charlie », le deuxième plus élevé. Et dimanche soir, l’ambassade des États-Unis a exhorté ses ressortissants au Royaume-Uni à « faire preuve de prudence ».
Selon The Daily Telegraph, plusieurs motifs possibles pour cette tentative d’attentat sont actuellement examinés. Des sources citées par le journal ont indiqué qu’un motif lié à l’Iran était considéré comme le plus probable. Elles ont également précisé que si l’Iran était impliqué dans cet attentat, il aurait probablement fait appel à ses propres agents plutôt que de s’en remettre à des intermédiaires issus de la pègre, comme il l’avait fait par le passé.
Cet incident a également suscité des inquiétudes quant à la sécurité des bases aériennes en Israël, où le régime aurait tenté, ces dernières années, de recruter des dizaines d’agents pour mener des actes de sabotage.
Tamir Morag, correspondant diplomatique de Channel 14 News, a écrit sur : « Cela devrait également servir d’avertissement majeur à l’armée de l’air israélienne : pas besoin d’un F-22 [avion de chasse] pour détruire un F-35. Une Toyota avec quelques Arabes à bord, ou un drone que l’on peut acheter en ligne, suffisent. »
Jason Brodsky, directeur des politiques au groupe de réflexion United Against Nuclear Iran (UANI), a souligné que cette tentative d’attaque « survient alors que [le ministre iranien des Affaires étrangères] Abbas Araghchi est toujours à New York, où il accorde de nouvelles interviews de propagande aux médias américains, agite des offres diplomatiques sans valeur et perd son temps, comme toujours ».
Dans un message publié sur , Brodsky a déclaré qu’Araghchi « parle de “mesures de confiance” alors que les services de sécurité de la République islamique préparent des attentats terroristes. Le visa d’Araghchi devrait être révoqué et il devrait être mis dans le prochain avion pour Téhéran ».
Dans un autre message, Brodsky a souligné que l’incident s’était produit quelques jours seulement après que le ministre britannique des Affaires étrangères eut rencontré Araghchi à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), et l’eut averti que le Royaume-Uni ne tolérerait aucune intimidation, menace ou activité hostile sur le sol britannique.
« Le régime de Téhéran étant un suspect probable, il n’est pas surprenant que ces échanges diplomatiques reviennent à parler à un mur », a-t-il écrit.
Plus tôt dans la journée de dimanche, Araghchi avait déclaré à NBC News que le régime privilégiait la diplomatie, mais avait ajouté : « Nous sommes tout à fait prêts à ce que la guerre reprenne. Nous resterons fermes face à toute nouvelle agression, même si cela devait déboucher sur une guerre apocalyptique. »
« Dans le même temps, nous sommes prêts à la diplomatie. C’est au président Trump de choisir », a-t-il poursuivi. Sa déclaration faisait suite au rejet par le président Trump, plus tôt dans la journée, de la dernière proposition iranienne d’accord, bien que Trump ait également indiqué que de nouvelles négociations auraient lieu cette semaine.
« Ils veulent conclure un accord, mais ce n’est pas celui que je souhaite conclure. C’est ce que nous aurions peut-être accepté il y a un an. Ils ont surjoué leur main », a déclaré Trump, ajoutant qu’il « pensait sans cesse » à la reprise des frappes aériennes en Iran.
L’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré dimanche à l’émission «Meet the Press» que la proposition iranienne avait été rejetée pour «un certain nombre de raisons», soulignant que Washington ne pouvait pas permettre à l’Iran d’avoir «accès à des milliards de fonds gelés».
«Je pense qu’il s’agissait d’une tentative assez cynique de mettre sur la table une proposition dont ils savaient qu’elle était inacceptable, afin de demander la levée du blocus, des sanctions, des sanctions internationales, et l’accès à des milliards d’actifs.»
JForum.fr avec www.lefigaro.fr et allisraelnews.com
Des policiers bloquent une route près de la base aérienne de la RAF à Fairford, après que la police a déclaré un incident majeur sur la base à la suite de l’arrestation de plusieurs hommes soupçonnés d’infractions à la loi sur les explosifs, à Fairford, dans le Gloucestershire, en Grande-Bretagne, le 27 septembre 2026. (Photo : Toby Shepheard/Reuters)
![]() |
![]() |






































