L’Iran empêche les Houthis de conclure un cessez-le-feu avec l’Arabie saoudite.
Téhéran dicte les efforts de médiation entre les Houthis et l’Arabie saoudite et cherche à prolonger le blocus de Bab el-Mandeb, selon les informations d’Israel Hayom. Riyad s’inquiète de plus en plus d’une possible invasion terrestre depuis le sud, tandis que les États-Unis, l’Égypte, le Pakistan et la Turquie se sont jusqu’à présent abstenus de fournir une aide concrète.
par Danny Zaken
L’Iran fait pression sur les Houthis pour qu’ils ne concluent pas d’accord de cessez-le-feu avec l’Arabie saoudite, ni même qu’ils n’entament des négociations sur la réouverture du détroit de Bab el-Mandeb, a déclaré samedi soir une source diplomatique du Golfe à Israel Hayom. Cette source a ajouté que les tentatives saoudiennes d’obtenir un cessez-le-feu auprès des Houthis, via la Chine et Oman, étaient restées sans réponse en raison des pressions iraniennes exercées sur les dirigeants houthis.
La position de l’Iran est que le blocus du détroit de Bab el-Mandeb doit être prolongé afin de maintenir la hausse des prix du pétrole et ainsi nuire aux chances du président américain Donald Trump de conserver une majorité républicaine au Congrès lors des élections de mi-mandat, qui auront lieu dans un mois et demi.
L’Iran encourage également les Houthis à poursuivre leurs attaques contre l’Arabie saoudite, notamment la frappe menée samedi contre l’aéroport international Roi Khaled de Riyad, la capitale saoudienne. Une attaque contre la capitale revêt une importance symbolique majeure, constituant un défi direct au royaume et à un pays largement considéré comme un leader du monde arabe. Selon l’analyse présentée à Israel Hayom, une telle attaque n’aurait pas eu lieu sans l’aval et les directives de l’Iran.
La semaine dernière, un haut responsable saoudien a déclaré à Israel Hayom que l’offensive des Houthis qui a permis au groupe de prendre le contrôle militaire de Bab el-Mandeb signifiait que l’Iran était en guerre contre l’Arabie saoudite, même si aucune guerre n’avait été officiellement déclarée.
Ben Salman, Corps des gardiens de la révolution islamique | Photo : EPA, Reuters
Une « libération » historique
Les Saoudiens craignent que les Houthis ne lancent une invasion terrestre de l’Arabie saoudite.
Les Houthis ont commencé à invoquer l’annexion par l’Arabie saoudite de vastes territoires le long de sa frontière sud à la suite de la guerre saoudo-yéménite de 1934. Le statut de cette frontière est resté contesté pendant des décennies, jusqu’à la signature d’un traité entre les deux pays en 2000, fixant officiellement leur frontière.
Pour les Houthis, les provinces saoudiennes d’Asir, de Jizan et de Najran sont des « territoires yéménites occupés » conquis par la force par la maison des Saoud. Dans leurs déclarations officielles, ils ont parfois présenté leurs combats contre l’Arabie saoudite non pas comme une simple action défensive, mais comme une « libération » historique de ces territoires.
Les Houthis. Photo : AFP
Parallèlement, le Pakistan et la Turquie continuent de publier des déclarations de soutien à l’Arabie saoudite sans fournir d’assistance concrète du type prévu par l’accord de défense que les trois pays ont signé il y a environ un mois.
Dans le même temps, les appels à l’aide lancés par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aux États-Unis et à l’Égypte n’ont produit aucun résultat concret, alors même que ces deux pays sont touchés par les attaques des Houthis.
L’Égypte espère que les Houthis s’abstiendront de cibler les navires transitant par le canal de Suez tant qu’ils n’ont aucun lien avec l’Arabie saoudite, et le Caire n’est donc pas pressé d’intervenir. Selon des informations parues dans les médias arabes, les Américains auraient également reçu une forme d’assurance de la part des Houthis que leur accord avec Washington resterait en vigueur, sauf en ce qui concerne les pétroliers saoudiens.
Le blocage des pétroliers saoudiens nuit directement à Trump et aux républicains en exerçant une pression à la hausse sur les prix du pétrole. La Maison-Blanche et le département d’État tiennent des consultations quotidiennes sur la politique américaine face à la crise au Yémen et à la situation difficile de l’Arabie saoudite.
Comme l’a révélé Israel Hayom , l’Arabie saoudite a sollicité l’aide d’Israël par l’intermédiaire du Commandement central américain en matière de renseignement. Israël a répondu, au moins partiellement, à cette demande, mais sans une initiative régionale plus large menée par les États-Unis, Israël ne s’engagera pas physiquement dans le conflit.
JForum.fr avec ILH
Les Houthis prennent le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. Photo : EPA, Reuters
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ISRAEL ne peut venir en aide aux Saoudiens sans un accord de paix entre les deux pays, sinon pourquoi intervenir pour quelqu un qui ne veut pas vous reconnaître.