
Un acte de trahison : des politiciens s’affrontent au sujet du film NAZA
Le documentaire NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, a déclenché une intense polémique en Israël après avoir remporté le Prix spécial du jury au Festival de Venise. Le film accuse l’armée israélienne de pratiques ciblant délibérément des civils à Gaza, une allégation rejetée fermement par l’armée et plusieurs responsables politiques israéliens. Cette controverse met en lumière les divisions profondes au sein de la société israélienne sur la guerre menée contre le Hamas depuis octobre 2023.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné le film, dénonçant ce qu’il qualifie d’« incitation antisémite » venant de l’intérieur du pays. Il a appelé à une rupture politique entre certains dirigeants, notamment en critiquant Yair Golan pour ses propos accusant Israël de « tuer des bébés comme un hobby ». Par ailleurs, le ministre de la Culture Miki Zohar a annoncé son intention de demander la révocation de la citoyenneté israélienne des réalisateurs, les accusant de trahison. Cette réaction souligne la gravité avec laquelle le gouvernement perçoit les accusations portées par NAZA.
L’armée israélienne a réfuté les témoignages anonymes présentés dans le documentaire, soulignant l’impossibilité de vérifier leur authenticité et contestant les affirmations faites par des personnels subalternes sur des décisions stratégiques. Des figures politiques de droite, comme Avigdor Liberman et Tally Gotliv, ont qualifié le film de mensonge et d’attaque contre la résilience de l’État et de ses forces armées. En revanche, certains membres de l’opposition, comme Naama Lazimi, ont critiqué la réponse gouvernementale, notamment la proposition de retirer la citoyenneté aux réalisateurs, qu’ils jugent disproportionnée et dangereuse pour la démocratie.
Cette controverse intervient dans un contexte de guerre prolongée et meurtrière, où la société israélienne est profondément divisée sur la manière de gérer le conflit et ses conséquences humanitaires. Le documentaire NAZA, en exposant des accusations graves contre l’armée, alimente un débat sur la responsabilité, la vérité et la mémoire de la guerre. Le gouvernement israélien, tout en défendant son armée, semble déterminé à combattre ce qu’il perçoit comme une campagne de diffamation internationale, ce qui pourrait accentuer les tensions internes.
En conclusion, le débat autour de NAZA illustre les fractures politiques et sociales en Israël face au conflit avec le Hamas. Le rejet quasi unanime de ses accusations par les autorités israéliennes, qui y voient une menace pour l’unité nationale et la réputation de l’armée. Ce dossier reste un enjeu sensible, mêlant questions de sécurité, liberté d’expression et identité nationale dans un contexte de guerre et de crise.
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