Brigade Givati ; ils refusent de servir avec une femme
Un incident récent au sein de l’armée israélienne a mis en lumière les tensions persistantes autour de l’intégration des femmes dans les unités combattantes. Des soldats du bataillon Rotem, rattaché à la brigade Givati, ont refusé d’exécuter une mission opérationnelle dans la bande de Gaza, en raison de la présence d’une femme paramédic à bord d’un véhicule blindé. Cette décision a conduit à l’annulation de la mission et à l’ouverture d’une enquête par les autorités militaires.
L’opération prévue impliquait un patrouillage dans un véhicule blindé, appelé « Namer », utilisé pour des missions de reconnaissance et de sécurité. La présence de la paramédic, chargée d’assurer les premiers soins en cas d’incident, a suscité le refus des soldats, qui ont invoqué leurs convictions religieuses et le droit au service séparé selon les règles en vigueur dans l’armée israélienne. Ce refus a été formellement confirmé par le porte-parole de l’armée, qui a indiqué que l’incident faisait l’objet d’une enquête approfondie et que des mesures disciplinaires pourraient être prises en fonction des conclusions.
Cette affaire met en lumière un dilemme récurrent dans les forces de défense israéliennes : la conciliation entre les exigences opérationnelles d’une armée moderne et la diversité des convictions religieuses de ses membres. La directive sur le service mixte prévoit que les soldats pratiquant un mode de vie religieux peuvent demander à être affectés à des unités ou des missions séparées par genre, sauf dans des cas exceptionnels. Cependant, la mise en œuvre de cette règle est parfois source de tensions, notamment dans les unités mixtes où la présence féminine est de plus en plus fréquente.
Le refus des soldats de monter dans un véhicule avec une femme a également suscité des réactions de la part d’organisations religieuses, qui soutiennent les soldats concernés et appellent à un respect strict des règles permettant le service selon les convictions religieuses. Ces groupes dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une érosion des droits des soldats religieux au sein de l’armée, et demandent une application rigoureuse des directives pour éviter toute contrainte incompatible avec leurs croyances.
Pour l’armée israélienne, cet incident représente un défi important en termes de gestion des ressources humaines et de maintien de la cohésion au sein des unités. La nécessité d’assurer la sécurité et l’efficacité des missions opérationnelles doit être conciliée avec le respect des droits individuels des soldats. L’enquête en cours vise à clarifier les circonstances exactes de l’incident et à déterminer les mesures appropriées pour prévenir de tels refus à l’avenir, tout en respectant les cadres légaux et réglementaires.
Dans la tradition juive orthodoxe, plusieurs autorités rabbiniques considèrent que le port d’armes et la participation des femmes aux unités combattantes sont contraires à la Halakha. Cette position s’appuie notamment sur le verset « une femme ne portera pas l’équipement d’un homme », interprété par le Talmud comme pouvant concerner les armes. D’autres textes évoquent toutefois la participation de tous à une guerre obligatoire, ce qui explique l’existence d’interprétations divergentes.
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