Kippour – une journée tout entière vouée au jeûne et à la prière.
Mais, au fond, à quoi tout cela sert-il ? Quelle incroyable vanité de l’être humain, dont l’existence est fragile et éphémère, et qui s’adresse au Transcendant en espérant que sa prière soit exaucée… Dieu est immuable, comment pouvons-nous le changer par les mouvements de nos lèvres ?
Même en faisant abstraction de cela, pourquoi avons-nous besoin de formuler nos demandes ? Dieu, qui voit le cœur, connaît certainement nos souhaits sans que nous ayons besoin de les formuler.
Ce que nous souhaitons voir se produire est soit juste, soit faux aux yeux de Dieu. Dans le premier cas, Dieu le réalisera même si nous ne prions pas. Dans le second, Dieu ne le réalisera pas, même si nous prions. Alors pourquoi prier ?
Questions théologiques classiques, auxquelles la tradition juive apporte une réponse simple mais profonde : sans récipient pour contenir une bénédiction, il ne peut y avoir de bénédiction.
Si nous n’avons pas de seau pour la recueillir, la pluie peut tomber, mais nous n’aurons rien à boire. Si nous n’avons pas de récepteur radio, les ondes sonores peuvent circuler, mais nous ne pourrons pas les entendre.
Les bénédictions de Dieu coulent continuellement, mais si nous ne nous transformons pas en récepteur, elles couleront ailleurs. Le repentir et la prière sont des actes qui permettent de transformer l’Humain en un véhicule pour le Divin.
À son apogée, s’adresser à Dieu doit être une expérience profondément transformatrice. Le succès de Yom Kippour, c’est lorsqu’un être humain en sort différent de l’état dans lequel il y est entré. Et, oui, la prière change le monde – parce qu’elle change les êtres humains.
Puissions-nous toutes et tous êtres scellés dans le grand Livre du Changement.

(Inspiré de rav Sacks) Envoyé par E. B
Qui ne se souvient pas des Kippour de son enfance ?
Ces journées hors du temps, où tout s’arrêtait, où l’atmosphère de la maison changeait, où l’on ressentait à la fois le sérieux et la solennité, mais aussi la chaleur du foyer.
Je pense particulièrement à mon père et à ma mère zal.
À ces instants si précieux qui précédaient l’entrée du jeûne, quand toute la famille se rassemblait autour de la table avant de descendre à la synagogue.
Je revois mon père, qui après le dernier repas, nous bénissait un à un.
Ces bénédictions, prononcées avec tant de sincérité et d’amour, étaient un moment unique.
Elles me donnaient le sentiment d’être porté, protégé, enraciné dans une tradition plus grande que moi.
Aujourd’hui encore, au seuil de Kippour, je garde en moi ces images, cette voix, cette étreinte.
C’est aussi cela, Kippour : la mémoire de ceux qui nous ont transmis leur foi, leur force et leur tendresse.
Profitons bien de ceux qui nous sont chers, lorsqu’ils sont encore là.
Ayons également une pensée pour tous ceux qui ont perdu récemment un être cher, et ceux qui sont malades.
Que ce jour soit pour tous un temps de recueillement, de pardon et d’espérance.
Gmar Hatima Tova.
Que vous soyez, que nous soyons tous scellés dans le Livre de la vie.

Azharoth asher shar HaRav Shlomo ben Gvirol z.l.
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